Boeing reconnaît qu'un capteur pourrait être en cause dans le crash en Indonésie

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Boeing a implicitement reconnu mercredi qu’un capteur pourrait être en cause dans l’accident d’un 737 de la compagnie Lion Air la semaine dernière et mis à jour ses instructions pour les compagnies aériennes qui seraient confrontées au même problème.

Le constructeur aéronautique américain explique, dans un communiqué, que les pilotes du vol qui s’est abîmé en mer de Java, faisant 189 morts, ont pu recevoir de fausses indications du système d’information de l’appareil avant l’accident, selon les premiers éléments issus de la boîte noire.

« Le comité de sécurité des transports indonésien a indiqué que le vol 610 de Lion Air a reçu des informations erronées d’un des capteurs d’incidence (AOA, Angle of Attack sensor) », a indiqué le constructeur.

Boeing a publié une actualisation « de son manuel d’exploitation indiquant aux opérateurs les procédures que les équipages doivent suivre en cas d’informations erronées issues de (ces) capteurs », poursuit-il.

– Capteurs d’incidence défectueux –

Ces appareils, aussi appelés sondes d’angle d’attaque, donnent l’angle de vol de l’appareil et sont potentiellement des avertisseurs de décrochage.

Mais Boeing ne précise par si l’erreur se situe au niveau du capteur ou des systèmes avioniques, ou des deux en même temps, note un expert aéronautique qui ne souhaite pas être identifié, interrogé par l’AFP.

Accident d'avion en Indonésie (AFP - John SAEKI)

Accident d’avion en Indonésie (AFP – John SAEKI)

Le vol JT610 opéré par Lion Air à destination de Pangkal Pinang a plongé à grande vitesse dans la mer de Java moins d’une demi-heure après avoir décollé de Jakarta le 29 octobre. Ce plongeon inexpliqué a entraîné la mort des 189 passagers et membres d’équipage.

L’appareil en cause était un Boeing 737-Max 8, un des plus récents modèles du constructeur. Et l’appareil n’était entré en service qu’au mois d’août dans la flotte de la compagnie à bas coût.

Un rapport préliminaire sur les causes de l’accident est attendu à la fin du mois.

Les enquêteurs indonésiens ont indiqué que l’appareil avait enregistré des problèmes techniques au cours de ses quatre derniers vols, dont un vol marqué par des problèmes simultanés des capteurs d’incidence et de l’anémomètre, qui mesure la vitesse.

Au cours d’un vol entre Bali et Jakarta, le dernier avant le crash, les deux capteurs d’incidence de l’appareil montraient une différence de 20 degrés, alors qu’ils auraient dû être alignés, a indiqué Soerjanto Tjahjono, chef du comité de sécurité des transports indonésien.

Mais le pilote a réussi malgré ce problème à faire atterrir l’appareil à Jakarta. L’avion a fait l’objet de réparations avant d’être remis en service.

Les autorités indonésiennes se sont fondées sur cet incident pour inciter Boeing à rappeler les procédures à suivre pour les compagnies aériennes qui seraient confrontées à la même situation, a noté le responsable indonésien.

La sonde défaillante du vol Bali-Jakarta, qui avait été remplacée, sera envoyé au constructeur pour examen, a-t-il ajouté.

– Les recherches prolongées –

Les secours ont parallèlement annoncé mercredi qu’ils allaient prolonger leurs recherches pendant trois jours pour tenter de retrouver de nouveaux corps et débris de l’appareil.

La marine et les équipes de police et de volontaires qui prêtaient main forte aux secours vont se désengager et seuls les services de secours vont poursuivre leurs efforts.

Les proches de Hizkia Jorry Saroinsong, une des victimes du crash du Boeing de Lion Air, portent son cercueil lors de ses funérailles à Jakarta, en Indonésie, le 5 novembre 2018 (AFP - BAY ISMOYO)

Les proches de Hizkia Jorry Saroinsong, une des victimes du crash du Boeing de Lion Air, portent son cercueil lors de ses funérailles à Jakarta, en Indonésie, le 5 novembre 2018 (AFP – BAY ISMOYO)

186 sacs mortuaires contenant des restes humains ont été récupérés. Mais seules 44 victimes ont été identifiées jusqu’à présent, a indiqué Muhammad Syaugi, responsable des services de secours au cours d’une conférence de presse.

Les plongeurs ont récupéré une des « boîtes noires », contenant les données du vol. Ils recherchent toujours la deuxième, qui contient les enregistrements des communications de l’équipage et pourrait apporter des éléments précieux sur la façon dont ont réagi les pilotes confrontés aux problèmes techniques.

Cet accident a renouvelé les inquiétudes sur la sécurité aérienne en Indonésie alors que Lion Air a été interdit de vol dans le ciel européen jusqu’en 2016.

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