Une Nissan « made in France » pour sauver l’usine Renault de Flins

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Après Toyota, Nissan va à son tour jouer la carte du « made in France ». La marque japonaise, alliée de Renault, a annoncé ce vendredi matin que 82.000 Micra à destination du marché européen seront produites à l’usine de Flins à partir de 2016. Carlos Ghosn n’a pas traîné: après avoir signé les accords de compétitivité le 13 mars dernier, il ne lui a fallu que deux mois pour décider quelle marque – la cousine Nissan ou l’allié Daimler – viendrait remplir les engagements pris par la direction auprès des syndicats du constructeur français.

Le patron libano-brésilien polytechnicien avait effectivement promis « quel que soit l’état du marché », à ne fermer aucune de ses 5 usines françaises d’ici 2016 et à leur assurer une charge de 710.000 véhicules (contre 530.000 l’an dernier) : 630.000 Renault et 80.000 d’une autre marque. En échange, les salariés verront leur temps de travail augmenter de 6,5%, leur compte épargne-temps refondu, leurs salaires gelés cette année, et 7.500 postes supprimés. De part et d’autre, les engagements sont donc tenus : les Français verront bien la charge augmenter avec la nouvelle petite citadine compacte de Nissan.

Pourtant, au salon de Genève, début mars, puis lors d’une rencontre avec la presse dans l’usine de Sunderland , le patron industriel de Nissan en Europe, John Martin, avait catégoriquement démenti l’éventualité d’une Nissan produite en France… Mais il jouait en réalité sur les mots, déclarant: « Il n’y a pas de projet de transfert de production de l’usine de Sunderland vers une autre usine ».

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Aujourd’hui, les 2.600 salariés de l’usine de Flins, qui est la plus grande et la plus ancienne du groupe en France, produit la Clio III, la Clio IV et la petite-dernière du groupe, l’électrique Zoé. Mais si la Clio IV reste de loin la voiture la plus vendue en France au premier trimestre 2013, la Micra, elle, arrive en… 83e position, avec 1.333 exemplaires vendus sur les trois premiers mois de l’année.

Certes, Nissan a déjà exprimé l’intention de voir sa part de marché en Europe augmenter de 3,9% aujourd’hui à 5,2% en 2015. Le Japonais miserait-il sur la nouvelle Micra ? Et Carlos Ghosn nourrirait-il pour Flins de grandes ambitions, lui qui, fin mars, déclarait à Challenges que « Certains sites en France peuvent tout à fait devenir des champions européens, voire mondiaux. » ?

Après tout, avant de construire Qashqai et Juke, deux best-sellers qui, en France, se placent en 13e et 21e position des voitures les plus vendues au 1er trimestre, l’usine de Sunderland était en position difficile et sa survie était en jeu. Elle produisait alors… la Micra, ancienne version.


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