Marchés européens : la microéconomie va retrouver le devant de la scène (Bourse Hebdo)

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La microéconomie devrait revenir sur le devant de la scène pour les marchés européens la semaine à venir, alors que la saison des publications d’entreprises est désormais lancée des deux côtés de l’Atlantique.

L’Oréal ou Casino à la Bourse de Paris, Bank of America ou Johnson & Johnson à la Bourse de New York : les résultats, qui ont commencé à tomber la semaine écoulée, vont se succéder à un rythme accéléré, faisant potentiellement oublier les inquiétudes géopolitiques qui animent les places financières depuis le début de l’année.

« Les publications de résultats devraient être de très bons catalyseurs, on l’a vu avec les résultats exceptionnels du secteur du luxe cette semaine », estime ainsi auprès de l’AFP Marjorie Sonigo, directeur de la gestion financière chez Pictet Wealth Management.

« Le consensus est globalement très positif, on attend une bonne saison », commente elle aussi Jeanne Asseraf-Bitton, responsable de la stratégie d’investissement de Lyxor AM. « Mais ce qui risque d’être critique est la guidance, les indications que les entreprises vont donner sur l’activité future », nuance la spécialiste.

En effet, la faiblesse du billet vert, entraînant par réaction le renchérissement de l’euro, pourrait peser sur les sociétés européennes, et donc « freiner la progression du marché européen », précise-t-elle, alors que la monnaie unique s’échange désormais autour de 1,23 dollar.

Bien que peu susceptibles de changer la tendance, quelques statistiques viendront s’ajouter à ces résultats, dont le baromètre Zew du moral des investisseurs en Allemagne, lequel pourrait repasser dans le rouge (-2,8 points), selon les analystes interrogés par le prestataire Factset.

Le Royaume-Uni dévoilera de son côté l’inflation et les ventes au détail pour mars, ainsi que le chômage et les salaires à fin février. Les investisseurs chercheront à cette occasion à savoir si les bonnes nouvelles du début d’année se confirment concernant un ralentissement de la hausse des prix et une accélération de la progression des salaires.

Circonspection de mise

Les Etats-Unis publieront quant à eux les ventes au détail ou encore la production industrielle, des chiffres regardés de près dans un contexte de léger tassement de la dynamique de croissance.

Ces publications pourraient dans tous les cas faire passer au second plan les tensions géopolitiques qui ont dominé l’actualité durant la semaine écoulée.

Encore une fois, les marchés ont en effet connu des séances en dents de scie au rythme des annonces de Donald Trump, le président américain.

L’apaisement des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine a dans un premier temps conforté les investisseurs. Ainsi, selon le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria, la Chine et les Etats-Unis négocieraient en coulisse pour résoudre leur différend commercial. En parallèle, Donald Trump a indiqué sa volonté d’entrer en discussions pour réintégrer l’accord de libre-échange trans-pacifique (CPTPP).

« Les craintes sur le protectionnisme semblent s’apaiser un peu. Ce n’est pas terminé mais l’on sent que cela ne devrait pas remettre en cause le libre-échange dans le monde », analyse Mme Asseraf-Bitton.

Toutefois, les déclarations de Donald Trump sur de possibles frappes militaires en Syrie, en représailles à l’attaque chimique présumée près de Damas, ont alimenté la prudence.

« Est-ce que Donald Trump va faire vaciller la croissance ? Le marché évolue en fonction des effets d’annonces du président américain », décrypte Marjorie Sonigo.

La circonspection restait donc de mise dans l’attente de nouveaux développements.

Toutefois, observe Mme Sonigo, les taux d’emprunts souverains, traditionnellement recherchés en période d’aversion pour le risque, « ont peu bougé : c’est un point important, cela veut dire que le marché pour l’instant n’a pas peur et est en observation ». Signe peut-être que les investisseurs seront prêts à profiter d’achats à bon compte dans les jours à venir.

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