Le CAC 40 tombe sous le seuil symbolique des 6000 points

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L’indice parisien est repassé sous 6000 points mardi soir pour la première fois depuis mars. Ce seuil symbolique, qui avait été testé tout au long de la séance de la veille, a succombé aux craintes des investisseurs quant aux conséquences économiques du brutal durcissement monétaire que s’apprête à effectuer la Fed face à une inflation hors de contrôle. En pleine crise existentielle, Atos a fini cette séance éprouvante un plus bas historique.

Encore une journée éprouvante sur les marchés. Subissant une sixième séance de baisse consécutive, l’indice vedette parisien a perdu 1,20% à 5.949,84 points mardi, clôturant au plus bas depuis le 8 mars. Au lendemain d’un décrochage de 2,67%, la Bourse de Paris a pourtant brièvement tenté un retour sur les 6000 points dans le sillage d’une ouverture en -léger- rebond de Wall Street au premier jour d’une réunion monétaire de la banque centrale américaine étroitement surveillée comme le lait sur le feu, mais est rapidement retombée pour finir quasiment au plus bas du jour. Dans le même temps, l’indice VIX a atteint un pic d’un mois à 34%.

La Réserve fédérale américaine, ayant déjà entamé en mars son cycle de resserrement par pas de 0,5 point (50 “points de base”), ce qui est déjà relativement vigoureux en regard des ajustements habituels de 0,25 point, pourrait bien recourir mercredi à un relèvement de 0,75 point (et potentiellement le même tarif le mois suivant…), une décision inédite depuis 1994. L’ampleur et la rapidité de la hausse des taux directeurs de la Fed donnent une idée de l’urgence de la situation dans laquelle se retrouve la banque centrale des Etats-Unis face à une inflation qui atteint des niveaux inédits depuis plusieurs décennies et qui apparaît toujours accélérer, comme l’a montré vendredi l’indice des prix à la consommation de mai.

“La Fed panique après le rapport de l’inflation du mois de mai qui a montré une progression annuelle des prix de 8.6%. Le fameux ‘pic’ d’inflation se fait attendre”, relève Thomas Costerg, économiste chez Pictet. “Nous pensions que la Fed allait mettre davantage l’accent sur, ou du moins commencer à évoquer, les signaux de faiblesse de l’activité économique qui se mettent à apparaître, en particulier dans l’immobilier résidentiel, mais aussi dans la confiance des entreprises. À notre surprise ces signaux sont totalement ignorés et la Fed semble même vouloir espérer une mini-récession pour endiguer l’inflation”, à l’encontre de son ADN historique. “Désormais il semble que la Fed puisse rester dans son «tunnel de panique» plus longtemps que prévu. Cela ne sera pas sans conséquence sur la croissance économique, qui risque d’accuser le coup alors que la sensibilité des Etats Unis aux taux d’intérêt est très forte dans un contexte d’endettement public et privé toujours très conséquent”, conclut l’économiste.

Quant à la BCE, l’institution chargée de la politique monétaire en zone euro débutera à son tour le cycle de resserrement par une hausse de 0,5 point en juillet, objectif qui apparaît désormais comme une hypothèse basse.

Le durcissement des politiques monétaires pousse encore le rendement des obligations à des niveaux inconnus depuis la crise des dettes souveraines. Le bon du Trésor américain à 10 ans, culminait 3,43% tandis que ses homologues européens n’étaient pas en reste : le Bund allemand de même échéance se tend à 1,76% tout comme le 10 ans français qui se culminait à 2,373% au plus haut de 2013.

Nouvelle plongée pour Atos

Sur la cote parisienne, BNP Paribas ou Axa ont tout de même engrangé des gains supérieurs à 1%, le contexte de remontée des taux étant mécaniquement favorable à la marge des banques commerciales. Mais c’est Carrefour, toujours pour son caractère défensif, qui a fini en tête du CAC 40 avec un gain de 1,5%.

De son côté Atos a subi une nouvelle déculottée, sombrant de plus de 23% alors que le ministère de l’Economie et des Finances a dit surveiller attentivement l’avenir du groupe considéré comme un “actif stratégique” (qualificatif rarement synonyme de succès boursier dans la bouche du ministère) tandis que l’ESN (entreprise de services numériques) confirme envisager une forme de démantèlement. Worldline a perdu 7,3% dans son sillage, alors qu’Atos justement vient de reclasser un bloc d’environ sept millions d’actions, représentant 2,5% du capital.

Air France-KLM a aussi été particulièrement à la peine, cédant plus de 13% après avoir mené à bien sa dernière augmentation de capital en date.

Dans l’actualité du jour, Valbiotis a reculé de 3,65% à la clôture alors que le groupe compte commercialiser d’ici 2024 un complément alimentaire destiné à lutter contre le cholestérol… tout en envisageant une étude clinique complémentaire.

Au chapitre énergétique, les cours du brut repartaient de l’avant à 124,25 dollars (+1,54%) le baril de Brent et 122,81 dollars (+1,56%) pour le WTI, alors que la planète manque actuellement de capacités de production pour faire face à une demande qui reste pour l’heure soutenue notamment avec le redémarrage potentiel de l’activité en Chine. Dans la foulée, TotalEnergies a gagné 1,4%.

Sur le marché des changes l’euro bénéficiait d’un certain rebond à 1,0413 dollar en fin de journée après un repli de 3% en trois jours, sur fond d’amélioration légèrement supérieure aux attentes de l’indice de confiance ZEW en Allemagne.

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