Alors que mi-décembre, la question d’une était sur toutes les lèvres ou presque des économistes et financiers africains, l’ambassadeur de France au , Nicolas Normand, a indiqué dimanche que de telles mesures n’étaient pas d’actualité. S’exprimant lors de l’émission Grand Jury de la Radio Futurs Médias (RFM, privée), le diplomate a justifié ses propos en rappelant que la dernière dévaluation du franc CFA en 1994 avait été précédée pendant deux ans, par des débats, en France « sur l’intérêt économique ou non de faire cette dévaluation ». L’ambassadeur a par ailleurs tenu à rappeler que « ce genre de décision est prise par tous les chefs d’Etat de la zone franc réunis« . Ajoutant de surcroît que si aucun économiste ne recommandait une dévaluation, c’est donc qu’elle ne « présenterait aucun intérêt économique ». Selon Nicolas Normand, ‘‘le débat ne se pose pas en France. Personne ne le recommande donc il n’y a aucune raison de le faire’‘. Certains économistes n’hésitent pas à parler de véritable « drame social » engendré par la dévaluation décidée en 1994 par les autorités françaises, largement influencées par le FMI (Fonds monétaire international) et la Banque mondiale. Les institutions de Breton Woods avaient alors justifié leur position en arguant que le franc Cfa, arrimé au franc français était surévalué, rendant – selon elles – les pays africains dotés de cette devise moins compétitifs à l’exportation. Mais selon certains, la dévaluation du franc Cfa avait au final réduit le pouvoir d’achat des consommateurs, sans rétablir comme initialement prévue la compétitivité externe des économies concernées et le redressement de leurs balances commerciales. L’ a quant à lui récemment estimé lors d’un entretien accordé à RFI que les pays de la zone Cfa devraient en finir avec le spectre de la dévaluation en arrimant leur monnaie commune à ‘‘un panier de devises étrangères », tout en pensant à l’importance des échanges avec certains pays émergents comme l’Afrique du Sud et la Chine. Selon, l’ancien cadre à la Banque africaine de développement et économiste sénégalais, le « . Il estime que c’est « . Observant même que « chaque fois qu’elle est en difficulté, notamment en période de crise économique, elle tente de tirer au maximum profit du Fcfa ». Selon lui l’enjeu du dossier est bien là : « dévaluer le Fcfa permettrait ainsi à la France de mieux résister à la crise ». Pour lui, les conséquences d’une dévaluation seraient catastrophiques. de telles mesures étant même susceptibles de créer « une implosion », tant « les conditions de vies des populations se détérioreraient ». Il estime par ailleurs que les pays de la zone franc ne pourraient pas faire face à une nouvelle dévaluation le cas échéant, ne disposant de rien d’autres à exporter – en grande partie vers la l’Europe et la France – que des matières premières, sans être en mesure de réduire leurs importations. De sérieux avantages pour la France mais un véritable danger économique et social pour l’Afrique … Sanou Mbaye considère enfin que le taux de change élevé du Fcfa permet aux entreprises françaises tels que Bouygues, Société générale, BNP Paribas, Bolloré, d’évitertoute dépréciation de leur gain. Depuis quelques semaines déjà, autorités et banquiers se veulent rassurants face à des rumeurs qui vont bon train … mais ne dit-on pas qu’il n’y a pas de fumée sans feux ?
Sources : afrik.com, Nouvel Horizon, AP Sénégalaise
