Les Bourses européennes ballottées par la géopolitique (Bourse Hebdo)

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Les Bourses européennes, qui peinent à s’orienter dans un environnement incertain, vont continuer à évoluer au gré de la géopolitique, face à un agenda dégarni côté européen.

« Du côté macroéconomique, il n’y a pas vraiment d’inquiétude donc ce qui joue vraiment à l’heure actuelle c’est la géopolitique », a commenté auprès de l’AFP Florence Barjou responsable de la gestion multi-actifs chez Lyxor.

Les investisseurs sont à l’affût des moindres nouvelles concernant le conflit opposant les Etats-Unis à ses partenaires.

« Il suffit d’un tweet de Donald Trump sur un sujet comme les tarifs douaniers automobiles pour que le marché baisse », a souligné l’experte.

« Il va y avoir encore une phase d’indécision très palpable, les résultats d’entreprises pourront l’atténuer, mais tant que les investisseurs n’auront pas de visibilité sur la guerre commerciale, ce sera extrêmement difficile pour eux de se positionner », a estimé auprès de l’AFP Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

Les investisseurs espèrent voir le secteur automobile européen épargné, après une proposition de l’ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, suggérant que Washington comme Bruxelles lèvent leurs taxes actuelles sur les importations d’automobiles.

En revanche, le conflit a pris une autre dimension entre les Etats-Unis et la Chine, avec l’entrée en vigueur vendredi de droits de douanes imposés par Washington sur 34 milliards de dollars d’importations chinoises et de mesures de représailles similaires de la part de Pékin.

Le ministère chinois du Commerce a en outre annoncé vendredi qu’il avait déposé une nouvelle plainte auprès de l’OMC contre Washington, selon l’agence officielle Chine Nouvelle.

Conséquence de l’escalade de tensions entre ces deux acteurs : le yuan dévisse face au dollar, ce qui alimente les craintes des investisseurs et entretient l’indécision.

Forte volatilité

« La volatilité d’un jour à l’autre est vraiment très forte, nous sentons bien que le marché est dans un positionnement un peu défensif », a indiqué Mme Barjou.

« La semaine a été en dents de scie mais je note malgré tout que les marchés boursiers européens ont beaucoup mieux résisté que les marchés asiatiques, où l’ampleur de la baisse est plus préoccupante », a précisé M. Dembik.

Outre les tensions commerciales internationales, les Bourses européennes ont fortement réagi en début de semaine à la crise politique allemande.

« La coalition s’est maintenue mais nous ne savons pas ce que ça donnera sur le long terme pour l’Allemagne, ni pour l’Europe, nous sentons bien que le consensus sur la politique migratoire se fissure », a estimé Mme Barjou.

Le milieu de la semaine passée a été plus calme, en l’absence des investisseurs américains en raison d’un jour férié pour la fête nationale.

Pour la semaine à venir, l’agenda des indicateurs est relativement dégarni en Europe. Les investisseurs prendront connaissance lundi de la troisième estimation du PIB français au deuxième trimestre et de l’inflation pour le mois de juin en France et en Allemagne.

De son côté, la Bourse de Londres devrait suivre, mardi, la publication de plusieurs indicateurs concernant le mois de mai, à savoir la production industrielle, la balance commerciale et, nouveauté, la toute première estimation de l’évolution mensuelle du produit intérieur brut publiée par l’institut de statistiques officiel.

Face à ce calendrier relativement calme côté européen, les investisseurs se tourneront vers les Etats-Unis, où la saison des résultats s’accélère.

« Les acteurs de marché ne vont pas tellement regarder les résultats en tant que tels puisqu’ils bénéficient d’un effet favorable lié à la réforme fiscale, ils vont plutôt se concentrer sur les discours des dirigeants sur les perspectives de croissance afin d’évaluer si cet environnement de guerre commerciale commence à peser sur les perspectives des entreprises », a estimé Mme Barjou.

Une guerre commerciale entre les Etats-Unis et ses partenaires pourrait coûter plusieurs points de croissance à l’économie mondiale, a récemment mis en garde le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE), Mark Carney, dans le sillage de plusieurs avertissements du Fonds monétaire international (FMI).

« Il n’y a pas un tel engouement comme lors des derniers résultats trimestriels, les acteurs de marché vont notamment surveiller les entreprises positionnées sur marchés chinois », a précisé M. Dembik.

« Nous savons très bien que les valeurs qui n’atteindront pas les niveaux escomptés seront lourdement sanctionnées », a-t-il ajouté.

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