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Assurance auto et habitation, ce qui attend les Français en 2027

Par La rédaction · 5 min de lecture

Les cotisations d’assurance habitation et automobile devraient de nouveau augmenter en 2027, mais la moyenne nationale rendra de moins en moins compte de la facture individuelle. Facts & Figures anticipe une progression moyenne de 5 à 6 % en multirisque habitation, Addactis de 6,5 à 7,5 %. En automobile, les deux cabinets retiennent respectivement 3 à 4 % et 3,5 à 4,5 %. Ces projections, publiées le 21 septembre et destinées aux compagnies pour leurs politiques tarifaires, masquent des écarts croissants selon la localisation du logement et les caractéristiques du véhicule.

Une segmentation tarifaire accrue

En habitation, la tendance est à une tarification de plus en plus fine, calée sur l’exposition de chaque adresse aux aléas naturels. Le fondateur de Facts & Figures, Cyrille Chartier-Kastler, évoque dans Le Figaro des revalorisations pouvant atteindre 18 % dans les secteurs les plus exposés aux tempêtes ou au retrait-gonflement des argiles. À l’inverse, les logements situés en zone peu exposée peuvent connaître des hausses proches de l’inflation, mesurée à 2,4 % sur un an en août.

À ces hausses techniques s’ajoute au 1er janvier 2027 le relèvement de 6,50 à 8,50 euros de la contribution au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions, due sur chaque contrat d’assurance de biens.

Une carte des argiles élargie

La carte des risques a elle-même changé. L’arrêté du 9 janvier 2026, applicable depuis le 1er juillet, a actualisé la cartographie d’exposition au retrait-gonflement des argiles établie en 2020, en intégrant pour la première fois les données de sinistralité issues des arrêtés de catastrophe naturelle pris entre 1989 et 2022. Les zones d’exposition moyenne ou forte couvrent désormais 55 % du territoire hexagonal, contre 48 % auparavant. Le nombre de maisons individuelles concernées passe de 10,3 à 12,1 millions, soit 61,5 % du parc contre 52,5 %.

Le phénomène résulte des variations d’humidité des sols argileux, qui se rétractent en période sèche puis gonflent lorsqu’ils se réhumidifient, au risque de fissurer les murs et d’endommager les fondations. Géorisques évalue entre 3 et 3,5 milliards d’euros le coût des sinistres assurés liés à la seule sécheresse de 2022. La nouvelle carte détermine le périmètre des études géotechniques obligatoires pour la vente de terrains constructibles et les contrats de construction de maisons individuelles conclus depuis le 1er juillet, en application de la loi Élan. Le directeur général de la Caisse centrale de réassurance, Édouard Vieillefond, a indiqué que l’année 2026 se chiffrerait en milliards d’euros pour ce risque.

Moins de sinistres, mais plus coûteux

Le bilan 2025 de France Assureurs, publié en juillet, fait apparaître un paradoxe. Près de 4,2 millions de sinistres habitation ont été indemnisés, pour une charge de 7,9 milliards d’euros. La fréquence a reculé de 9,1 %, retrouvant un niveau proche de celui des années précédant la forte sinistralité récente, mais le coût moyen a progressé de 7,4 %. Les dégâts des eaux restent la garantie la plus sollicitée, avec 39 % des sinistres mais 25,9 % de la charge. Les incendies sont devenus le premier poste d’indemnisation, avec 28,7 % de la charge et un coût moyen supérieur à 14 000 euros ; leur coût a progressé de 118 % en vingt ans et de 12 % sur la seule année 2025.

Les cotisations de la branche ont atteint 15 milliards d’euros en 2025, en hausse de 8,4 %, sous l’effet notamment du relèvement de la surprime catastrophes naturelles au 1er janvier 2025. La prime moyenne hors taxes s’établit à 323 euros sur l’ensemble des 46,3 millions de contrats, et à 351 euros pour les contrats occupants. Le rapport entre sinistres et primes s’est amélioré à 52,8 %, contre 58,5 % en 2024, soit un gain de 5,7 points pour les assureurs.

Les événements naturels ont représenté plus de 5 milliards d’euros de dommages assurés en 2025, sans catastrophe majeure, portés principalement par la grêle, la sécheresse et le cyclone Garance à La Réunion. France Assureurs estime à 143 milliards d’euros la charge cumulée de ces événements sur la période 2020-2050.

L’automobile freinée par la baisse du trafic

Les projections plus modérées en assurance automobile tiennent à deux facteurs. La hausse du prix des pièces détachées ralentit, et la circulation a diminué avec la flambée des carburants : Facts & Figures évoque une baisse du trafic routier de 3 à 6 %, qui se traduit par moins d’accidents et d’indemnisations.

Le coût unitaire des réparations reste orienté à la hausse avec la multiplication des équipements embarqués : capteurs, caméras, radars et électronique. Une étude de France Assureurs portant sur près de deux millions de véhicules montre que le coût d’indemnisation d’un accident est en moyenne 11 % plus élevé pour un véhicule électrique que pour un thermique de même génération. L’écart atteint 14 % sur la garantie dommages et 28 % sur le bris de glace. Ces données portent sur le coût des sinistres et ne se traduisent pas mécaniquement par une prime supérieure du même ordre.

Rapportée à un contrat moyen, la hausse attendue représente de 20 à 25 euros hors taxes par an en habitation et environ 20 euros en automobile, selon Addactis, les primes automobiles étant en moyenne plus élevées. La loi Hamon permet de résilier à tout moment, sans frais, un contrat d’assurance habitation ou automobile après un an d’engagement.

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