Rachat avorté de VW : des fonds spéculatifs réclament 1,8 milliards d’euros à Porsche et Piëch

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Un ensemble de fonds spéculatifs qui avaient perdu des sommes importantes en pariant en 2008 sur une baisse de l’action Volkswagen, tentent désormais de récupérer leurs mises. Ils réclament désormais la bagatelle de 1,8 milliard d’euros de dommages et intérêts à Wolfgang Porsche et Ferdinand Piëch, son cousin. Information relayée en tout premier lieu par le journal allemand “Der Spiegel”.

Les fonds chapeautés par Elliott Associates LP accusent Porsche d’avoir en octobre 2008 manigancé une opération financière – appelée dans le jargon financier un « short squeeze massif » – en vue de racheter dans la plus grande discrétion la quasi totalité des actions ordinaires VW sur le marché. L’objectif de Porsche étant alors de reprendre le constructeur , alors même qu’il affirmait le contraire.

Ainsi, alors qu’en mars 2008, Porsche SE avait qualifié de « spéculations » les rumeurs laissant entendre qu’il souhaitait racheter VW … en octobre de la même année, Porsche SE possédait 42,6% des actions ordinaires de VW, auxquelles s’ajoutait alors une part de 31,5% via des mécanismes financiers. Une telle annonce avait alors dopé l’action Volkswagen, le titre grimpant même jusqu’à 1.005 euros … au plus grand dam des fonds spéculatifs qui avaient eux parié sur la baisse de l’action.

Si au final, Porsche avait vu ses plans de rachat de VW échouer, les fonds spéculatifs n’entendent pas en rester là. Ils poursuivent désormais les responsables du groupe pour manipulation du marché. Arguments invoqués : ils estiment qu’en tant que membres du conseil de surveillance, Ferdinand Piëch et Wolfgang Porsche étaient au courant des transactions en cours. Selon eux, les méthodes employées par les dirigeants de Porsche seraient celles des services secrets ou des organisations criminelles, et l’exécution du plan aurait été suivie « d’un centre logistique secret en Autriche ».

Face à de telles accusations, Porsche a estimé dimanche que cette procédure était « infondée ». Ajoutant que « Porsche SE et les membres de son conseil de surveillance se défendront avec tous les moyens légaux à leur disposition ».
Un porte-parole de Porsche a tenu à rappeler qu’Elliott avait déjà déposé une plainte en 2012 contre le constructeur automobile. Selon Porsche, “cette nouvelle plainte au civil est menée pour des raisons tactiques et vise à exercer une pression », en visant cette fois-ci des personnes privées.

Sources : Der Spiegel, AFP, Reuters

Elisabeth Studer – 02 février 2014 – www.leblogfinance.com


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