Goldman Sachs : le secteur M&A supprimerait des postes en Asie

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Tout ne peut pas sourire tout le temps à Goldman Sachs. La sulfureuse banque qui fait couler bien d’encre … se verrait contrainte de supprimer près de 30% de ses 300 postes de ces structures asiatiques dédiées aux banques d’investissement. Le ralentissement de l’activité de la pieuvre financière en Asie justifierait de telles décisions, sans que toutefois le Japon ne soit impacté. C’est en tout cas ce que viennent d’indiquer des indiscrétions émanant de deux sources distinctes.

Ces dernières précisent par ailleurs que Goldman Sachs réduirait ses équipes dans les fusions-acquisitions (M&A pour Mergers and Acquisitions) et sur les marchés primaires. Au final, ses effectifs dans la région seraient réduits à un peu plus de 200 personnes.

La plupart des suppressions de postes devraient avoir lieu à Hong Kong, à Singapour et en Chine continentale, où se trouvent les plus importants bureaux du groupe en Asie. Selon les informateurs, le processus de réduction d’effectifs serait en cours. Néanmoins, un porte-parole de Goldman Sachs s’est refusé à tout commentaire à l’heure actuelle.

Pour rappel, les revenus de banque d’investissement du groupe ont chuté de 11% à 1,79 milliard de dollars (1,59 milliard d’euros) au deuxième trimestre 2016. Ils pâtissent notamment de la baisse du marché asiatique des M&A. Selon les données Thomson Reuters, la valeur totale des opérations de fusions-acquisitions en Asie-Pacifique est tombée à 572,9 milliards de dollars depuis le début de 2016 contre 745,7 milliards sur la même période 2015.

En juillet dernier, Goldman Sachs a lancé un plan de réduction de ses coûts avec pour objectif d’économiser 700 millions de dollars par an. En 2015 déjà, si l’on en croit plusieurs sources, elle aurait ramené le nombre de ses banquiers d’investissement à Singapour de 50 à environ 35.

En février dernier, Gregg Lemkau, co-responsable de Global Fusions et acquisitions (M & A) dans la division Investment Banking de Goldman Sachs, expliquait pour sa part comment la finance et la volatilité du marché pétrolier  affectaient nombre de décisions d’entreprises et en quoi la réglementation pouvait être un obstacle croissant à la poursuite d’opérations de consolidation à grande échelle. « Tous les facteurs qui étaient en place l’an dernier sont toujours en place » avait-il indiqué, ajoutant : « mais nous avons eu en pleine face la volatilité du marché. Et la volatilité n’est pas l’ami du secteur M & A. »

A noter que plusieurs de ses concurrentes européennes – telles que Barclays ou la Société générale – ont également déclaré vouloir réduire leur présence en Asie. En octobre dernier, la Société Générale avait annoncé qu’elle allait mettre un terme à ses activités de fusion-acquisition dans les secteurs des métaux et des mines. Sans toutefois fournir plus d’éléments le nombre de personnes concernées par cette décision. Si ses motivations n’étaient pas clairement affichées, il est indéniable que le secteur minier pâtit depuis plusieurs mois des inquiétudes entourant le ralentissement économique en Asie. Une note de l’agence Moody’s Investor Services estimait à la même période que ce secteur s’annonçait le plus vulnérable à un ralentissement chinois.

Sources : Reuters, AFP

Elisabeth Studer – 24 septembre 2016 – www.leblogfinance.com

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