Maroc : accord avec Chevron pour l’exploration de pétrole

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La malédiction du pétrole va-t-elle frapper le Maroc ? Espérons que non …

En tout état de cause, le géant pétrolier américain Chevron a annoncé mardi qu’il venait de conclure un accord avec les autorités marocaines en vue de mener des travaux d’exploration sur trois sites au large des côtes du royaume chérifien. Objectif : rechercher la présence d’hydrocarbures.

En vertu de ces accords, signés à Rabat (Maroc) par le directeur général de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra, et le président de la société Chevron Morocco Exploration, Alireza Moshiri, « la compagnie Chevron s’est engagée à réaliser des programmes d’acquisition sismique, ainsi que divers travaux et études géologiques et géophysiques », indique l’Office dans un communiqué.

Le groupe pétrolier Chevron indique pour sa part qu’il va acquérir les données sismiques et va conduire des études dans plusieurs zones en eaux profondes, Cap Rhir Deep, Cap Cantin Deep et Cap Walidia Deep, lesquelles sont situées entre 100 et 200 kilomètres à l’ouest et au nord-ouest d’Agadir. Ces zones couvrent 29.200 kilomètres carrés avec des profondeurs de 100 à 4.500 mètres, selon un communiqué de Chevron.
Précisons que Chevron Morocco Exploration, filiale locale de la major pétrolière US, deuxième société pétrolière aux Etats-Unis, détient une part de 75% dans les trois zones, l’Office national des hydrocarbures et des mines marocain détenant quant à lui les 25% restants.

En octobre 2012, la société britannique Chariot Oil & Gas, via sa filiale locale, avait elle aussi signé un accord d’exploration pétrolière avec l’Office national des hydrocarbures et des mines ONHYM, ce dernier incluait six permis de recherche au large du Maroc.
A cette date, l’ONHYM avait rappelé que le Maroc est à l’heure actuelle un pays importateur de pétrole. Estimant par ailleurs que le royaume demeurait encore sous-exploré, en considérant que la plupart de ses bassins sédimentaires disposaient d’un énorme potentiel pour l’exploration.

L’Office avait par ailleurs mis en avant le fait que le nombre de puits forés restait extrêmement faible et négligeable par rapport à la surface couverte par les bassins sédimentaires. Ajoutant que de nombreux puits n’avaient pas atteint leurs objectifs, en raison de problèmes techniques.
Précisant également que le nombre de concepts d’exploration jusqu’à présent testés, demeurait très limité.
Le domaine minier actuel de l’ONHYM couvre 98 permis de recherche dont 31 onshore et 67 offshore, 8 concessions d’exploitation et 7 autorisations de reconnaissance totalisant une superficie d’environ 401.554 km2, que l’Office gère en partenariat avec 27 sociétés pétrolières.

Depuis 2011, le Maroc a connu la signature de 6 nouveaux contrats pétroliers portant respectivement sur les zones offshores de Foum Assaka, de Cap Boujdour, de Mazagan, d’Essaouira et de Juby Maritime ainsi que sur la zone onshore de Doukkala.
À cela s’ajoutent 5 contrats de reconnaissance portant sur les zones offshore de Anzarane, de Tarhazoute et sur les zones onshore de Boudnib et des hauts plateaux.  Le Maroc affirme rattraper aujourd’hui son retard via «l’amélioration des techniques de forage qui permettent désormais un accès plus facile aux gisements en eaux profondes».

En vue d’encourager les investisseurs, l’Etat marocain a mis en place des mesures fiscales en vue d’inciter l’exploration tout en amendant la loi sur les hydrocarbures.  Ainsi, le gouvernement offre aux nouveaux entrants une exonération de l’impôt sur les sociétés sur une période de dix années consécutives et des taux de redevance sur le pétrole et le gaz ne dépassant pas respectivement les 10 et 5%.  Un dispositif qui aura permis l’arrivée pour la seule année 2012 d’environ 30 compagnies étrangères, dont l’américaine Anadarko Petroleum et l’espagnole Repsol.

 A surveiller de près toutefois : le gouvernement marocain a récemment annoncé la mise en place d’une commission provisoire pour la délimitation du plateau continental sur la rive atlantique. Laquelle devra étudier tous les détails permettant de fixer de nouvelles frontières maritimes en vue de présenter les dossiers d’ici 5 ans devant la commission internationale chargée de cette question.
«Cette délimitation est nécessaire pour sauvegarder les intérêts du Maroc» a déclaré à la presse le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Saad Dine El Othmani.

Un communiqué de la présidence du gouvernement a indiqué que la réunion qui s’est tenue fin décembre en vue de mettre en place cette commission provisoire s’inscrit dans le cadre de la mise en application de la Convention sur le droit de la mer, à laquelle le Maroc a adhéré, et qui donne aux Etats côtières de fixer la largeur de leurs mers territoriales au-delà de 200 milles, sans toutefois dépasser la distance maximale autorisée (350 milles), et en respectant certaines conditions géomorphologiques.

Le gouvernement se penche sur l’élaboration d’un dossier remplissant les conditions juridiques et techniques, qui sera déposé auprès de la Commission des limites du plateau continental relevant des Nations unies, a poursuivi le communiqué.

Le chef de gouvernement a ainsi appelé, lors de cette réunion, tous les secteurs concernés à contribuer activement à l’élaboration d’  »un dossier digne de la position stratégique du Royaume» et «permettant de défendre ses intérêts devant la commission onusienne».

Les résultats des études de terrain devraient permettre d’établir un nouveau tracé en concertation avec les pays concernés, à savoir l’Espagne (Îles Canaries) et le Portugal (Îles Madère). Des discussions qui pourraient être à l’origine de nouvelles tensions
En espérant que la malédiction du pétrole ne frappe pas une nouvelle fois …

Sources : AFP, ONHYM, Map, Xinhua, Les Echos (Maroc), No oil canarias, L’opinion.ma

Elisabeth STUDER – www.leblogfinance.com – 23 janvier 2013


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