Le marché parallèle du tabac fait perdre 2,5 à 3 milliards d’euros au fisc

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Le marché parallèle du tabac fait perdre au fisc 2,5 à 3 milliards d’euros par an, affirme un rapport parlementaire qui estime les volumes brassés illégalement en France, à partir du bond des ventes des buralistes pendant le confinement, qui a stoppé net les achats transfrontaliers.

Créée en janvier 2021, la “mission d’information sur la consommation de tabac et le rendement de sa fiscalité pendant le confinement”, fait 11 propositions pour “limiter les pratiques de contournement” qui alimentent ce trafic, dans ses conclusions publiées mercredi.

Elle s’appuie sur le “laboratoire grandeur nature qu’a constitué le confinement, pour mesurer objectivement l’ampleur du marché parallèle de tabac et ses conséquences fiscales”, résument les corapporteurs, les députés Éric Woerth (LR), président de la Commission des finances, et Zivka Park (LaREM).

“Le confinement du 16 mars 2020 au 11 mai 2020, et la fermeture des frontières, du 16 mars au 14 juin 2020, ont reconfiguré les canaux d’approvisionnement du tabac” estiment-ils, car “le marché parallèle s’est pratiquement éteint” sur une période où les achats transfrontaliers -motivés par une fiscalité inférieure- ou à la sauvette, hors circuit légal, étaient impossibles.

En revanche, “les buralistes ont pu poursuivre leur activité et capter l’intégralité de la demande de tabac”, ce qui conduit les rapporteurs à estimer que “le marché parallèle du tabac est compris entre 14 et 17% de la consommation totale de tabac, tous produits confondus” et même “27 à 29% pour les départements frontaliers”, affirme ainsi le rapport.

Cela représente “9 à 12%” de la consommation de cigarettes et “29 à 32%” de celle de tabac à rouler, et se traduit par des pertes de recettes “comprises entre 2,5 et 3 milliards d’euros” pour le fisc, “2 et 2,4 milliards d’euros” pour la Sécurité sociale et 500 à 600 millions d’euros de TVA non recouvrée, affirme le rapport.

Pour “limiter les pratiques de contournement” des fumeurs, les parlementaires proposent de “négocier une plus forte harmonisation” de la fiscalité sur le tabac au niveau européen et de créer “une plateforme communautaire de notification des achats réalisés par des ressortissants d’un autre pays de l’Union européenne dépassant les seuils d’importation autorisés”.

Il préconise aussi notamment de renforcer les moyens de contrôle des Douanes, d’aligner les quantités de produits pouvant être importées d’Andorre -où les prix sont trois fois inférieurs à ceux de l’Hexagone- sur celles prévues pour les autres Etats hors UE, et de sanctionner aussi durement la contrebande de tabac que le trafic de stupéfiants.

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