Les Etats-Unis deviennent une « ploutocratie », estime un ex-président de la Fed

Mots-clefs : , , , ,

L’ex-président de la Fed, Paul Volcker, une légende de la finance, crédité pour avoir dompté l’inflation dans les années 80, a déploré mardi que les Etats-Unis devenaient « une ploutocratie » dirigée par les plus riches.

« Nous sommes dans un sacré bourbier », a affirmé dans une interview au New York Times l’ancien patron de la banque centrale américaine (1979-1987). Agé de 91 ans, M. Volcker, qui s’apprête à publier des mémoires, s’exprime rarement sur la situation politique et économique.

« Le gros problème c’est que nous sommes en train de développer une ploutocratie », une société gouvernée par les plus privilégiés, a affirmé l’ancien banquier central.

« Nous avons un nombre énorme de gens énormément riches qui se sont persuadés qu’ils le sont parce qu’ils sont intelligents et constructifs. Ils n’aiment pas le gouvernement et ils n’aiment pas payer des impôts », a ajouté celui qui fut aussi le conseiller économique en chef du président Obama.

Déplorant « la perte de respect » pour les institutions dont la Réserve fédérale, alors que le président Trump n’a de cesse de critiquer ouvertement la politique monétaire de la Fed, M. Volcker se remémore dans son livre les pressions qu’il a lui-même subies de la part de l’administration Reagan.

Convoqué en 1984 dans la bibliothèque présidentielle attenante au Bureau ovale, il se rappelle que le président Reagan « n’a pas dit un mot » mais que son directeur de cabinet James Baker lui a intimé « l’ordre de ne pas relever les taux d’intérêt avant les élections ».

« J’étais sonné », raconte M. Volcker qui à l’époque n’avait pas l’intention d’opérer un tour de vis monétaire. « J’ai supputé ensuite que la bibliothèque avait été l’endroit choisi car contrairement au Bureau ovale, elle n’était probablement pas équipée de système d’enregistrement ».

Dans son livre à paraître le 31 octobre (« Keeping at it: The Quest for Sound Money and Good Government » – « A la recherche d’une monnaie saine et d’un bon gouvernement »), M. Volcker raconte aussi qu’il a rencontré Donald Trump deux fois avant que celui-ci ne devienne président.

La première fois, il s’est fait héler dans les rues de Manhattan par le magnat de l’immobilier qui voulait le saluer: « Hey Paul ! Paul ! Hello, je suis Donald Trump ! », avait lancé celui-ci.

Une seconde fois, il a déjeuné avec la star de télé-réalité pour lui demander d’utiliser son émission « The Apprentice » pour lever des fonds pour une organisation caritative. « Idée intéressante », aurait affirmé Donald Trump sans donner suite.

Challenges en temps réel : Économie

Partager cet article