Le ciel s'éclaircit (un peu) pour les marchés pétroliers

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Victimes collatérales des dernières mesures de confinement qui ont provoqué une chute de la demande d’or noir, les marchés pétroliers reprennent un peu de couleur. Depuis une semaine, les cours du Brent (référence européenne) et du WTI (américain) ont gagné près de 10% et s’affichent respectivement à 44 et 42 dollars le baril. Les automobilistes français, qui paient aujourd’hui en moyenne 1,23 euro le litre de gazole et 1,33 euro le litre de SP95, seraient donc bien avisés de faire le plein de leur véhicule avant que la hausse actuelle des cours ne se répercute dans quelques semaines sur les prix à la pompe.

Cette remontée des prix du pétrole tient à plusieurs facteurs. Le plus récent est lié à la réunion le 17 novembre des pays qui composent l’accord Opep+ (il réunit les membres du cartel et d’autres États comme la Russie). A l’issue de leur réunion mensuelle, ces dernier se sont dits “prêts à agir” pour maintenir un équilibre entre l’offre et la demande d’or noir. L’Opep+ s’astreint depuis l’accord historique de 2016 à des coupes importantes dans sa production de brut pour tenter de doper les prix. Cela est encore plus vrai depuis la crise sanitaire qui a provoqué une chute de la demande mondiale laquelle a fait plonger les cours sous les 30 dollars au printemps.

Les annonces de vaccins dopent les prix

Selon l’accord en vigueur, le retrait actuel du marché de 7,7 millions de barils par jour doit être ramené à 5,8 millions à compter de janvier 2021. Plusieurs observateurs de marchés tablent sur un report de trois à six mois, qui sera vraisemblablement acté à l’occasion du prochain sommet du cartel et de ses partenaires les 30 novembre et 1er décembre prochain. Un scénario qu’a laissé entrevoir la semaine passée le ministre saoudien de l’Energie, Abdel Aziz ben Salmane, en assurant que le cartel pourrait “ajuster” à sa guise l’accord Opep+.

Autre événement qui explique ce regain du marché pétrolier: la succession d’annonces concernant un futur vaccin au Covid-19. Le 9 novembre après que Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ont indiqué que leur vaccin était efficace à plus de 90%, les cours avaient bondi de 6%. Et lundi 16 novembre, la révélation par la société de biotechnologie américaine Moderna de premiers résultats probants, les a fait bondir de 3%. “L’annonce d’un deuxième vaccin vient renforcer le sentiment positif du marché aujourd’hui, estimait lundi Bjornar Tonhaugen, analyste de Rystad. La demande en pétrole ne va pas en profiter à très court terme, mais de façon certaine à moyen et long terme”. 

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L’AIE douche l’enthousiasme

Les données sur la consommation en Chine en octobre dévoilées lundi par le Bureau national des statistiques (BNS) ont aussi alimenté l’optimisme sur la demande d’or noir. La consommation chinoise a connu une nouvelle accélération au cours du mois précédent, à mettre notamment au crédit des congés de la Fête nationale (1er-8 octobre), et a profité à la consommation de brut dans le pays. 

Ces signaux positifs ont toutefois été tempérés par les dernières prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) concernant la consommation de pétrole. Celle-ci prévoit une chute de la demande mondiale de 8,8 millions de barils cette année, soit environ 9 % de moins qu’en 2019. La reprise de la demande en Asie et la perspective d’un vaccin efficace ne suffiront pas à court terme, souligne l’AIE.

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