Wall Street en forte baisse après l’annonce de la Fed

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Les futures sur le Dow se sont orientés à la baisse à 1h du matin. Entre 4h et 9h ils ont légèrement rebondi, mais ils ont ensuite repris le chemin de repli. Ils reculaient jusqu’à l’ouverture du marché américain. Les indices, eux, poursuivaient la direction des contrats à terme dès le début de cotation et ce jusqu’à la fin de la séance. Au final, le Dow Jones a terminé en forte baisse de 353,95 points ou 2,34% à 14 758,24 points. Parmi les plus grands perdants de l’indice figurent Walt Disney (-3,65%), Microsoft (-3,18%) et Intel (-3,26%). Il n’y avait aucune hausse au sein de l’indice.

Le S&P500 s’est replié de 40,74 points ou 2,50% à 1 588,19 points. Le Nasdaq a reculé de 78,57 points ou 2,28% à 3 364,63 points. Le Russell 2 000 a abandonné 2,88%.

Ce jeudi les indices boursiers à travers le monde ont fortement reculé soi-disant à cause des déclarations du Président de la Fed, Ben Bernanke, lors de sa conférence de presse mercredi soir. Certes, il a indiqué que le programme de rachats d’actifs pourrait se terminer dès la fin de cette année, mais il a précisé que tout dépend des conditions économiques. Ainsi, il a déclaré que si le taux de chômage descend à 7% le QE s’arrêtera. Mais la politique monétaire de la Réserve Fédérale restera ultra-accommodante tant que le taux de chômage ne descend à 6,5% et que le taux d’inflation se situe au-dessous de 2%. Les investisseurs espéraient avoir plus de visibilité concernant la politique monétaire de la Fed. Mais ils ne semblent pas très contents par ce qu’ils ont obtenu. Pourtant, ils espéraient avoir plus de précisions sur le timing de la fin de QE, certains investisseurs prévoyaient même que le programme de rachats d’actifs s’achèvera dès ce mois-ci.

Par ailleurs, les investisseurs semblent avoir ignoré le principal message de la Fed, à savoir que les conditions économiques s’améliorent aux États-Unis, le secteur immobilier est désormais le soutien et non plus le frein à l’économie américaine, les risques baissiers ont bien diminué depuis l’automne, la hausse récente des taux hypothécaires n’est qu’un reflet de l’optimisme accru des agents économiques et de la meilleure santé du marché immobilier. Certes, la Fed terminera ce programme et ainsi le marché se retrouvera sans ce soutien. Mais une telle annonce est plutôt un signal positif, car si la Fed estime possible d’achever ce programme dès la fin de cette année, cela ne signifie que le marché et plus généralement l’économie aux États-Unis ne nécessitent plus son soutien.

Malgré un grand effort pédagogique du Président de la Fed pour expliquer les décisions, les anticipations et le raisonnement de la Réserve Fédérale, il semble que de très nombreux investisseurs ne l’ont pas compris. Depuis le début de la crise le marché est devenu «accro» au soutien de la Fed. Ainsi, l’annonce d’une éventuelle fin de QE a été très mal accueillie par le marché. Mais ce programme ne pouvait pas rester en place éternellement. Par ailleurs, s’il dure trop longtemps, ses coûts seront trop élevés et le risque de déstabilisation de l’économie lors de sa fin sera davantage accru.

Malgré le fait que le taux de fed funds restera proche de 0% jusqu’en 2015 et que le QE s’achèvera pour une bonne raison les marchés ont chuté. Le dollar s’est fortement renforcé par rapport aux autres devises, tirant ainsi vers le bas les prix de matières premières. Les obligations d’état américain ont vu leur taux en forte hausse. Ainsi, le taux des obligations à dix ans a progressé de plus de 0,10%, se situant à un moment à 2,47%, au plus haut depuis le 8 août 2011. Le taux des obligations à trente ans est monté au-dessus de 3,5% pour la première fois depuis septembre 2011, atteignant le pic de 3,53% ce jeudi. L’adjudication des obligations indexées sur l’inflation (TIPS) à trente ans n’a pas rencontré le succès aujourd’hui. En effet, le taux de ces obligations s’est établi à 1,42%, au plus haut depuis deux ans. Le ratio bid-to-cover qui montre la demande, n’a été que de 2,47 contre 2,82 lors de la dernière adjudication. Plus généralement, les obligations souveraines à travers le monde ont vu leurs prix reculer ce jeudi. Le taux obligataire japonais à dix ans a bondi de 0,04% à 0,85%. Le taux obligataire australien à dix ans a progressé de 0,23% à 3,65%. Le taux obligataire à dix ans de la Nouvelle Zélande s’est envolé de 0,30% à 4,09%. En Europe la situation a été la même. Le taux obligataire espagnol à dix ans a enregistré une hausse de 0,34% à 4,87%. En Allemagne le taux de Bunds à dix ans a grimpé de 0,12% à 1,68%.

