L’enthousiasme retombe pour le marché parisien

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Le rendez-vous des “trois sorcières” avec les marchés financiers a conduit à une séance heurtée pour le CAC 40. Soutenu initialement le geste de la banque centrale chinoise en faveur du crédit, l’indice parisien a effacé l’essentiel de ses gains initiaux. Le secteur du luxe a joué les trouble-fêtes, sous pression après la déception du géant helvète Richemont.

Finalement le rebond a tourné court, le CAC 40 reperdant du terrain à l’échelle hebdomadaire et échoue à poursuivre son rebond de la semaine passée… Après avoir engrangé 1,67% au meilleur de la séance, la Bourse de Paris a fini sur un gain limité à 0,20% à 6285,24 points. En rythme hebdomadaire, le CAC 40 abandonne donc plus de 1,3%, portant le repli à 11,55% depuis le début de l’année. Pourtant, les planètes étaient alignées pour permettre à l’indice de monter dans le train de la hausse, après l’annonce du soutien que s’est décidée à accorder la banque centrale chinoise, en opérant sur l’un de ses taux directeur la plus forte baisse depuis 2019.

La politique des différents décideurs chinois a largement déconcerté pour ne pas dire déçu les investisseurs depuis quelques trimestres, entre les coups de règle sur les doigts des acteurs locaux des nouvelles technologies et à l’heure actuelle la poursuite d’un insaisissable objectif zéro-Covid au prix de sévères confinements entravant lourdement l’activité économique, comme l’ont montré les statistiques de mars et avril derniers. La Banque populaire de Chine, la banque centrale de la deuxième économie mondiale, semble quant à elle désormais décidée à se montrer plus active dans le soutien à la croissance.

De façon inattendue, elle a annoncé réduire un de ses principaux taux directeurs, servant de référence aux banques commerciales pour les emprunts immobiliers de 4,6% à 4,45%. Une mesure certes assez ciblée, mais le geste est notable puisqu’il s’agit de la plus forte détente appliquée depuis que ce taux a rejoint l’arsenal de la PBC en 2019, faisant espérer que le prochain geste sera une détente plus marquée de la politique monétaire globale…

Mais les trois sorcières, correspondant à la journée où expire simultanément plusieurs produits dérivés – à l’exception des contrats à terme sur actions dont l’échéance est exclusivement trimestrielle – ont terni les velléités de rebond, en plus de la déroute du secteur du luxe à l’écoute des perspectives décevantes du géant suisse Richemont.

À Wall Street, l’ambiance est également retombée comme un soufflé. Les indices américains qui tentent d’infléchir une tendance baissière, peinent pour l’instant à parvenir à leur but et se dirigent même vers une septième semaine consécutive en territoire négatif (voire une huitième pour le Dow). Le Nasdaq lâche plus de 1% quand le Dow Jones et le S&P 500 redonnent près de 1%.

À Paris, Unibail-Rodamco clôture la semaine en tête du CAC 40 à la faveur d’un gain de 2,89% alors que Xavier Niel augmente sa participation dans l’exploitant des centres commerciaux à plus de 27%. Veolia Environnement gagne 2,74%, porté par une note d’Oddo qui confirme son opinion positive sur le dossier. Les défensives Sanofi (+2,24%) et Danone (+1,40%) sont également bien orientées à la clôture vendredi.

Le compartiment du luxe a donc perdu de sa superbe, plombé par la déception Richemont alors que les perspectives du secteur sont assombries par la situation en Chine. LVMH, lanterne rouge redonne plus de 2% quand Hermès plie de 1,94%. Hors indice vedette, Christian Dior lâche 2,2%.

Le pétrole en hausse

Pour sa part Air-France KLM (+1,06%) profite aussi de l’annonce d’un apport de 500 millions d’euros d’argent frais via l’ouverture du capital d’une filiale dédiée aux moteurs au fonds Apollo.

Puni la veille à l’annonce de son projet de renforcer significativement sa participation au capital d’Elior, Derichebourg remonte de 1,13%, tandis qu’EDF prend 1,35% après avoir communiqué un nouveau retard du calendrier de la construction de nouveaux réacteurs à Hinkley Point en Grande-Bretagne.

La détente opérée par la Chine sur le crédit a donné un coup de fouet aux cours pétroliers, passés de 106 à 112 dollars au cours de la séance asiatique, le Brent et le WTI s’affichant dorénavant au même prix à quelques centimes près (112,02 pour le baril de brut texan, 112,20 dollars pour celui de la mer du Nord). TotalEnergies ne gagne plus que 0,35% alors que Vallourec décolle de 6,75%.

Du côté des changes la parité euro/dollar évolue peu à 1,0557.

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