Klarna a annoncé le 13 août la refonte de son programme d’abonnement, déployée progressivement dans onze pays européens, dont la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, la Belgique, le Royaume-Uni et les pays nordiques. La gamme compte quatre niveaux payants, de 4,99 à 44,99 euros par mois, assortis de taux de cashback relevés, de la suppression des frais de service et d’un bouquet d’abonnements tiers dont le groupe évalue la valeur annuelle cumulée jusqu’à 6 000 euros.
Quatre paliers et un revenu récurrent
La formule d’entrée, Everywhere, facturée 4,99 euros par mois, remplace l’ancienne offre Core et donne accès à Klarna sans frais de service partout où Visa est accepté, sous réserve d’approbation. Klarna Plus, à 9,99 euros, ajoute 0,5 % de cashback sur l’ensemble des paiements, un bonus de 0,1 point sur le taux d’épargne en vigueur, une couverture vol et dommages jusqu’à 500 euros et une garantie du meilleur prix sur trente jours. Klarna Premium, portée de 17,99 à 19,99 euros, monte à 1 % de cashback et douze abonnements numériques. Le palier Max, à 44,99 euros, atteint 1,5 % de cashback et jusqu’à 23 abonnements, avec accès illimité aux salons d’aéroport et une carte métal.
Les partenaires inclus recouvrent NordVPN, ClassPass, Headspace, foodora, Livi, Voi, Laundryheap, Condé Nast, Storytel, Blinkist, Picsart et Clue. Le cashback est convertible en points ou en miles auprès de programmes de fidélité aériens et hôteliers, parmi lesquels Flying Blue, The British Airways Club, ALL Accor, IHG One Rewards et Global Hotel Alliance. Les nouveaux membres bénéficient d’un premier mois d’Everywhere ou de Plus à 0,99 euro, ou de 30 % de remise sur les trois premiers mois de Premium ou Max. L’absence d’engagement annuel permet de changer de palier au fil des mois, mécanisme que le groupe oppose à la structure des cartes premium d’American Express ou de Revolut.
La valorisation de 6 000 euros avancée par l’émetteur suppose une utilisation effective de l’ensemble des abonnements, assurances et avantages voyage compris dans la formule.
Des résultats trimestriels au-dessus des attentes, des prévisions abaissées
Cinq jours après cette annonce, le 18 août, Klarna Group plc, cotée au New York Stock Exchange sous le code KLAR depuis septembre 2025, a publié ses comptes du deuxième trimestre 2026. Le chiffre d’affaires ressort à 1,042 milliard de dollars, en progression de 27 % sur un an, au-dessus de la fourchette annoncée de 960 millions à 1 milliard. Le volume brut traité atteint 36,6 milliards de dollars, en hausse de 18 %. La marge de transaction en valeur s’établit à 446 millions de dollars, en progression de 42 %, et le résultat opérationnel ajusté à 91 millions, contre 29 millions un an plus tôt. Le résultat net devient positif à 9 millions de dollars, après une perte de 53 millions. Les provisions pour pertes de crédit reviennent à 0,52 % du volume traité, contre 0,56 %.
Le groupe a ramené sa prévision annuelle de volume à une fourchette de 149 à 151 milliards de dollars, contre plus de 155 milliards auparavant, invoquant environ 600 millions de dollars d’effets de change, une lecture plus prudente des volumes allemands, premier marché du groupe en volume, et un changement de méthode comptable portant les nouvelles productions Fair Financing américaines et allemandes en juste valeur. Le chiffre d’affaires attendu, de 4,08 à 4,16 milliards de dollars, se situe en deçà du consensus de 4,415 milliards. La marge de transaction en valeur est en revanche relevée, à 1,62-1,65 milliard. Le titre reculait d’environ 6 % en préouverture, à 19,51 dollars. Le directeur financier Niclas Neglén et le directeur marketing David Sandström quitteront leurs fonctions début 2027.
Le troisième trimestre est présenté comme une période d’investissement, avec un résultat opérationnel ajusté attendu entre 5 et 15 millions de dollars, destiné à financer le déploiement de la nouvelle gamme. Le revenu par utilisateur actif progresse de 24 %, indicateur que la direction met en avant pour justifier le basculement vers un modèle d’abonnement. Le groupe revendique plus de 120 millions d’utilisateurs actifs, 3,8 millions de transactions par jour et 1,2 million de marchands. Sa distribution s’est élargie début août avec l’activation de son offre chez J.P. Morgan Payments, premier acquéreur commerçant américain.
Un déploiement français à trois mois de la réforme du crédit
Le calendrier européen de ce déploiement croise celui de la réforme du crédit à la consommation. La directive (UE) 2023/2225, dite CCD2, transposée par l’ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025, complétée par une ordonnance rectificative du 2 décembre 2025 et par le décret n° 2026-105 du 19 février 2026, s’applique en France à compter du 20 novembre 2026.
Le texte fait entrer dans le champ du crédit à la consommation les paiements fractionnés remboursés en moins de trois mois, les mini-crédits inférieurs à 200 euros, les crédits gratuits et la location avec option d’achat, jusqu’ici couverts par une exception du code de la consommation. Les prêteurs devront procéder à une évaluation de solvabilité, consulter le fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, respecter un délai de rétractation porté de quatorze à trente jours et se conformer à un encadrement renforcé de la publicité. Les contrats en cours au 20 novembre restent régis par le droit antérieur.
L’échéance intervient quelques jours avant le Black Friday et la période des fêtes, moments de forte utilisation de ces facilités. Selon l’Observatoire de l’inclusion bancaire, près de 30 % des consommateurs français ont déjà eu recours au paiement fractionné pour financer un achat. Klarna maintient la gratuité du paiement différé chez ses commerçants partenaires, y compris pour les non-membres, qui conservent l’accès au paiement immédiat, au paiement en trois fois et au financement à moyen terme sous condition d’éligibilité, ainsi qu’au compte et à la carte en mode débit.
Sur le financement de son activité de crédit, le groupe s’appuie notamment sur l’accord conclu avec des fonds gérés par Elliott Investment Management, porté en mars 2026 à 2 milliards de dollars et prolongé d’un an, permettant d’accompagner jusqu’à 17 milliards de dollars de production sur la durée restante du programme aux États-Unis.
