Paiement : les petits montants toujours réglés en espèces

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Paiement : les petits montants toujours réglés en espèces

71 % des Français utilisent la carte bancaire pour régler leurs dépenses. Mais ils ont encore largement recours aux espèces et aux chèques. Pour favoriser le développement des paiements électroniques, le ministre des Finances Michel Sapin a annoncé diverses mesures lors des assises des moyens de paiement.

Les assises sur les moyens de paiement, en vue de leur modernisation, se sont tenues le 2 juin 2015 à l’initiative du ministre de l’Economie, Michel Sapin, et du ministre des Finances, Emmanuel Macron. A cette occasion, un sondage a été réalisé par l’institut CSA afin de comprendre les habitudes des Français en matière de paiement et découvrir leurs attentes.

Avec quels moyens de paiement les Français règlent-ils leurs dépenses ?

Pour les petits achats du quotidien(journaux, boulangerie…) d’un montant inférieur à 10 euros, un peu plus de 8 Français sur 10 règlent toujours en espèces.

Pourtant, ils sont 71 % à déclarer privilégier les paiements par carte bancaire, quel que soit le montant à régler. Et 61 % de ceux qui possèdent une carte bancaire souhaiteraient pouvoir l’utiliser davantage au quotidien.

Le chèque est toujours fréquemment utilisé, notamment pour les paiements entre 50 et 100 euros (en deuxième position après la carte bancaire). Le chèque est utilisé lorsque le bénéficiaire du paiement n’accepte pas d’autre moyen de paiement ou lorsque la somme à régler est élevée.

En revanche, les nouveaux moyens de paiement ( carte sans contact, paiement par téléphone portable) ne suscitent par l’enthousiasme des Français. Parmi les personnes qui ne sont pas encore équipées en carte bancaire permettant le paiement sans contact,69 % d’entre elles disent ne pas souhaiter disposer d’une carte équipée de cette technologie. Et 87 % des Français n’envisagent pas de régler un ami ou tout autre particulier en transférant l’argent d’un téléphone portable à un autre.

Les Français font preuve de résistance face au développement de ces nouveaux moyens de paiement. Un peu plus de trois quart des Français craignent la fraude ou le piratage de leurs données bancaires. Et pour 75 % des personnes interrogées, le paiement par téléphone portable est réservé aux personnes très à l’aise avec les nouvelles technologies. Toutefois, 56 % des Français considèrent le paiement sans contact comme vraiment pratique au quotidien. 

Moyen de paiement préféré des Français pour un montant inférieur à 100 euros

Rapport d’Emmanuel Constans sur une concertation en vue de moderniser les moyens de paiement

Pour préparer les assises des moyens de paiement du 2 juin 2015, une mission de concertation avait été confiée il y a un an à Emmanuel Constans, président du Comité consultatif du secteur financier ( CCSF   Définition Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) a été créé par l’article 22 de la loi n° 2003-706 du 1er août 2003 dite loi de sécurité financière. Il est chargé d’étudier les questions liées aux relations entre les établissements de crédit, les entreprises d’investissement et les entreprises d’assurance, d’une part, et leurs clientèles, d’autre part, et de proposer toutes mesures appropriées dans ce domaine sous forme d’avis ou de recommandations d’ordre général.
Depuis la loi de régulation bancaire et financière du 22 octobre 2010, le CCSF est également chargé de suivre l’évolution des pratiques des établissements de crédit et des établissements de paiement en matière de tarifs pour les services offerts à leurs clients personnes physiques.
). Banquiers, industriels, commerçants, consommateurs… ont émis près d’une centaine de propositions. Une synthèse a été remise à Michel Sapin, ministre des Finances, et Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, en mai 2015. Elle servira de base pour la mise en œuvre de la nouvelle stratégie de modernisation des moyens de paiement.

Plusieurs mesures ont été annoncées par le ministre des Finances et le ministre de l’Economie à l’occasion des assises des moyens de paiement.

Développer les possibilités de paiement par carte bancaire, notamment pour les petits montants

Les commerçants refusent souvent les paiements par carte en-dessous d’un certain montant. Cela en raison des frais qu’ils doivent régler à leur banque sur chaque paiement. Le minimum de perception, facturé sur chaque règlement par carte, devra être divisé par deux d’ici au 1er novembre 2015. Et la commission interbancaire de paiement, réglée entre les banques du commerçant et de l’acheteur, mais facturée au commerçant, devra être réduite, avec un abaissement de la part variable et une suppression de la partie fixe d’ici la fin de l’année.

La réduction de ces frais devrait permettre aux commerçants d’accepter la carte bancaire même pour des petits montants.

Autre piste évoquée pour développer l’usage de la carte bancaire : les entreprises individuelles, dont les professionnels libéraux, qui doivent aujourd’hui obligatoirement accepter les chèques lorsqu’elles sont adhérentes à un organisme de gestion agréé, devront également, en 2016, accepter les moyens de paiement électronique. Ce qui devrait permettre une plus grande acceptation de la carte bancaire chez les médecins notamment.

Pour renforcer la sécurité des paiements en ligne par carte bancaire, tous les sites de commerce en ligne devront progressivement mettre en place des dispositifs d’authentification du porteur de la carte bancaire, par SMS, comme avec 3D Secure, ou par d’autres systèmes d’authentification.

Développer le paiement sans contact

Le gouvernement veut accélérer le déploiement du paiement sans contact. Les commerçants devront être dotés de terminaux de paiement électronique (TPE) équipés de la fonction sans contact d’ici au 1er janvier 2020 au plus tard.

Et les banques devront mieux informer les consommateurs sur la sécurisation du paiement sans contact, lors de la remise d’une carte bancaire équipée de cette fonction. Elles devront également proposer gratuitement la possibilité de désactiver cette fonctionnalité.

Développement des prélèvements dans les administrations

D’ici à la fin de l’année 2016, les collectivités locales et les établissements publics permettront aux usagers de régler leurs factures par prélèvement, sans frais. Cette solution de paiement s’ajoutera au dispositif déjà existant de paiement en ligne par carte bancaire. Pourront ainsi être réglés les loyers HLM, les frais de cantine, les frais de soins hospitaliers…

Sondage réalisé les 29 et 30 avril 2015 par téléphone auprès d’un échantillon national représentatif de 1 004 personnes âgées de 18 ans et plus, sélectionné selon la méthode des quotas.

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