La Banque de France à peine moins optimiste pour l’économie française, malgré la 5e vague et Omicron

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La cinquième vague de Covid-19 et le variant Omicron pourraient faire hoqueter la croissance française l’an prochain, mais l’économie hexagonale devrait avoir d’ici 2024 effacé les stigmates de la pandémie et retrouvé son rythme de croisière d’avant-crise, selon la Banque de France.

L’institution a dévoilé dimanche ses projections macroéconomiques à horizon 2024, dans lesquelles elle abaisse très légèrement (de 0,1 point) sa prévision de croissance pour 2022, anticipant désormais une hausse du Produit intérieur brut (PIB) de 3,6%, après 6,7% en 2021.

Un chiffre plus prudent que les 4% encore avancés par le gouvernement, mais loin du coup de tonnerre adressé en Allemagne par la Bundesbank qui a abaissé d’un point à 4,2% sa prévision de croissance pour l’économie allemande.

« Nous prévoyons un léger ralentissement début 2022 lié à la nouvelle vague Covid, mais ensuite la croissance reprendrait », a déclaré aux Echos le gouverneur de la banque centrale, François Villeroy de Galhau.

Une croissance qui restera « très solide », a estimé Olivier Garnier, le directeur général de l’institution, lors d’une conférence de presse.

Et ce qui n’aura pas été gagné l’an prochain sera rattrapé l’année suivante, anticipe la banque centrale française, puisqu’elle a relevé de 0,3 point, à 2,2%, sa prévision de croissance pour 2023.

Avec une progression du PIB prévue de 1,4% en 2024, « on rejoint progressivement la tendance de croissance qui était celle d’avant-crise », ce qui n’avait pas été le cas après la crise financière de 2008, a souligné Olivier Garnier.

Pas de « cicatrice »

Cela signifie que « la crise n’a pas laissé de cicatrice en terme de niveau de production et de production potentielle », grâce notamment au plan de relance et au plan d’investissement France 2030, ainsi qu’au « dynamisme du marché du travail ».

Mais ce serait insuffisant pour amorcer le désendettement du pays, prévient M. Garnier : en 2024, le déficit public resterait encore proche de 3,5% du PIB et la dette stable autour de 115% du PIB, malgré l’arrêt des dépenses liées à l’épidémie.

Pour avoir plus de croissance sur le long terme, il faut augmenter « l’offre de travail » et « les compétences disponibles pour les entreprises » qui « devront faire une meilleure place aux seniors », selon M. Villeroy de Galhau, qui appelle aussi à « aller plus loin sur l’apprentissage ».

En attendant, le retour à la trajectoire de croissance d’avant-crise sera porté par une consommation « plus soutenue », les ménages commençant à puiser dans le surplus d’épargne de 170 milliards d’euros engrangé pendant la crise, selon la Banque de France, qui estime qu’ils devraient en avoir dépensé un cinquième d’ici 2024.

Les entreprises devraient aussi maintenir un niveau d’investissement élevé grâce à des marges préservées pendant la pandémie.

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A l’inverse, la contribution du commerce extérieur, toujours à la traîne dans certains secteurs, « ne se redresserait pas en 2022 ».

Nouveau régime d’inflation

La croissance se traduirait également par une hausse de l’emploi, avec un taux de chômage autour de 7,9% en 2022, ainsi qu’une progression du pouvoir d’achat, soutenu par des hausses de salaires.

La Banque de France souligne toutefois l’incertitude liée à l’évolution de la situation sanitaire. Elle présente d’ailleurs un scénario alternatif, en cas d’imposition de restrictions supplémentaires au premier semestre 2022, qui conduirait à une croissance plus faible l’an prochain en France (environ +2,2%), mais qui se rattraperait en 2023 (+3,5%).

Les difficultés d’approvisionnement et de recrutement pourraient également ternir la trajectoire si elles durent plus longtemps qu’anticipé.

Quant à l’inflation, dont la poussée ces derniers mois est devenue la « première préoccupation » du ministre de l’Economie Bruno Le Maire, et contre laquelle le gouvernement a multiplié les gestes à destination des ménages, en particulier modestes (chèque énergie supplémentaire, indemnité inflation, gel du prix du gaz, etc.), la Banque de France voit deux phases se succéder.

Après un pic à 3,5% fin 2021 du taux harmonisé d’inflation (utilisé pour permettre des comparaisons européennes, et intégrant davantage les prix de l’énergie que l’indice publié par l’Insee en France), l’inflation resterait à un niveau supérieur à 2% une grande partie de 2022, avant un reflux autour de 1,5% en 2024, soit un niveau supérieur à celui d’avant-crise et plutôt identique à celui observé avant la crise financière de 2008.

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