La Bourse de Paris prise dans la tourmente de Wall Street (-1,29%)

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La Bourse de Paris a accusé un net recul (-1,29%) vendredi, lestée par la dégringolade de Wall Street, alors que des résultats jugés décevants outre-Atlantique ont renforcé l’aversion au risque des investisseurs, dans un climat déjà lourd d’incertitudes.

L’indice CAC 40 a reculé de 64,93 points à 4.967,37 points, dans un volume d’échanges très élevé de 5,3 milliards d’euros. La veille, il avait fini sur un rebond de 1,60%.

Après une ouverture en baisse, la cote parisienne a continué à perdre du terrain, creusant ses pertes jusqu’à atteindre en séance 4.896,80 points, un plus bas depuis le 28 février 2017.

Sur la semaine écoulée, la cote parisienne a cédé 2,31% et perdu 6,50% depuis le début de l’année.

« Il y a une aversion au risque sur l’ensemble des marchés mondiaux et tous les secteurs sont touchés », a expliqué auprès de l’AFP Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

Si « ces dernières semaines, nous avions toujours des indices américains qui se maintenaient grâce aux valeurs technologiques, depuis plusieurs jours, au gré de la publication de leurs résultats, la réaction du marché est très défensive », ce qui a entraîné une correction violente de titres comme Amazon ou Alphabet, a-t-il complété.

Alors même que « ces résultats ne sont pas mauvais », selon M. Baradez, il s’agit surtout pour le marché de « prendre ses gains après des années de forte hausse » sur ces valeurs.

Plus globalement, si les facteurs d’incertitudes restent les mêmes – budget italien, guerre commerciale américano-chinoise, Brexit, craintes d’un ralentissement de la croissance mondiale – « ils pèsent de plus en plus lourd sur les épaules des investisseurs », faute d’avancée visible.

La forte croissance, à 3,5% en rythme annuel, de l’économie des Etats-Unis au troisième trimestre n’a pas suffi à réchauffer l’atmosphère.

Quant à la confiance des consommateurs aux États-Unis, elle s’est un peu étiolée en octobre, mais reste solide, selon l’Université du Michigan.

De son côté, la confiance des ménages français est restée quasi stable en octobre, après avoir atteint le mois dernier son plus bas niveau depuis avril 2016.

En Allemagne, le moral plutôt élevé des consommateurs devrait se stabiliser en novembre en dépit des inquiétudes liées aux tensions commerciales et au Brexit, selon l’étude mensuelle de l’institut GfK.

Enfin, après la confirmation jeudi de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), l’attention sera focalisée ce vendredi soir sur le verdict de S&P Global Ratings quant à la note de l’Italie, qui a déjà été abaissée la semaine dernière par Moody’s.

Valeo s’écroule, Altran décolle

Sur le front des valeurs, les équipementiers automobiles ont poursuivi leur descente aux enfers. Valeo s’est écroulé de 21,02% à 23,59 euros, plombé par un ralentissement de sa croissance au troisième trimestre qui l’a contraint à abaisser à nouveau ses objectifs.

Faurecia a chuté de 5,74% à 39,55 euros après avoir annoncé son intention de racheter le spécialiste des systèmes de navigation automobile japonais Clarion pour environ 1,1 milliard d’euros.

Mastodonte du CAC 40, Total a décliné de 1,52% à 50,63 euros, à l’instar de tout le secteur pétrolier, confronté à la baisse des prix de l’or noir vendredi, en dépit d’une hausse de 45% de son bénéfice.

Amundi a perdu 5,48% à 51,70 euros, le poids lourd mondial de la gestion d’actifs ayant réalisé des bénéfices inférieurs aux attentes sur le troisième trimestre tout en maintenant ses objectifs à horizon 2020.

SEB a dégringolé de 10,94% à 123,80 euros après avoir abaissé jeudi son objectif annuel de bénéfice opérationnel d’activité, invoquant un environnement « globalement plus difficile ».

Ipsos s’est enfoncé de 8,18% 23,56 euros, affecté par le recul de 1,4% de son chiffre d’affaires à 427,9 millions d’euros au troisième trimestre, qu’il a mis sur le compte d’une transformation interne en cours et de l’acquisition de divisions de l’institut allemand GfK.

SES a perdu 7,16% à 18,47 euros, lesté par un bénéfice net en chute de 36% au troisième trimestre, à 76 millions d’euros, même si l’opérateur de satellites européen s’est dit vendredi en « bonne voie » pour atteindre ses objectifs financiers de l’ensemble de l’année.

ArcelorMittal n’a pas profité (-3,49% à 21,29 euros) de l’annonce vendredi de l’approbation par le Comité des créanciers du sidérurgiste indien Essar Steel de l’acquisition de cette entreprise en difficulté, conjointement avec le japonais Nippon Steel, pour 5,7 milliards de dollars.

Parmi les quelques valeurs qui ont tiré leur épingle du jeu, Altran s’est envolé de 15,36% à 7,93 euros, porté par un chiffre d’affaires en hausse de 37,3% au troisième trimestre, grâce à l’intégration dans ses comptes du groupe américain Aricent et à une croissance organique de 10,4%.

Saint-Gobain s’est quant à lui arrogé 1,46% à 32,01 euros après avoir confirmé jeudi son objectif de hausse du résultat opérationnel en 2018 à la suite de ventes trimestrielles en progression.

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