L’Observatoire du nucléaire dépose plainte contre Areva pour faux et mis en danger de vie d’autrui

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Après Volkswagen qui manipule ses tests, c’est désormais le géant du nucléaire français Areva qui pourrait être à l’origine d’un scandale, alors qu’il est soupçonné d’avoir lui aussi effectuer des malversations.

L’Observatoire du nucléaire a ainsi annoncé mercredi le dépôt d’une plainte pour faux, usage de faux et mise en danger d’autrui. De nouveaux éléments qui viennent assombrir le dossier des anomalies présumées lors de la fabrication de composants de centrales à l’usine Areva du Creusot (Saône-et-Loire).

S’exprimant dans le cadre d’une plainte contre X, l’association rappelle que, selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), 400 dossiers de fabrication sont concernés par des « incohérences », sur environ 10 000 dossiers de fabrication audités en près de cinquante ans, alimentant les craintes que les résultats des tests de contrôle de qualité n’aient été falsifiés.

Vendredi, Areva avait annoncé que des anomalies avaient été détectées dans le suivi des fabrications d’équipements au sein de son usine du Creusot. Site où a notamment été fabriquée la cuve défaillante du réacteur de l’EPR de Flamanville …. et dont l’acier présente un défaut de composition.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a fait savoir pour sa part mardi qu’Areva l’avait informée d’irrégularités dans le contrôle de fabrication d’environ 400 pièces produites au Creusot depuis 1965, dont une cinquantaine seraient en service sur le parc électronucléaire français. « Ces irrégularités consistent en des incohérences, des modifications ou des omissions dans les dossiers de fabrication portant sur des paramètres de fabrication ou des résultats d’essais », ajoute l’ASN dans un communiqué.
L’ASN a par ailleurs précisé avoir alors demandé à Areva de lui transmettre « au plus » tôt la liste des pièces concernées et son analyse des conséquences sur la sûreté des installations. Areva avait estimé en retour que les résultats complets de l’audit seraient disponibles « d’ici fin mai ».

Dans leur édition de mardi, Les Echos révélaient quant à eux qu’un audit lancé à la fin de 2015 sur les productions de l’usine Creusot Forge avait permis de détecter« des incohérences dans les dossiers de fabrication ». Selon le quotidien, qui cite une source anonyme, dans le cadre d’essais réalisés par des opérateurs sur des pièces métalliques, « en cas de valeur obtenue dans le haut de la norme requise, les procès-verbaux de certains dossiers de fabrication auraient été modifiés, avec un procès-verbal “officiel” retenant une valeur “moyenne” dans le rapport de fin de fabrication ». Toujours, selon Les Echos, « une grosse moitié des dysfonctionnements concerneraient des pièces nucléaires ».

L’Observatoire du nucléaire alerte par ailleurs sur le fait que l’on ignore le ou les centrale concernées et quelles précautions doivent être prises par la population eu égard à ce problème de sûreté. Selon elle, la mise en danger est permanente et il s’avère urgent que ces documents falsifiés soient entre les mains de la justice. Selon l’avocat de l’Observatoire du nucléaire, Me Emmanuel Riglaire, la plainte a été envoyée mercredi au tribunal de grande instance de Chalon-sur-Saône.

Estimant indispensable de stopper immédiatement les installations nucléaires concernées, l’association réclame par ailleurs dans un communiqué que l’enquête détermine si des complicités, notamment chez EDF ou à l’ASN, ont aidé Areva à écouler ses pièces défaillantes pendant des décennies jusqu’à l’affaire des cuves des EPR.

Mercredi matin, la ministre de l’Environnement Ségolène Royal a déclaré quant à elle que les premiers résultats des tests menés par Areva sur son site du Creusot étaient bons.  Ils montreraient en effet que les anomalies pointées du doigt par l’Autorité de sûreté nucléaire concernent seulement les documents de contrôle et non les pièces elles-mêmes.

« J’attends la suite des contrôles avant de constater les faits », a toutefois ajouté Mme Royal sur RTL, précisant que l’ASN publierait les résultats complets des tests « dans quinze jours ».

Sources : AFP, Reuters, Le Monde, Les Echos

Elisabeth Studer – 4 mai 2016 – www.leblogfinance.com


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