Renault : vers la création de 3000 CDI pour limiter l’emploi intérimaire

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Renault vient de proposer vendredi à ses syndicats de recruter 3000 personnes en CDI en trois ans et de réduire  de moitié le nombre d’intérimaires. La direction du groupe conditionne néanmoins la mise en œuvre effective de ce plan à la signature d’un nouvel accord de compétitivité. Un cycle de négociations a été ouvert à cet effet en septembre avec les organisations syndicales.

Mais comme nombre de grandes entreprises, une telle annonce ne pourrait être que l’arbre qui cache la forêt de départs en retraites non remplacés. Quoi qu’il en soit, les syndicats demeurent sceptiques, redoutant que comme dans le cadre du dernier accord de compétitivité du groupe, beaucoup d’efforts ne soient demandés aux salariés. Pour rappel, le précédent accord incluait 7.500 départs à la retraite non remplacés et un gel des salaires.

Désormais,  Renault propose d’embaucher 3.000 personnes en CDI entre 2017 et 2019, dont la moitié de l’effectif serait destinée aux usines d’assemblage de véhicules. Le groupe propose également de créer durant le même temps, 2.000 contrats jeunes, alternants ou stagiaires par an. Une partie des CDI pourrait d’ailleurs être d’anciens contrats jeunes. Si ces créations de postes étaient confirmées, elles viendront s’ajouter aux 1.000 CDI déjà prévus pour cette année. Le constructeur automobile s’était par ailleurs déjà engagé à signer sur cette même période 6 000 contrats jeunes, alternants et stagiaires, dont une partie obtiendra ensuite un des CDI annoncés. Dans le cadre de ces nouvelles discussions, les syndicats demandent notamment l’accélération des recrutements en CDI et la diminution du nombre d’emplois précaires.

Mais il n’en demeure pas moins, que même en ayant recours à ces embauches, le groupe voit ses effectifs chuter, les départs à la retraites n’étant pas tous remplacés.

En étudiant de près les chiffres, on s’aperçoit que Renault profite en quelque sorte de ces annonces pour en grande partie transformer en CDI des emplois intérimaires et/ou précaires. Cette situation constitue en effet un important problème de l’entreprise. Si la CGT avance un chiffre de créations de postes issus à 50 % de contrats d’intérimaires, la direction de Renault avance quant à elle un taux de 25 %. Elle admet tout de même que le nombre d’intérimaires actuellement employé est exceptionnellement élevé.

Le groupe, qui espère aboutir à un accord avant la mi-décembre, n’a pas affiché publiquement le nombre de départs prévus pour la période 2017-2019 qui devraient accompagner les mesures prises pour faire évoluer les effectifs. Mais selon les calculs de la CFE-CGC, ces recrutements annoncés vendredi par la direction compenseront à peine le nombre de départs naturels (retraite, démission..) des trois prochaines années.

« Les propositions sont en deçà de ce que nous souhaitons », a d’ores et déjà indiqué Franck Daoüt, délégué centre de la CFDT. Le syndicat réclame 4 500 recrutements pour faire face à la baisse prévue du nombre d’intérimaires et créer véritablement ainsi de nouveaux postes en augmentant la capacité de travail. La CGT redoute pour sa part « une dégradation des conditions de travail ». Elle réclame 9 000 embauches pour compenser les emplois supprimés lors du précédent accord en 2013.

A l’heure du papy-boom, le constructeur procède ainsi à un véritable rajeunissement des équipes, aux salaires inférieurs à ceux de leurs aînés, tout en pérennisant sa main d’oeuvre. Renault a également besoin de nouvelles recrues dans les domaines innovants de la voiture connectée ou de la voiture électrique.

Sources : AFP, Reuters

Elisabeth Studer – 5 novembre 2016 – www.leblogfinance.com

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