Citigroup a obtenu de la Chine l’autorisation d’exploiter une société de titres détenue à 100 % sur le territoire continental, quatre ans et demi après le dépôt de sa demande. Annoncée par le régulateur chinois des valeurs mobilières, cette décision permettra à la banque américaine de proposer du courtage d’actions et de la souscription de titres. Elle précède de quelques semaines la rencontre attendue en novembre entre Donald Trump et Xi Jinping à Shenzhen, en marge du sommet de la coopération économique Asie-Pacifique (APEC).
Une demande déposée fin 2021
Citi avait déposé son dossier à la fin de 2021, après l’ouverture par Pékin de la possibilité, pour des groupes étrangers, de détenir entièrement une activité de titres nationale. Ce changement réglementaire découlait de l’accord commercial conclu sous le premier mandat de Donald Trump. Goldman Sachs et JPMorgan avaient pris le contrôle total de leurs entités chinoises en 2021, ce qui avait nourri l’espoir d’une ouverture plus large, y compris à la gestion de fortune et d’actifs. Cette perspective s’était ensuite éloignée avec le ralentissement de l’économie chinoise et la dégradation des relations entre Washington et Pékin.
« Citi sert ses clients en Chine depuis près de 125 ans, et nous remercions les autorités de leur soutien pour élargir notre offre sur ce marché important », a déclaré la directrice générale, Jane Fraser. Wenjie Zhang, responsable de Citi pour la Chine et de la banque d’entreprise, a indiqué que cette autorisation permettrait d’« enrichir et d’améliorer » les capacités de la banque. Il a annoncé la constitution d’une équipe locale de haut niveau, appuyée par le réseau mondial du groupe, pour soutenir le développement du marché des capitaux chinois.
Selon The Paypers, qui citait Reuters le 11 septembre, Citi prévoyait de doubler les effectifs de l’entité pour atteindre environ 100 personnes d’ici la fin de 2026, par des mutations internes, notamment depuis Hong Kong et d’autres places asiatiques, et par des recrutements externes. Les activités visées sont le courtage d’actions A, la souscription, la recherche et la négociation pour compte propre, avec des secteurs prioritaires comme la technologie, la santé, la consommation, les institutions financières, l’intelligence artificielle et les semi-conducteurs.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Décision | Autorisation d’une société de titres détenue à 100 % en Chine continentale |
| Annonce | Vendredi 23 octobre 2026, par le régulateur chinois des valeurs mobilières |
| Dépôt de la demande | Fin 2021 |
| Services autorisés | Courtage d’actions, souscription de titres |
| Effectif prévu (Reuters, via The Paypers) | Environ 100 personnes d’ici fin 2026, contre environ 50 actuellement |
| Présence de Citi en Chine | Près de 125 ans |
Un marché dominé par les établissements publics
Les sociétés de gestion d’actifs étrangères qui ont lancé des entités détenues à 100 % ces dernières années peinent à gagner des parts de marché significatives, dans un système financier où les établissements adossés à l’État dominent. Fidelity International envisagerait ainsi de fermer sa filiale chinoise de gestion d’actifs, d’après The Paypers. Jamie Dimon, président et directeur général de JPMorgan, avait déclaré en 2024, lors d’une conférence à Shanghai, que certaines activités de banque d’investissement de l’établissement s’étaient « effondrées » en Chine (« fallen off a cliff »). Il a salué cette année la Chine comme « plus cohérente » dans ses relations avec les autres pays.
L’an dernier, plusieurs grandes banques de Wall Street ont enregistré des bénéfices nets record en Chine continentale, grâce surtout au trading et au courtage. Selon The Paypers, qui cite leurs rapports annuels 2025, les filiales de courtage ont dégagé environ 217,4 millions de dollars (194 millions d’euros) pour Goldman Sachs, 146,5 millions de dollars (131 millions d’euros) pour JPMorgan et 20,5 millions de dollars (18 millions d’euros) pour Morgan Stanley, soit des bénéfices multipliés par environ trois, quatre et sept respectivement.
| Banque américaine | Statut en Chine (courtage) | Bénéfice de la filiale en 2025 | En euros (environ) |
|---|---|---|---|
| Goldman Sachs | Contrôle total depuis 2021 | 217,39 millions de dollars, environ trois fois plus | 194 millions |
| JPMorgan | Contrôle total depuis 2021 | 146,5 millions de dollars, environ quatre fois plus | 131 millions |
| Morgan Stanley | Agréée | 20,5 millions de dollars, environ sept fois plus | 18 millions |
| Citi | Autorisation annoncée le 23 octobre 2026 | Non applicable | Non applicable |
Le contexte diplomatique : trêve commerciale et rencontre à Shenzhen
La décision intervient alors que Washington et Pékin cherchent à encadrer des relations tendues, après une guerre tarifaire déclenchée l’an dernier, suivie d’une trêve conclue à la fin de 2025. Jane Fraser avait accompagné Donald Trump lors de sa visite en Chine en mai. Le président américain et Xi Jinping doivent se retrouver pour la troisième fois cette année, en novembre, à Shenzhen, en marge de l’APEC. Selon le South China Morning Post, les négociateurs travaillent à des accords d’investissement concrets, à la prolongation de l’accord commercial et à un « Board of Investment », après une rencontre entre les deux dirigeants à Washington en septembre. La date précise de la rencontre à Shenzhen n’est pas indiquée dans les sources consultées.
Ce mois-ci, Visa a aussi obtenu une autorisation de Pékin, annoncée le 13 octobre : celle de se préparer à créer une activité de compensation de cartes bancaires en Chine. L’entreprise doit achever ces travaux préparatoires dans un délai d’un an, après quoi elle pourra demander à lancer ses opérations nationales. Mastercard et American Express ont déjà commencé la compensation nationale en Chine, dans le cadre de coentreprises, d’après l’Associated Press.
Citi, des résultats trimestriels en forte hausse
Citigroup a publié le 13 octobre ses résultats du troisième trimestre. Le bénéfice net atteint environ 5,2 milliards de dollars (4,6 milliards d’euros), en hausse de 40 % sur un an, pour un chiffre d’affaires de 23,8 milliards de dollars (21,2 milliards d’euros), en progression de 8 %. Le bénéfice par action dilué ressort à 2,85 dollars (2,54 euros), contre 1,86 dollar un an plus tôt. Le troisième trimestre 2025 intégrait une dépréciation de 726 millions de dollars liée à la cession de 25 % de Banamex.
| Indicateur, 3e trimestre 2026 | En dollars | En euros (environ) | Variation sur un an |
|---|---|---|---|
| Bénéfice net | 5,2 milliards | 4,6 milliards | +40 % |
| Chiffre d’affaires | 23,8 milliards | 21,2 milliards | +8 % |
| Bénéfice par action dilué | 2,85 | 2,54 | 1,86 dollar un an plus tôt |
| Chiffre d’affaires de Markets | 6,1 milliards | 5,5 milliards | +6 % |
| Chiffre d’affaires de Banking | 1,7 milliard | 1,5 milliard | +6 % |
| Retour aux actionnaires (rachats et dividendes) | 4,1 milliards | 3,7 milliards | Non communiqué |
| Ratio CET1 préliminaire | 12,8 % | Non applicable | Non communiqué |
