Liban : Macron réitère ses exigences de réformes en ouvrant une nouvelle conférence d'aide

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Le président français Emmanuel Macron a réitéré ses exigences de réformes envers le Liban en ouvrant mercredi une deuxième conférence internationale d’aide d’urgence pour le pays, quatre mois après l’explosion du port de Beyrouth et alors que les dirigeants libanais sont incapables de s’accorder.

Cette visioconférence, co-présidée par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, s’est ouverte mercredi en fin d’après-midi avec des chefs d’Etat, des organisations internationales, des fonds multilatéraux, des ONG et des représentants de la société civile libanaise.

Le Liban est englué depuis plus d’un an dans une profonde crise économique, sociale et politique. En plus d’une dépréciation historique de sa monnaie et d’une hyperinflation, le pays est toujours sans gouvernement plus de trois mois après la démission du Premier ministre, Hassan Diab, peu après l’explosion du port de Beyrouth qui a mis le pays à genoux.

En introduction, Emmanuel Macron a dressé le bilan de la première conférence d’aide du 9 août mais aussi fustigé des dirigeants libanais qui, a-t-il déploré, n’ont pas tenu leur engagement de former un gouvernement, et de lancer des réformes, condition pour déclencher des aides structurelles. Il a confirmé qu’il se rendrait de nouveau au Liban en décembre pour le leur rappeler.

« Les engagements (…) n’ont pas été respectés », a-t-il lancé, « rien ne permet de dire que ce n’était pas que des mots ».

Il s’est en revanche félicité que les promesses des donateurs le 9 août aient « été tenues et même dépassées : plus de 280 millions d’euros ont été décaissés, ce qui a permis de faire face à une partie importante des besoins immédiats ».

Notamment « 12.500 tonnes de farine ont été distribuées, soit 80% des stocks détruits, 73.000 personnes ont reçu une aide pécuniaire, un vingtaine d’équipes médicales mobiles ont été déployées, 25.000 personnes ont bénéficié d’un abri, 90 écoles ont reçu des fournitures. C’est beaucoup mais ça ne suffit pas », a poursuivi le président français.

La Banque Mondiale, l’ONU et l’UE ont acté la mise en place d’un fonds pour le relèvement précoce du pays, avec la participation de la société civile.

« Ce soutien ne saurait remplacer l’engagement des forces politiques libanaises à former le plus rapidement possible un gouvernement et mettre en œuvre la feuille de route de réformes sans laquelle l’aide structurelle internationale ne pourrait être déclenchée. Nous ne lâcherons rien ni sur nos promesses ni sur nos exigences, que ce soit sur les réformes ou sur l’enquête sur l’explosion. », a-t-il dit.

Le président libanais Michel Aoun a déclaré pour sa part que « former un gouvernement est une priorité », afin de lancer des réformes structurelles et reconstruire Beyrouth. « Votre aide est cruciale pour la population », a-t-il dit aux donateurs.

Dans un rapport accablant, la Banqe mondiale a parlé d’une « dépression délibérée » au Liban, dénonçant l’incapacité des dirigeants à s’entendre sur « une action politique efficace ». Le PIB devrait reculer de 19,2% cette année après une contraction de 6,7% en 2019.

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