Globalia ou le terrorisme comme arme suprême de l’oligarchie mondiale pour tuer la démocratie

Si comme moi, vous avez lu « Globalia », de Jean-Christophe Rufin, aussi monstrueux et inhumain que cela soit, ce qui s’est passé  le 14 juillet 2016 à Nice, le 13 novembre 2015 à Paris au Bataclan, le  7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo,  et désormais en Catalogne  à Barcelone et Cambrils ne vous a peut-être pas entièrement surpris.
Le thème de Globalia ? le terrorisme. Ou plutôt  : à qui profite le terrorisme … livre tout de même écrit par l’ancien ambassadeur de France au Sénégal en poste de 2007  à 2010, homme qui sait de quoi il parle et qu’on peut difficilement targuer de conspirationnisme.

Et c’est là où le choc qui a secoué cette semaine toute la population française plongeant le pays dans l’effroi  revêt toute son importance.

Alors reprenons.

Globalia s’offre – à l’origine – comme une société «parfaite», un Etat « parfait » ayant réussi à unifier toutes les nations que nous connaissons aujourd’hui et isolé du reste du monde (les «non-zones») par une bulle de verre sous laquelle le climat est réglé par des canons à beau temps.

Son organisation et ses fondements ? une gouvernance mondiale ou plutôt une extension de la mondialisation, la globalisation poussée à son paroxysme. Laquelle passerait par la disparition des États, des religions, des références culturelles et identitaires, une abolition de toutes les frontières et de toutes les normes plus ou moins nationales, afin de créer une seule et unique identité, celle de citoyen du monde.

Un contexte – de prime abord – propice à la paix. Et à un immense et unique marché mondial, global, ou les profits ne connaîtraient plus aucune limite. Permettant au final à quelques très grandes firmes transnationales de multiplier leurs gains en détenant de façon antidémocratique de plus en plus de pouvoir.

Un endroit merveilleux de prime abord qui aurait – officiellement – pour souci de rendre ses citoyens heureux, les libérant de toutes contraintes matérielles en les prenant en charge de la naissance à la mort et disposant des moyens médicaux assurant une vie en bonne santé bien au-delà des cent ans.

Bien sur, pour être efficace, la machine Globalia devra au préalable laminer les États, plomber les communautés nationales, réduire l’homme uniquement à sa composante matérialiste, en faire un simple consommateur. En développant avant tout l’individualisme, l’égoïsme, le changement voire l’absence de valeurs fondamentales permettant d’éviter toute opposition structurée.

Car dans Globalia, l’homme y est considéré comme une espèce potentiellement dangereuse, livres, papier et stylos ont disparu (tiens ….!), les cartes géographiques ont été abolies et l’apprentissage de l’Histoire s’apparente à un délit.

Le drapeau de Globalia compte 250 étoiles, sa langue officielle est l’anglobal, la monnaie le globar et la devise «In Globe we trust» compte trois points : séparation stricte et définitive entre Globalia et les « non-zones », destruction de toute forme d’organisation politique dans lesdites non-zones … et maintien d’un haut degré de cohésion grâce à une forte armature de sécurité intérieure. Cerise sur le gâteau : dans ces « non-zones »vivent des tribus dont les membres sont désignés comme terroristes potentiels voulant la destruction de Globalia.

Car la recette « miracle » pour assurer la cohésion de Globalia, c’est la peur. Laquelle est agitée via trois « leviers » : le terrorisme, les risques écologiques et la paupérisation. Cela ne vous rappelle rien ?

Or, survient un jour où Globalia est confronté à un grave problème … : elle n’a plus d’ennemi …. ! Ce qui, convenez-un, est un facteur important d’explosion sociale, la peur de l’autre, de la mort et du ciel qui peut nous tomber sur la tête, assurant, vous en conviendrez, une cohésion du plus bel effet.