Il paraît que l’annonce de la Fed n’a été qu’un prétexte pour une correction des indices mondiaux. Le Dow Jones a progressé de 15% depuis mi-novembre 2012 alors que les fondamentaux de l’économie américaine ne justifiaient pas une progression d’une telle ampleur. La chute ce jeudi n’est qu’une correction de sur-réaction des indices à l’actualité macroéconomique et notamment à la saison des résultats trimestriels depuis le début de l’année. Le plongeon aujourd’hui étant bien important, une correction à la hausse devrait intervenir dans les jours qui viennent lorsque les investisseurs, ayant compris que le message de la Fed a été positif, commencent à clôturer leurs positions baissières.

L’actualité macroéconomique

Les inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties à 354 000 lors de la semaine achevée le 15 juin, selon le département américain du travail, après 336 000 (334 000 en première estimation) la semaine précédente et contre les attentes de 340 000.

L’indice «Philly» de la Fed de Philadelphie est ressorti à 12,5 points pour le mois de juin, se situant ainsi au plus haut depuis avril 2011, après -5,2 points le mois dernier et contre les prévisions de -2 points. La composante de nouvelles commandes a fortement progressé, celle de l’emploi a légèrement bondi.

Les ventes de logements anciens aux États-Unis ont poursuivi leur rebond au mois de mai, atteignant leur niveau le plus élevé depuis plus de trois ans et dépassant le seuil des 5 millions d’unités en rythme annuel. Ainsi, elles ont augmenté de 4,2% en mai par rapport au mois d’avril, à 5,18 millions d’unités en rythme annualisé et en données CVS, selon l’Association Nationale des Agents Immobiliers (NAR) tandis que les analystes tablaient sur une hausse de 0,6% à 5 millions d’unités. En glissement annuel, les ventes ont grimpé de 12,9%, se situant au plus haut depuis novembre 2009. Le prix médian des logements anciens s’est établi en mai à $ 208 000, soit une hausse de 15,4% sur un an. Il se situe désormais au plus haut depuis juillet 2008.

L’indice des indicateurs avancés a augmenté de 0,1% en mai, selon le Conference Board après une hausse de 0,8% en avril (+0,6% en première estimation) alors que les analystes misaient sur une croissance de 0,2%.

Les entreprises à la loupe

Oracle (-2,58% pendant la séance, -4,79% après l’annonce) a dévoilé ses résultats trimestriels ce jeudi soir après la clôture du marché. Le bénéfice par action de l’éditeur des logiciels s’est établi à $ 0,87, en ligne avec les attentes. Son chiffre d’affaires a atteint $ 10,96 milliards alors que le marché s’attendait à $ 11,12 milliards. Par ailleurs, le groupe a annoncé le programme de rachat de ses actions pour $ 12 milliards. En outre, son dividende trimestriel sera doublé. 

Jabil Circuit a grimpé de 1,61% aujourd’hui après avoir dévoilé ses résultats trimestriels mercredi soir après la clôture du marché. Le bénéfice par action ajusté du sous-traitant électronique s’est établi à $ 0,56 contre le consensus de $ 0,54. Son BPA net a été de $ 0,24. Son chiffre d’affaires a augmenté de 5,1% en glissement annuel à $ 4,5 milliards tandis que les analystes anticipaient $ 4,4 milliards. Pour le trimestre en cours le groupe estime que son BPA ajusté sera compris entre $ 0,50 et $ 0,58 avec le CA allant de $ 4,45 à $ 4,65 milliards.

Micron s’est replié de 3,11% ce jeudi après l’annonce de ses résultats trimestriels. Le bénéfice par action du fabricant des puces s’est élevé à $ 0,04 contre les attentes de $ 0,03 et après sept trimestriels consécutifs de pertes. Son chiffre d’affaires a grimpé de 7% en glissement annuel à $ 2,32 milliards alors que les analystes prévoyaient $ 2,25 milliards. Le groupe a précisé que le prix moyen de ses puces DRAM a augmenté de 16%.

Kroger a abandonné 6,12% ce jeudi suite à la présentation de ses résultats trimestriels. Le bénéfice par action de la chaîne des supermarchés est ressorti à $ 0,92 contre le consensus de $ 0,88 et $ 0,78 il y a un an. Son chiffre d’affaires a crû de 3,4% en glissement annuel à $ 30 milliards, conformément aux attentes. Par ailleurs, le groupe a revu à la hausse ses prévisions des bénéfices pour toute l’année, anticipant que son BPA sera compris entre $ 2,73 et $ 2,80 contre la fourchette précédemment annoncée allant de $ 2,71 à $ 2,79.

Demain

Aucune statistique majeure n’est prévue.


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