Turquie / Bulgarie : accord sur un gazoduc pour s’affranchir de la Russie et de l’Ukraine

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Important pied de nez à la Russie et tentative de diminuer la pression russe sur l’Ukraine : la Bulgarie et la Turquie ont annoncé vendredi s’être mis d’accord pour créer une société conjointe en vue de construire un gazoduc permettant à Sofia d’être moins dépendante des livraisons de gaz russe.

Au final, un important impact géopolitique à prévoir.

« Nous avons pris une décision concrète d’édification d’un gazoduc reliant les systèmes de distribution de gaz de la Bulgarie et la Turquie. Il sera une source cruciale de diversification des livraisons de gaz naturel pour notre pays », a ainsi déclaré le ministre de l’Economie et de l’Energie bulgare, Dragomir Stoïnev. Ajoutant que l’opérateur public de transit gazier Bulgartransgaz serait chargé de la construction de la section bulgare de l’interconnexion.

Un accord devra toutefois est signé en mars prochain. Il devrait permettre de détailler les différentes phases du chantier du gazoduc.

Ce dernier, s’étendant sur 191 km dont 114 en Turquie, devrait permettre de livrer 3,5 milliards m3 de gaz par an d’ici deux ans.

Les deux ministres se sont également mis d’accord pour créer une société mixte d’exportation d’électricité de la Bulgarie vers la Turquie. L’objectif étant de passer de 600 MW/h exportés à 1.300-1.400 MW/h.

A noter que la Bulgarie, dont la consommation de gaz annuelle se situe dans une fourchette comprise entre 2,5 et 2,7 milliards m3 de gaz, dépend presque totalement de ses achats de gaz russe, lequel transite via l’Ukraine.

En vue de diversifier ses sources d’approvisionnements, Sofia a d’ores et déjà planifié une interconnexion de son réseau gazier avec la Grèce, via le gazoduc TAP (Transadriatic pipeline) qui devrait être opérationnel vers 2019. Ce qui lui permettra de recevoir du gaz en provenance d’Azerbaïdjan.

En juin 2013, le consortium gazier azerbaïdjanais Shah Deniz II a en effet retenu le projet de gazoduc TAP  pour ses livraisons de gaz vers l’Europe en contournant la Russie. Au grand dam de son concurrent, le projet de pipeline de Nabucco-Ouest. Le consortium, composé des géants BP, Statoïl (Norvège), Total (France) et Socar (Azerbaïdjan) aura au final préféré le projet Trans Adriatic Pipeline à celui porté par l’Union européenne.

Long de quelque 880 kilomètres, TAP (Trans Adriatic Pipeline) doit relier Thessalonique (Grèce) à Brindisi (sud de l’Italie) en traversant l’Albanie, puis en passant sous l’Adriatique. Le gaz en provenance de l’Azerbaïdjan transitera ensuite en Suisse via le gazoduc Transitgaz vers la France et l’Allemagne.
Le pipeline est détenu par le suisse EGL (42,5%), l’allemand EON Ruhrgas (15%) et le norvégien Statoil (42,5%). Ce dernier faisant également partie des groupes exploitant le gisement Shah Deniz. Le pipeline pourrait être opérationnel à partir de 2017 et pourrait transporter 10 milliards de mètres cubes (mmc) de gaz de la Caspienne par an et accroître sa capacité à un maximum de 20 mmc.

Elisabeth STUDER – www.leblogfinance.com   – 28 janvier 2014

Sources : AFP, Novinite


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