Les burocrates du BIM (Bureau d’identification de la menace), chargés de l’application concrète du slogan «La surveillance, c’est la liberté» tentent alors de trouver une « solution » .

«Un bon ennemi est la clef d’une société équilibrée », explique ainsi l’énigmatique et tout puissant Ron Altman dont nous nous apercevrons au final qu’il est loin d’être éloigné du monde de la finance planétaire désormais aux mains d’oligarques prêts à tout pour assurer leur pouvoir.
Face au problème crucial auquel il est confronté – « nous n’avons plus d’ennemi digne de ce nom, nous avons trop affaibli les non-zones » – notre homme trouvera au final une solution pour le moins explosive : « il ne suffit plus de perpétuer les formes de la tragédie, il nous faut un héros pour l’incarner » telle sera sa nouvelle devise. Sa stratégie sera alors bâtie autour d’un axe  : la création d’un «Nouvel Ennemi».

Suivez mon regard ….

Bien évidement, la télévision de Globalia ne cesse de proclamer que les citoyens nagent en pleine « démocratie idéale  où chacun y est libre de ses actes ». Le hic ? La fâcheuse « tendance naturelle des êtres humains » … « d’abuser de leur liberté, c’est-à-dire d’empiéter sur celles des autres ».

« La plus grande menace sur la liberté, c’est la liberté elle-même » prône un slogan « globalien ». Alors « comment défendre la liberté contre elle-même? » La solution « globalienne » est la suivante « en garantissant à tous la sécurité. La sécurité, c’est la liberté. La sécurité, c’est la protection. La protection, c’est la surveillance. La surveillance, c’est la liberté. »

Une référence à peine voilée à la justification du Patriot Act US et aux autres lois sécuritaires déployées au niveau mondial … et désormais en France ?

Vous ne pourrez plus dire que Jean-Christophe Rufin ne vous avait pas prévenu quand Manuel Valls arrivera prochainement à faire passer des lois liberticides pour officiellement vous protéger et protéger votre liberté écrivais-je déjà en janvier 2015 …

Pour en revenir au monde d’aujourd’hui, en y adaptant les « concepts » de Globalia, il ne semble pas totalement irréaliste d’imaginer que les mouvements islamophobes puissent servir au final les intérêts de l’oligarchie mondialiste, laquelle pourrait être tentée – si ce n’est déjà fait – de jouer sur les conflits communautaires pour renforcer son pouvoir. Et de diviser pour mieux régner … Une recette qui a prouve son « efficacité » à moult reprises. Et qui est clairement reprise par les « maîtres » de Globalia.

Mieux encore : le « matraquage médiatique anti-Islam » comme le dit lui-même Nicolas Bourgoin, démographe, docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et enseignant-chercheur a également « la vertu de préparer l’opinion publique à de nouvelles guerres sous couvert d’éradication du « terrorisme »permettant au passage de justifier dépenses militaires – à la plus grande joie des lobbies – et surveillance renforcée des populations. Des propos qui résonnent tout particulièrement à la lecture des  avertissements de Manuel Valls sur le sujet. Lequel  n’hésitait plus à affirmer dans les colonnes du JDD  après l’attentat de Nice : « j’ai toujours dit la vérité sur le terrorisme : on nous mène une guerre, il y aura de nouveaux attentats. C’est difficile à dire, mais d’autres vies seront fauchées. » Ajoutant : « le terrorisme fait partie de notre quotidien pour longtemps ».

Mieux encore : la propagande islamophobe permet de créer de toute pièce le portrait-robot d’un coupable idéal, lequel s’avérera bien utile pour gommer toute responsabilité des gouvernements … et des institutions telles que BCE et FMI  … dans l’avènement de la crise.

Cette « victime de substitution » disposant – toujours selon Nicolas Bourgoin – de toutes les bonnes vieilles qualités du bouc émissaire : « économiquement dominé, socialement isolé et politiquement fragile ».

Elisabeth Studer – 27 aout  2017www.leblogfinance.com

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