Vers un “passeport anti-covid-19” pour voyager ?

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Les premiers vaccins contre le Covid-19 seront disponibles en France dès la fin de l’année ou début du mois de janvier, a annoncé Emmanuel Macron, mardi 24 novembre, mais la vaccination ne sera pas imposée, a précisé le chef de l’Etat.

Or, pour les compagnies aériennes ce pourrait pourtant bien être le sésame pour redécoller et en finir avec cette année cauchemardesque. Entre les fermetures de frontières décrétées par certains Etats, la suspension des vols vers les pays considérés comme à risque, ou les quatorzaines imposées aux passagers, les transporteurs aériens ont perdu 60% de leur chiffre d’affaires et affichent 118,5 milliards de dollars de pertes nettes, selon le bilan présenté le 24 novembre par l’organisation IATA (International Air Transport Association), lors de son assemblée générale annuelle. Du coup, toutes les initiatives sont bonnes pour retrouver la confiance des passagers et ouvrir les frontières.

Vaccin obligatoire à bord de Quantas

La compagnie australienne Quantas est la première à vouloir faire monter à bord des passagers vaccinés et ainsi forcer la main des indécis. “Nous envisageons de changer nos conditions d’utilisation pour les voyageurs internationaux,…

://www.challenges.fr/politique/confinement-le-calendrier-en-trois-etapes-d-emmanuel-macron_739000″ target=”_blank”>Les premiers vaccins contre le Covid-19 seront disponibles en France dès la fin de l’année ou début du mois de janvier, a annoncé Emmanuel Macron, mardi 24 novembre, mais la vaccination ne sera pas imposée, a précisé le chef de l’Etat.

Or, pour les compagnies aériennes ce pourrait pourtant bien être le sésame pour redécoller et en finir avec cette année cauchemardesque. Entre les fermetures de frontières décrétées par certains Etats, la suspension des vols vers les pays considérés comme à risque, ou les quatorzaines imposées aux passagers, les transporteurs aériens ont perdu 60% de leur chiffre d’affaires et affichent 118,5 milliards de dollars de pertes nettes, selon le bilan présenté le 24 novembre par l’organisation IATA (International Air Transport Association), lors de son assemblée générale annuelle. Du coup, toutes les initiatives sont bonnes pour retrouver la confiance des passagers et ouvrir les frontières.

Vaccin obligatoire à bord de Quantas

La compagnie australienne Quantas est la première à vouloir faire monter à bord des passagers vaccinés et ainsi forcer la main des indécis. “Nous envisageons de changer nos conditions d’utilisation pour les voyageurs internationaux, pour leur dire que nous demanderons aux gens de se faire vacciner avant de pouvoir monter à bord de l’avion”, a déclaré son patron, Alan Joyce, à la chaîne de télévision Channel Nine. Pour les vols intérieurs, il faudra voir ce qui se passe pour le Covid-19 mais pour les voyageurs internationaux arrivant en Australie et pour les gens qui quittent le pays, nous pensons que c’est une nécessité”, a-t-il précisé.

Si le patron australien affirme avoir discuté de cette initiative avec de nombreux homologues, la plupart des compagnies restent pour l’heure prudentes. Interrogé par Bloomberg TV mardi 24 novembre, Peter Elbers, le patron de KLM, filiale d’Air France, estime que “c’est un peu prématuré”. Le dirigeant néerlandais préfère favoriser la politique de tests rapides mise en place avec l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol. “Chaque pays prend ses propres mesures en matière de soins et de santé, ce qui est compréhensible, mais lorsque nous commençons à restaurer le transport aérien, nous devons avoir des normes mondiales et des règles et règlementations mondiales”, prévient-il.

Quid de la confidentialité des données ? 

Il faut dire qu’établir un passeport sanitaire n’est pas simple et soulève de nombreuses interrogations sur la confidentialité des données et leur sécurité, pointe la plupart des professionnels du secteur.

Comment, par exemple, le personnel d’embarquement pourra-t-il s’assurer du statut vaccinal des voyageurs ? Une solution serait d’utiliser la réglementation internationale déjà en vigueur concernant la fièvre jaune. Depuis 2005, près de 200 pays sont signataires du Règlement sanitaire international élaboré par l’Organisation Mondiale de la Santé, et reconnaissent le Certificat international de vaccination. Plusieurs pays d’Afrique l’exigent lors de la demande de visa ou à l’entrée sur leur territoire. Et les certificats sont délivrés dans des centres agréés par chaque État, pour des vaccins validés par l’OMS. L’institution pourrait donc décliner ce dispositif pour limiter la propagation du Covid-19.

Le passeport sanitaire électronique de l’IATA

De son côté, IATA planche sur une solution via une application mobile faisant office de “Travel Pass”. Dévoilé lundi 23 novembre, celui-ci devrait être disponible à compter du premier trimestre 2021. “Nous avons travaillé avec les gouvernements pour pouvoir réunir et tenir à jour toutes les informations disponibles sur les mesures sanitaires dans les différents pays”, explique Alexandre de Juniac, le directeur général de l’organisation qui regroupe la plupart des grandes compagnies aériennes mondiales.

Pour l’heure il s’agit d’une plateforme numérique, accessible via une application pour smartphone, permettant de réunir toutes les informations sur les formalités sanitaires à satisfaire avant de partir à l’étranger.

Le passager pourra non seulement s’informer sur les formalités à accomplir, sur les types de tests réclamés, les laboratoires habilités et, demain, sur les éventuelles vaccinations à effectuer. Si les autorités l’acceptent, l’application pourra aussi enregistrer les attestations de dépistage négatif sous la forme de “QR Code”, qui pourraient même être lues par des bornes à l’embarquement. Comme les cartes d’embarquement à l’aéroport.

Un premier test doit être effectué avec British Airways (groupe IAG) d’ici la fin de l’année avant que les premières versions de l’application soient accessibles au premier trimestre 2021 sur les appareils Apple, et à partir d’avril sur Androïd.

Mais IATA n’est pas la seule à vouloir développer une appli numérique. United Airlines, Virgin Atlantic, Swiss International Air Lines et JetBlue adhèrent a un autre projet en développement : The Common Pass. Soutenu par le World Economic Forum, il s’agit également d’un certificat téléchargeable sur un téléphone mobile prouvant que le passager est apte à embarquer. Des discussions sont en cours également avec les croisiéristes et les chaînes d’hôtel pour utiliser ce nouvel outil.

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