Accueil›Actualités›La Banque d’Angleterre relève ses taux pour la première fois depuis 2023
Actualités

La Banque d’Angleterre relève ses taux pour la première fois depuis 2023

Par La rédaction · 5 min de lecture
La Banque d’Angleterre a relevé son taux directeur de 0,25 point, à 4 %, le 5 novembre, sa première hausse depuis août 2023. Son comité de politique monétaire s’est prononcé par 8 voix contre 1, Catherine Mann ayant plaidé pour une hausse d’un demi-point, à 4,25 %. L’institution a toutefois laissé entendre que le recul marqué des prix de l’énergie observé depuis les élections américaines de mi-mandat pourrait, s’il se confirmait, limiter la nécessité de nouvelles hausses.

Une inflation tirée par l’énergie

L’inflation britannique a atteint 3,5 % sur un an en septembre, son plus haut niveau depuis onze mois, très au-dessus de l’objectif de 2 %. Elle est principalement alimentée par la hausse des prix des carburants et des factures d’énergie consécutive à la guerre en Iran et aux perturbations du détroit d’Ormuz, qui pèsent sur l’offre mondiale de pétrole et de gaz. La Banque d’Angleterre prévoit un pic d’environ 5 % au deuxième trimestre 2027. Son gouverneur, Andrew Bailey, a justifié la décision par l’accumulation de pressions inflationnistes déjà engagées dans l’économie, la hausse visant à limiter leur diffusion au reste des prix. Les effets de second tour sur les salaires et les prix restent pour l’instant limités, selon l’institution. Le taux directeur britannique suivait une trajectoire de baisse depuis son pic de 5,25 %, son plus haut niveau depuis quinze ans, avant l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Les taux de marché sont restés élevés par rapport à leur niveau d’avant le conflit : les taux des crédits immobiliers de référence à deux ans ont progressé de près de 50 points de base depuis début septembre, selon le compte rendu de la réunion.

Le recul du pétrole, une variable décisive

Les prix de l’énergie ont nettement reculé après les élections de mi-mandat du 3 novembre, marquées par de lourdes pertes du Parti républicain. Les marchés jugent désormais moins probables de nouvelles frappes américaines contre l’Iran, les démocrates devant prendre le contrôle du Congrès au début de l’année prochaine. Le Brent a perdu environ 15 dollars cette semaine, à 96 dollars le baril, un niveau supérieur de plus de 30 dollars à celui de l’an dernier à la même période. Andrew Bailey a souligné que cette hausse ne devait pas être interprétée comme la première d’une longue série inévitable, tout en précisant qu’elle ne serait probablement pas la dernière si le conflit au Moyen-Orient n’était pas résolu. Un autre membre du comité, Alan Taylor, l’a qualifiée de mesure d’assurance plutôt que de début d’un cycle de resserrement. Si la baisse des prix de l’énergie se prolonge dans les prochaines semaines, le pic d’inflation attendu pour l’été 2027 pourrait être plus bas. La prochaine décision est prévue le 17 décembre.

Des banques centrales en ordre dispersé

Banque centraleDernière décisionTaux directeur
Banque d’AngleterreHausse de 0,25 point le 5 novembre4,00 %
Réserve fédéraleStatu quo le 28 octobre, par 10 voix contre 23,75 % à 4,00 %
Banque du CanadaHausse le 28 octobre2,50 %
Banque centrale européenneStatu quo le 29 octobre, après des hausses en juin et septembre2,50 % (taux de dépôt)
Banque nationale suisseStatu quo le 24 septembre0 %
Sources : banques centrales.
Les principales banques centrales ont réagi à l’inflation provoquée par la guerre en Iran, et la suite de leur politique dépend largement de l’évolution des prix de l’énergie. La Réserve fédérale a relevé ses taux en septembre avant de marquer une pause en octobre, deux de ses membres plaidant pour une nouvelle hausse. La BCE a laissé son taux de dépôt à 2,50 % le 29 octobre, en indiquant que la poursuite du conflit au Moyen-Orient devrait faire monter l’inflation.

Un écart record avec la zone euro et la Suisse

La décision porte à 1,5 point l’écart entre le taux directeur britannique et le taux de dépôt de la BCE, contre 1,25 point auparavant, et à 4 points l’écart avec la Banque nationale suisse, dont le taux reste le plus bas parmi les grandes banques centrales. La livre sterling s’était appréciée avant la décision ; l’euro s’échangeait autour de 0,833 livre le 6 novembre. Un écart de rendement plus favorable au Royaume-Uni tend à soutenir la devise britannique, ce qui renchérit les exportations européennes vers ce marché et allège le coût des importations britanniques. Pour les ménages britanniques, la hausse se répercute sur les crédits à taux variable et sur le renouvellement des prêts à taux fixe. La Banque d’Angleterre estime que la mensualité annuelle moyenne des crédits immobiliers augmentera d’environ 1 500 livres d’ici fin 2029 par rapport à son niveau d’avant le conflit. Les épargnants bénéficient à l’inverse d’une meilleure rémunération de leurs dépôts.

Infolettre

L’essentiel, chaque matin

Un e-mail par jour : l’article à la une et les publications récentes. Désinscription en un clic.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *