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Banque du Canada : une hausse de taux à 2,50 % attendue le 28 octobre

Par La rédaction · 6 min de lecture
La Banque du Canada devrait relever son taux directeur de 25 points de base, à 2,50 %, mercredi 28 octobre, puis procéder à une nouvelle hausse d’ici la fin mars, selon une majorité des économistes interrogés par Reuters. Une telle décision serait la première modification du taux depuis un an. L’annonce est attendue à 9 h 45, heure de l’Est, soit 14 h 45 à Paris, avec le Rapport sur la politique monétaire. L’inflation a atteint 3,1 % en septembre, à peine au-dessus de la fourchette cible de 1 % à 3 %, et la banque centrale veut devancer toute nouvelle poussée des anticipations d’inflation.

Un revirement des économistes en une semaine

Dans le sondage réalisé du 21 au 23 octobre, 19 économistes sur 34, soit 56 %, prévoient une hausse d’un quart de point à 2,50 %. Le sondage précédent donnait un tableau inverse : 80 % des répondants attendaient un maintien à 2,25 % jusqu’à la fin de 2026, et les deux tiers jusqu’à la fin de mars 2027. Une majorité de 16 économistes sur 29, soit 55 %, anticipe aussi un second relèvement avant mars 2027, après quoi le taux resterait à 2,75 %, selon les médianes. Si ce scénario se vérifie, il s’agirait du cycle de resserrement le plus court de la banque centrale en 30 ans.
Taux actuelInchangé depuis octobre 2025 2,25 % Après le 28 octobrePrévision médiane 2,50 % D’ici fin mars 2027Prévision médiane, puis statu quo 2,75 % Taux directeur de la Banque du Canada, en %
Trajectoire médiane du taux directeur selon le sondage Reuters du 21 au 23 octobre 2026. Sources : Reuters, LSEG.

Ce qui a fait basculer les prévisions

Les économistes citent l’enquête de la Banque du Canada sur les perspectives des entreprises, qui montre une forte hausse des anticipations d’inflation, ainsi que les propos du gouverneur, Tiff Macklem, tenus samedi devant des journalistes, que les marchés ont interprétés comme l’annonce d’un relèvement. Il a indiqué que les prévisions trimestrielles d’inflation de la banque seraient probablement révisées à la hausse. Selon Reuters, les contrats à terme sur les taux sont passés d’environ 30 % de probabilité de hausse en octobre à près de trois chances sur quatre. « Ce qui a changé le ton du gouverneur et notre vision lundi vient de la même source : les réponses aux enquêtes de la banque auprès des entreprises et des consommateurs », a expliqué Royce Mendes, directeur général et responsable de la stratégie macro chez Desjardins, qui y voit des « pressions inflationnistes plus sérieuses à venir ». Chez BMO, Benjamin Reitzes juge que la banque préfère « faire l’erreur de relever un peu trop tôt », ce qui lui permettrait de monter moins haut au final, plutôt que de se laisser distancer comme en 2021 et 2022. Les économistes qui prévoient un statu quo invoquent surtout une économie faible et des pressions inflationnistes limitées, malgré un pétrole à 117 dollars le baril (environ 104 euros), un niveau atteint vendredi pour la première fois depuis mai. D’après le sondage Reuters, la croissance aurait ralenti à 1,9 % au troisième trimestre, contre 3,3 % au deuxième, et est attendue à 1,3 % au quatrième trimestre, puis à 1,0 % sur l’ensemble de 2026 et 1,7 % en 2027. L’inflation moyenne ressortirait à 2,8 % en 2026 et 2,3 % en 2027.
SourceDateScénario retenu pour le 28 octobre
Sondage Reuters auprès de 34 économistes21 au 23 octobreHausse à 2,50 % pour 56 % d’entre eux
Contrats à terme sur les taux (Reuters)Semaine du 19 octobreEnviron trois chances sur quatre de hausse, contre 30 % auparavant
MoneySense, d’après Reuters22 octobreEnviron 80 % de probabilité de hausse
Reuters, publication de l’inflation19 octobreMaintien à 2,25 % attendu, hausse anticipée en décembre
DesjardinsSemaine du 19 octobreHausse à 2,50 %
RBCAvant le 22 octobreMaintien jusqu’à la fin de 2026
Sources : Reuters, MoneySense, Kitco. Les attentes ont évolué au fil de la semaine.

