HSBC a dévoilé le nom de son futur stablecoin adossé au dollar de Hong Kong, baptisé HSBC RedCoin. Le jeton sera lancé au second semestre 2026 et distribué, dans un premier temps, uniquement via l’application de paiement PayMe et l’application mobile d’HSBC à Hong Kong. Il sera émis sous la licence d’émetteur de stablecoins accordée à la
banque par l’Autorité monétaire de Hong Kong le 10 avril 2026, sous le numéro FRS02.
Un déploiement par étapes
La
banque prévoit un lancement progressif. La première phase portera sur des usages de détail : les virements entre particuliers et les paiements chez les commerçants. Les usages destinés aux entreprises et aux institutions financières suivront dans un second temps. Aucune cotation sur des plateformes d’échange de cryptoactifs n’est prévue au lancement. Chaque jeton sera adossé à parité à un dollar de Hong Kong et couvert en permanence par des actifs liquides de haute qualité, détenus sur des comptes ségrégués. La directrice générale d’HSBC à Hong Kong, Maggie Ng, présente le projet comme le prolongement de la participation de la
banque au programme pilote e-HKD+ de l’Autorité monétaire, au projet Ensemble et à une expérimentation de dépôts tokenisés.
Un instrument de paiement, pas un placement
HSBC accompagne l’annonce d’un programme pédagogique diffusé sur ses applications, son site et ses réseaux sociaux, centré sur la prévention des fraudes et les modalités de remboursement. Une enquête menée par la
banque auprès de plus de 1 000 clients hongkongais a montré que 10 % d’entre eux pensaient qu’un stablecoin produisait des intérêts. Le cadre réglementaire de Hong Kong exclut cette possibilité : le stablecoin y est défini comme un instrument de paiement et non comme un produit d’
épargne. La
banque rappelle qu’aucun jeton HSBC n’a encore été émis. L’Autorité monétaire avait signalé dès avril la circulation de jetons frauduleux utilisant les noms « HSBC » et « HKDAP », sans lien avec les émetteurs agréés.
Un régime hongkongais très sélectif
La Stablecoins Ordinance, entrée en vigueur le 1er août 2025, impose une licence de l’Autorité monétaire pour émettre à Hong Kong un stablecoin adossé à une monnaie officielle, ou tout stablecoin référencé sur le dollar de Hong Kong. Trente-six entités avaient déposé un dossier lors de la première vague de candidatures, close le 30 septembre 2025. Deux licences seulement ont été accordées : à HSBC et à Anchorpoint Financial, coentreprise réunissant Standard Chartered Bank (Hong Kong), l’opérateur HKT et Animoca Brands. Anchorpoint a engagé en août le déploiement progressif de son propre stablecoin, le HKDAP. L’Autorité monétaire a indiqué ne pas prévoir de nouvelle vague d’agréments à brève échéance. La distribution via PayMe constitue un avantage commercial notable : l’application de paiement entre particuliers d’HSBC revendique environ 3,3 millions d’utilisateurs à Hong Kong.
Les banques européennes sur la même trajectoire
Le mouvement trouve un écho direct en Europe, où le règlement MiCA encadre depuis le 30 juin 2024 l’émission de jetons de monnaie électronique adossés à une devise. Douze
banques européennes, dont BNP Paribas, ING, UniCredit, BBVA, CaixaBank et DZ Bank, se sont regroupées au sein de Qivalis, coentreprise basée à Amsterdam, pour émettre un stablecoin adossé à l’euro. La structure a sollicité un agrément d’établissement de monnaie électronique auprès de la
Banque centrale néerlandaise et visait un lancement au second semestre 2026. Société Générale dispose déjà, via sa filiale Société Générale-Forge, de deux stablecoins conformes à MiCA, l’un adossé à l’euro et l’autre au dollar. Ces initiatives privées coexistent avec le projet d’euro numérique de la
Banque centrale européenne, monnaie de
banque centrale dont la première émission n’est pas envisagée avant 2029, sous réserve de l’adoption du règlement européen correspondant. L’enjeu dépasse le seul marché des paiements de détail. Le marché mondial des stablecoins reste dominé par des jetons adossés au
dollar américain émis par des acteurs non bancaires. L’entrée de grandes
banques réglementées, à Hong Kong comme en Europe, vise à proposer une alternative adossée à leur bilan et soumise à la supervision prudentielle, sur un segment appelé à servir d’infrastructure pour le règlement d’actifs tokenisés.