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Génération X, la retraite sous le signe du doute

Par La rédaction · 7 min de lecture

La génération X, née entre 1965 et 1980, est celle qui se montre la plus inquiète quant à sa capacité à prendre sa retraite dans de bonnes conditions. C’est la principale conclusion de la dernière enquête du Transamerica Center for Retirement Studies, consacrée aux actifs américains. Alors que ses membres les plus âgés entrent dans la soixantaine, seuls 18 % se disent très confiants dans leur capacité à partir à la retraite avec un niveau de vie confortable, la proportion la plus faible de toutes les générations interrogées.

La génération X, la moins confiante dans sa retraite
Actifs américains se disant capables de prendre une retraite confortable, en % des répondants
Très confiants Plutôt confiants Peu confiants Pas du tout confiants
Ensemble des actifs
22
47
21
10
Génération Z
22
54
17
 
Milléniaux
23
47
21
 
Génération X
18
44
25
13
Baby-boomers
28
42
18
12
Source : Transamerica Center for Retirement Studies. Valeurs arrondies, lues sur le graphique de l’étude, à l’exception des 18 % de la génération X. Génération Z : 7 % de « pas du tout confiants » ; milléniaux : 9 %.

Une épargne insuffisante au regard des besoins

L’épargne retraite médiane des foyers de la génération X, 113 000 dollars, représente moins de la moitié de celle des baby-boomers encore en activité et reste très éloignée des 750 000 dollars que ses membres estiment nécessaires pour se sentir en sécurité. Un quart seulement d’entre eux se disent tout à fait d’accord avec l’idée qu’ils constituent actuellement une épargne suffisante, une proportion inférieure de quelques points à celle des milléniaux et des baby-boomers.

Un écart de 637 000 dollars entre l’épargne et l’objectif
Épargne retraite médiane des foyers d’actifs américains, en milliers de dollars
Génération Z : 37
 
Génération X : 113
 
Baby-boomers : 263
 
Montant jugé nécessaire par la génération X : 750
 
Source : Transamerica Center for Retirement Studies. Épargne détenue dans l’ensemble des comptes retraite du foyer ; baby-boomers encore en activité uniquement.

Plusieurs facteurs expliquent cet écart. La génération X a été la première à entrer sur le marché du travail au moment où les plans d’épargne individuels de type 401(k) remplaçaient les régimes à prestations définies : elle a commencé à épargner à 30 ans en moyenne, contre 26 ans pour les milléniaux. Plus de huit actifs de la génération X sur dix se voient proposer un tel plan, et près de la moitié comptent sur lui comme principale source de revenus à la retraite. Pour 27 % d’entre eux, la principale source serait la Sécurité sociale, alors que les trois quarts des répondants redoutent son insolvabilité au moment de leur départ.

Fins de carrière heurtées et charge d’aidant

Les difficultés professionnelles en fin de carrière pèsent sur la constitution de l’épargne. Selon le Bureau des statistiques du travail américain, la durée moyenne du chômage des 55-64 ans dépassait huit mois en septembre, soit environ sept semaines de plus que pour les 45-54 ans. Une perte d’emploi à cet âge se traduit fréquemment par une baisse de rémunération, un recours anticipé à l’épargne retraite ou un basculement vers le travail indépendant.

Les responsabilités d’aidant constituent un autre frein. Plus d’un tiers des actifs interrogés sont ou ont été aidants d’un proche, et 35 % d’entre eux déclarent une dégradation de leur situation financière. Les dépenses restant à leur charge dépassent 11 500 dollars, et les milléniaux et la génération X sont un peu plus exposés que les autres générations. Une partie des aidants réduit son activité ou quitte son emploi à la fin de la quarantaine ou dans la cinquantaine, au moment où les revenus et la capacité d’épargne sont habituellement les plus élevés.

En conséquence, la génération X repousse son départ. Plus d’un de ses membres sur trois prévoit de travailler jusqu’à 70 ans ou au-delà, voire de ne jamais prendre sa retraite, et plus de la moitié pensent continuer à exercer une activité une fois retraités. Moins d’un quart envisagent de partir avant 65 ans, deux fois moins que la génération Z.

Les autres générations ne sont pas épargnées

GénérationPrincipales préoccupations relevées par l’enquête
Génération ZSix actifs sur dix se disent épuisés et la moitié peinent à boucler leurs fins de mois ; priorités au remboursement des dettes, à l’épargne de précaution et aux dépenses courantes ; épargne médiane d’environ 37 000 dollars
MilléniauxPrès de six sur dix citent l’endettement comme obstacle à l’épargne retraite ; 37 % sont aidants, et presque tous ont modifié leurs conditions de travail
Génération XÉpargne médiane de 113 000 dollars, loin de l’objectif de 750 000 dollars ; départ repoussé, plus d’un sur trois prévoyant de travailler jusqu’à 70 ans ou au-delà
Baby-boomersPlus de la moitié ne prévoient pas de partir ou envisagent de le faire après 70 ans ; un peu plus d’un quart disposent d’une stratégie de retraite écrite ; craintes liées à la dépendance et à l’épuisement de l’épargne
Source : Transamerica Center for Retirement Studies.

En France, une génération au cœur de la suspension de la réforme

En France, la génération X arrive elle aussi à l’âge de la retraite, dans un cadre réglementaire mouvant. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu, du 1er septembre 2026 au 1er janvier 2028, le relèvement progressif de l’âge légal et de la durée d’assurance prévu par la réforme de 2023. Les générations nées de 1964 à 1968 voient leur âge légal décalé de trois à six mois.

Année de naissanceÂge légal (réforme de 2023)Âge légal depuis le 1er septembre 2026Trimestres requis depuis le 1er septembre 2026
196463 ans62 ans et 9 mois170
1965 (janvier à mars)63 ans et 3 mois62 ans et 9 mois170
1965 (avril à décembre)63 ans et 3 mois63 ans171
1966 à 1968Jusqu’à 64 ansDécalage de trois mois172 à partir de la génération 1966
1969 et après64 ans64 ans172
Source : loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, article 105.

Sauf nouveau texte, la trajectoire vers 64 ans doit reprendre à compter de 2028, et l’avenir du système reste au cœur du débat politique. Comme aux États-Unis, l’épargne individuelle prend une place croissante dans la préparation de la retraite : le plan d’épargne retraite comptait 12,9 millions de titulaires et 150,4 milliards d’euros d’encours fin 2025, selon Bercy. Les membres les plus âgés de la génération X ont toutefois peu bénéficié de ce produit créé en 2019.

Belgique et Suisse, des paramètres également en mouvement

En Belgique, l’âge légal de la retraite est passé à 66 ans en 2025 et sera porté à 67 ans en 2030, ce qui concerne l’essentiel de la génération X. En Suisse, le système des trois piliers associe l’assurance vieillesse et survivants, la prévoyance professionnelle et l’épargne individuelle. La réforme AVS 21 relève progressivement l’âge de référence des femmes de 64 à 65 ans, et la 13e rente AVS, adoptée par votation en mars 2024, sera versée pour la première fois en décembre 2026.

Dans les trois pays comme aux États-Unis, la génération X se trouve dans une situation charnière : trop âgée pour avoir bénéficié pleinement des dispositifs d’épargne individuelle développés depuis une vingtaine d’années, et trop jeune pour profiter des paramètres plus favorables des générations précédentes. Elle est aussi la plus exposée à la charge d’aidant auprès de parents âgés, un facteur d’interruption de carrière et de baisse des revenus.

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