Une inflation tirée par l’énergie, une économie qui ralentit

L’inflation annuelle s’est établie à 3,1 % en septembre, contre 3,0 % en août et 3,2 % attendus par les analystes interrogés par Reuters. L’essence a bondi de 27,8 % sur un an et l’énergie de 19 %, alors que les prix alimentaires en magasin n’ont progressé que de 1,7 %, la plus faible hausse depuis mai 2024. Hors essence, l’inflation ressort à 2,2 %, et les mesures de l’inflation sous-jacente, l’IPC-médian à 1,9 % et l’IPC-tronqué à 1,8 %, restent proches de la cible de 2 %. Le marché du travail s’est dégradé : le Canada a perdu 68 000 emplois en septembre, et le taux de chômage s’établit à 6,5 %. Le marché immobilier s’affaiblit aussi : les ventes de logements ont reculé de 7,7 % sur un an en septembre et le prix moyen national, de 666 538 dollars canadiens (environ 422 000 euros), baisse de 1,6 %. Les droits de douane américains pèsent sur les perspectives. Le 22 août, les États-Unis ont appliqué des droits de 50 % sur 20 milliards de dollars de produits canadiens, soit environ 5 % des exportations annuelles vers le marché américain, après l’échec des négociations. Le Premier ministre, Mark Carney, avait suspendu les discussions et promis une riposte « dollar pour dollar ». Selon des sources secondaires, Tiff Macklem a averti que la croissance pourrait nettement ralentir fin 2026 si ces droits persistent.
Indicateur canadienNiveauPrécision
Taux directeur2,25 %Inchangé depuis octobre 2025 ; maintien le 2 septembre
Inflation annuelle3,1 %Septembre ; 3,0 % en août
Inflation hors essence2,2 %Septembre
IPC-médian et IPC-tronqué1,9 % et 1,8 %Septembre
Essence+27,8 % sur un anSeptembre
Emplois-68 000Septembre ; chômage à 6,5 %
Croissance du PIB, 3e trimestreEnviron 1,9 % (estimation médiane)Contre 3,3 % au 2e trimestre
Croissance prévue1,0 % en 2026 ; 1,7 % en 2027Médianes du sondage Reuters
Cours du dollar canadien1,4096 dollar canadien pour 1 dollar américain19 octobre
Sources : Statistics Canada via Reuters et Kitco, MoneySense, sondage Reuters du 21 au 23 octobre.

Un resserrement mondial lié à la guerre en Iran

Même une courte série de hausses placerait la Banque du Canada parmi les banques centrales qui ont durci leur politique face à une inflation persistante, conséquence de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran, déclenchée en février. Parmi les grandes banques centrales, seules la Banque du Canada et la Banque d’Angleterre n’ont pas encore relevé leurs taux, selon Reuters, qui estime que la seconde devrait le faire lors de sa réunion de début novembre. La Banque centrale européenne a relevé son taux de dépôt de 25 points de base, à 2,5 %, le 10 septembre, après une première hausse en juin et une pause en juillet. Son taux de dépôt serait ainsi identique à celui que vise la Banque du Canada. L’inflation de la zone euro atteignait 3,3 % en août, son plus haut niveau depuis trois ans, d’après les informations relayées à l’époque.
Banque centraleSituation
Banque du CanadaTaux de 2,25 % ; hausse à 2,50 % attendue le 28 octobre par une majorité d’économistes ; prochaine décision le 9 décembre
Banque centrale européenneTaux de dépôt relevé à 2,5 % le 10 septembre, plus haut depuis mars 2025 ; inflation de 3,3 % en août
Banque d’AngleterrePas encore de relèvement selon Reuters ; hausse largement attendue début novembre
Sources : Reuters, MoneySense, TelQuel (décision de la BCE).
Les marchés ont dans l’intervalle ajusté leurs positions : le rendement des obligations canadiennes à deux ans atteignait 2,545 % le 19 octobre, et le dollar canadien s’échangeait à 1,4096 pour un dollar américain. La Banque du Canada communiquera sa décision et ses nouvelles projections le 28 octobre, avant une réunion suivante fixée au 9 décembre.

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