L’agence Fitch abaisse la perspective de la France

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L’agence de notation Fitch a abaissé vendredi de « stable » à « négative » la perspective de la France, craignant une détérioration des finances publiques et de l’économie cette année, mais sans toucher pour l’instant à sa note « AA ».

« L’abaissement de la perspective reflète la dégradation substantielle attendue cette année des finances publiques et de l’activité économique en raison de l’épidémie de Covid-19 », a expliqué l’agence dans un communiqué.

« La dégradation des paramètres des finances publiques se produira dans un contexte d’un niveau d’endettement déjà élevé (…), des progrès limités dans la consolidation budgétaire depuis la crise financière (de 2008) et une croissance économique modérée », a-t-elle ajouté.

Fitch a toutefois souligné que « les paramètres du secteur bancaire suggèrent que les banques françaises sont bien positionnées pour faire face à la pression de la crise du coronavirus sur les actifs ».

Après cette décision, Fitch dispose de deux années pour abaisser éventuellement la note de la France, qui influence les conditions auxquelles le pays peut emprunter de l’argent sur les marchés financiers.

A la mi-février, l’agence de notation financière Moody’s avait également abaissé la perspective de la France, mais en la ramenant de « positive » à « stable », en raison de l’efficacité moins forte que prévu des mesures fiscales pour enrayer le creusement du déficit public.

Elle avait également laissé inchangée sa notation de la France (« Aa2 »).

Début avril, l’agence S&P, avait de son côté maintenu sa note de la France à « AA », sans toucher en revanche à sa perspective, qu’elle avait maintenue « stable ».

Le dernier budget rectificatif français pour 2020, approuvé fin avril, intègre une prévision de contraction du produit intérieur brut (PIB) de 8%, un déficit public de 9,1% et une dette publique de 115% du PIB. Très loin des règles européennes qui plafonnent le déficit à 3% et la dette à 60% du PIB.

« Nous sommes dans le montant de déficit et de dette jamais atteint depuis la seconde guerre mondiale », avait reconnu à l’époque le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, estimant toutefois que « la France continue de pouvoir emprunter dans des conditions satisfaisantes (…) avec des taux bas ».

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