Poutine veut accélérer la livraison de missiles S-400 à la Turquie

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Poutine veut accélérer la livraison de missiles S-400 à la Turquie

Relations plus qu’amicales entre la Russie et la Turquie. Voire prix à payer par Ankara en contrepartie du soutien militaire russe en Syrie ? Le président russe Vladimir Poutine a affirmé mardi à Ankara que Moscou allait “accélérer” la livraison des systèmes russes de défense anti-aérienne S-400 commandé par la Turquie.

“Nous avons discuté la réalisation du contrat pour la livraison des S-400. Et nous avons pris la décision d’accélérer la livraison de ces systèmes de défense”, a déclaré le chef de l’Etat russe fraîchement réélu lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

Rappelons que le Président turc a défendu bec et ongles la volonté de son pays d’acquérir ces missiles. Un choix stratégique qui a néanmoins suscité réserves et critiques parmi les alliés de la Turquie au sein de l’Otan. La règle veut en effet qu’au sein de l’Alliance, les équipements utilisés par ses nations-membres soient compatibles autant que possible. Ce qui n’est pas le cas.
Or, la Turquie est le seul membre de l’Otan à posséder des frontières avec la Russie tout en étant aux portes du Proche et du Moyen Orient.

Vladimir Poutine considère pour sa part que la décision d’acquérir des S-400 “appartient à la Turquie ”. Affirmant d’un ton ferme et sans appel : “nous avons conclu un accord au sujet des S-400, nous avons fermé ce dossier, c’est une affaire terminée”.

En septembre dernier, Erdogan avait annoncé que Moscou et Ankara avaient signé un contrat pour l’achat de ces systèmes de défense antiaérienne. En décembre, un conseiller de Poutine avait indiqué que l’accord avait été finalisé.
La Turquie a ainsi passé commande pour quatre batteries S-400 pour un montant de 2,5 milliards de dollars. La moitié de la somme a été financée via emprunts. Si la date initiale de livraison avait été fixé en 2020, l’échéance de mi-2019 est désormais annoncée.

L’annonce de ce contrat avait été perçue comme une manifestation de la mauvaise volonté et de l’irritabilité du président turc, alors que la Turquie accumule sur les sujets de tensions avec plusieurs dirigeants européens et les Etats-Unis.

Certes, il pourrait aussi s’agir une nouvelle fois d’une affaire de gros sous … les Européens et les Américains  ayant proposé une offre concurrente de celle des Russes … Mais ces dernières ont été différées ou annulées.

Autre point de discorde : le service après-vente du dit matériel. Le Pentagone voit d’un très mauvais œil l’idée que des ingénieurs russes aient accès à l’environnement de défense de l’Otan et aux panoplies de défense des avions américains en installant les batteries de S-400. Fin mars, une délégation de diplomates américains a même tenté in extremis de retarder l’accord avec les Russes. Sans succès.

Précisons que le système de missile S-400 constitue le top du top de l’armement russe dans le domaine de la défense anti-aérienne et anti-missile. Son radar serait ainsi capable d’appréhender 80 cibles à la fois et de contrôler la course de 160 missiles en parallèle. Avec de tels joyaux de la technologie, toute attaque aérienne ou via missile de croisière est capable d’être détectée très en amont.

Sources : AFP, Europe 1

Elisabeth Studer – 7 avril 2018 – www.leblogfinance.com

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