L’immobilisme de la BCE fait chuter les taux d’emprunt de la France et de l’Allemagne

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Conséquence du statu quo observé par la Banque centrale Européenne (BCE), laquelle maintient son taux directeur inchangé : les taux d’emprunt de la France et de l’Allemagne se sont tendus mercredi sur le marché obligataire.

A 18H00, le taux d’emprunt à dix ans de l’Allemagne, lequel évolue rappelons-le à l’inverse de la demande, a clôturé en hausse à 1,696%. Il avait terminé à 1,636% la veille sur le marché secondaire.  Même scénario en ce qui concerne la France, le rendement à dix ans achevant la journée à 2,282% contre 2,227% la veille.

Alors que l’inflation a de nouveau ralenti en janvier dans la zone euro, les investisseurs s’attendaient à ce que la BCE agisse en vue de se prémunir contre les risques de déflation, laquelle devient la nouvelle bête noire.

Fin janvier, la directrice générale du Fonds monétaire internationale, Christine Lagarde avait fait part de son inquiétude lors du Forum économique mondial de Davos, notant que la hausse des prix enregistrée dans les pays de la zone euro était « bien en-dessous de l’objectif » fixé par la BCE et le bloc monétaire.
Face aux craintes de la patronne du FMI, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, avait tenu à préciser en retour lors du forum de Davos que la BCE se tenait prête à agir si l’inflation tombait en deçà des prévisions. Tout en réaffirmant parallèlement le maintien de taux d’intérêt bas, et ouvrant même la porte à une nouvelle baisse pendant une période de temps prolongée.

Précisons qu’en décembre 2013, l’inflation a chuté à 0,8% en valeur glissante annuelle, dans la zone euro, l’objectif de la BCE étant de ne pas dépasser un taux de 2%, sans toutefois trop s’en éloigner. En octobre, le taux d’inflation se situait à 0,7%, ce qui avait conduit la Banque Centrale européenne à abaisser son taux directeur en novembre.
S’exprimant le 16 janvier dernier devant le National Press Club de Washington, Christine Lagarde s’était d’ores et déjà inquiétée d’un risque déflationniste dans la zone euro. «  Si l’inflation est le génie, alors la déflation est l’ogre qu’il nous faut combattre avec vigueur » , avait-t-elle ainsi déclaré.

Qu’à cela ne tienne, Mario Draghi a soutenu mordicus jeudi lors de sa conférence de presse mensuelle de politique monétaire que la zone euro n’était pas confrontée à un épisode de déflation.  Ajoutant toutefois que « le fait d’avoir une inflation basse pendant une période prolongée » constituait « un risque en lui-même » et nécessitait un « contrôle étroit ».

Des propos qui interviennent alors que le conseil des gouverneurs de la BCE a décidé de laisser son principal taux directeur inchangé à 0,25%, un niveau historiquement bas.

« Nous avons déjà agi en novembre », a argué M. Draghi. Précisant que depuis, la Banque Centrale Européenne observait la réaction des marchés et de l’économie à cette décision, mais que des effets immédiats étaient peu probables.  Le patron de la BCE a par ailleurs justifié son immobilisme actuel par la « complexité » de la situation et la nécessité de rassembler les informations nécessaires.  Notons à cet égard, que les prévisions de la BCE de croissance et d’inflation pour 2014 et 2015 ont attendues le mois prochain.

Sources : AFP, AWP

Elisabeth Studer – 06 février 2014 – www.leblogfinance.com

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