Zone euro : accélération en trompe l’œil des crédits au secteur privé en juillet (BCE)

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La croissance des crédits accordés par les banques de la zone euro au secteur privé a accéléré en juillet, a indiqué mercredi la Banque centrale européenne (BCE), alors qu’elle doit débattre en septembre de mesures de soutien à l’économie.

Les crédits aux entreprises non financières et aux ménages européens, ajustés de certaines opérations strictement financières, ont progressé de 3,6% en juillet sur un an, après 3,5% en juin et 3,3% en mai.

Dans le détail, la croissance des prêts octroyés aux entreprises industrielles et commerciales s’est établie à 3,9% sur un an, comme en juin, relevé d’un dixième de point.

La croissance des crédits aux ménages s’est elle inscrite à 3,4%, contre 3,3% en juin.

« Il ne faut pas se laisser berner par la tendance à la hausse constante du marché du crédit », prévient toutefois Stephanie Schoenwald, experte à la banque publique KfW.

L’augmentation des prêts est selon elle « davantage un signal d’avertissement qu’une lueur d’espoir », car elle montre que les entreprises puisent des ressources financières supplémentaires « pour atténuer la faiblesse des commandes et les niveaux de stocks élevés » et combler ainsi des déficits de liquidité.

« La bonne nouvelle est que les banques européennes continuent à fournir ces financements » pendant que le loyer maintenu bas de l’argent aide à la stabilisation économique, conclut-elle.

La masse monétaire M3, agrégat utilisé par la BCE comme un indicateur avancé de l’inflation, a elle augmenté de 5,2% en juillet, contre 4,5% en juin.

L’inflation en zone euro a cependant décéléré en juillet, à 1,1% contre 1,3% en juin. Ce taux s’éloigne encore un peu plus de l’objectif de la BCE, pour qui le signe de bonne santé de l’économie est une inflation très légèrement inférieure à 2,0% sur un an.

Aussi, face à une économie montrant des signes d’affaiblissement plus durables que prévu, l’institut monétaire pourrait annoncer un train de mesures lors de sa réunion de rentrée le 12 septembre, incluant une baisse du taux de dépôt, assortie d’un dispositif pour en atténuer l’impact sur les banques, jusqu’à un nouveau programme de rachats de dette sur le marché.

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