Tunisie : à un doigt de la récession en 2011

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recession-tunisie.jpgTout est question de vocabulaire ….

Si certes le mot récession n’a pas été prononcé, le gouverneur de la Banque centrale tunisienne (BCT), Mustapha Kamel Nabli a indiqué samedi que la Tunisie réalisera un taux de croissance nul à la fin de l’année 2011.

Un malheur n’arrivant jamais seul, ce qu’il est convenu d’appeler une « croissance zéro » aura notamment pour conséquence une baisse du rythme de la création d’emplois et une hausse du taux de chômage. Ce dernier devrait ainsi dépasser le seuil des 18%.

Rappelons que les dernières prévisions de croissance du gouvernement tunisien s’établissaient entre 0,2% et 1% pour 2011.

Début juillet, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie avait indiqué que l’économie tunisienne était officiellement en récession avec une croissance négative observée durant les deux premiers trimestres de cette année, tout en précisant que la situation n’était plus critique.


“L’économie nationale a dépassé la phase dangereuse
“, avait alors déclaré Mustapha Kamel Nabli. Le Produit intérieur brut tunisien avait en effet reculé de 3,3% au premier trimestre, subissant le contre-coup de la révolution. Par la suite, l’économie tunisienne avait pu se relever au cours du second trimestre, échouant cependant à dépasser la barre des 0% de croissance.

Selon Mustapha Kamel Nabli, l’an prochain, le pays devra surmonter des « défis importants, liés notamment à l’emploi, à l’investissement, à la préservation des équilibres financiers et à la politique monétaire ».

Le gouverneur a par ailleurs indiqué que la marge de manoeuvre de la BCT était notamment par ses réserves de change, lesquelles sont estimées actuellement à 110 jours d’importation.

Précisons que depuis la chute de l’ancien président Zine el Abidine Ben Ali, la Tunisie a vu ses revenus tirés du tourisme s’effondrer, alors que le secteur représentait jusqu’à présent 7% du PIB, employant quelque 700.000 personnes.

Mais d’autres secteurs stratégiques sont également touchés, telle que l’industrie des phosphates, principal pourvoyeur de devises, la Tunisie en étant le 5ème producteur mondial. Des grèves à répétition et des fermetures d’usines ont fortement perturbé l’activité durant l’année 2011.

Les patrons du secteur estiment le manque à gagner en 2011 à 500 millions de dinars (environ 256 millions d’euros) par rapport à 2010.

Le chômage s’est quant à lui aggravé à la suite du conflit en Libye, ce dernier provoquant le retour forcé de près de 100.000 travailleurs tunisiens.

Sources : AFP, Reuters

Le Blog Finance

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