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Analyses

Musk a dépensé plus que Soros en une vie : pourquoi ce serait impossible en France

Par La rédaction · 16 min de lecture

Elon Musk a consacré environ 760 millions de dollars aux élections américaines depuis l’été 2024, davantage que les 624 millions attribués à George Soros sur l’ensemble de sa vie. La comparaison est exacte si l’on s’en tient aux contributions déclarées, mais elle devient discutable dès que l’on intègre l’argent passé par des structures à but non lucratif. Pour la France, l’enjeu est ailleurs : notre droit rend impossible ce type de financement, et c’est par son réseau social X, et non par ses chèques, que le propriétaire de X pèse sur le débat européen, à six mois de la présidentielle de 2027.

Une comparaison qui tient, selon la définition retenue

La formule vient de Mike Nellis, consultant numérique proche du Parti démocrate, qui a écrit sur X qu’Elon Musk avait dépensé en deux ans pour les élections américaines plus que George Soros en toute une vie. Le graphique qui l’accompagne additionne les dons personnels et ceux des entités qui leur sont attribuables, à partir des déclarations à la Commission électorale fédérale (FEC), des formulaires fiscaux et des registres locaux compilés par OpenSecrets et FollowTheMoney.

Côté Musk, les montants se recoupent. Selon OpenSecrets, il a dépensé 291 millions de dollars lors du cycle électoral de 2024, essentiellement pour soutenir Donald Trump par l’intermédiaire de son super PAC, America PAC. Pour les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, le Washington Post recense 446 millions de dollars de sa poche, principalement destinés à préserver la majorité républicaine au Congrès. S’y ajoutent plus de 20 millions dépensés en avril 2025 pour une élection à la Cour suprême du Wisconsin. Le total, environ 757 millions de dollars, correspond au chiffre du graphique.

La période est un peu plus longue que « deux ans » : America PAC a été fondé en juillet 2024, soit environ vingt-sept mois. Mais elle couvre la quasi-totalité de l’engagement financier de Musk, qui n’avait presque rien donné auparavant. Pour un seul cycle, ses 446 millions constituent un record pour un donateur individuel dans l’histoire américaine moderne, près de trois fois le montant de la famille Uihlein, deuxième au classement, selon le Washington Post.

PériodeElon MuskGeorge Soros
2003-2008NégligeableEnviron 23,6 millions de dollars à des groupes « 527 » en 2003-2004, puis environ 32,2 millions entre 2004 et 2008
Cycle 2022Hors graphique : plus de 50 millions à Citizens for Sanity, selon le Wall Street Journal128,5 millions, dont 125 millions versés en 2021 au super PAC Democracy PAC II
Cycle 2024291 millionsDemocracy PAC, financé par Soros, a dépensé environ 60 millions
Élection au Wisconsin (2025)Plus de 20 millionsEnviron 2 millions
Cycle 2026446 millionsEnviron 102 millions
Total retenu par le graphiqueEnviron 759 millionsEnviron 624 millions
Sources : OpenSecrets, Washington Post, Newsweek, HuffPost, Factually, Wall Street Journal. Montants en dollars courants, non corrigés de l’inflation.
Musk et Soros : contributions électorales déclarées
En millions de dollars, dons personnels et entités attribuables
Total cumulé
Elon Musk (depuis 2024) : environ 759 M$
 
George Soros (depuis 2004) : environ 624 M$
 
Élections de mi-mandat 2026
Elon Musk : 446 M$
 
George Soros : environ 102 M$
 
Sources : FEC, OpenSecrets, FollowTheMoney, Washington Post. Les versements à des organisations ne publiant pas leurs donateurs ne sont pas inclus, notamment plus de 60 millions de dollars attribués à Musk par le Wall Street Journal et les subventions politiques du réseau Open Society.

Ce que le graphique ne compte pas

Le cas Soros montre la limite de l’exercice. En 2023, CNBC a révélé qu’une structure du réseau Open Society, l’Open Society Policy Center, avait versé 140 millions de dollars en 2021 et 138 millions en 2020 à des organisations militantes et à des campagnes de référendum. La chaîne estimait alors à au moins un demi-milliard de dollars les contributions de Soros aux campagnes et causes politiques depuis janvier 2020, passées en majorité par des organisations à but non lucratif qui ne publient pas leurs donateurs. En additionnant ces montants aux dons antérieurs et à ceux de 2026, le total de Soros pourrait dépasser celui de Musk. C’est l’argument qu’ont opposé des critiques conservateurs, comme le site NewsBusters, à ceux qui jugent la dépense de Musk sans précédent.

Cette lecture élargie a cependant deux faiblesses. D’abord, toutes ces subventions ne relevaient pas des élections : CNBC précisait qu’une partie finançait l’inscription sur les listes électorales ou la participation civique, sans être fléchée vers les élections de mi-mandat. Ensuite, la même logique doit s’appliquer à Musk. Le graphique exclut lui-même deux versements rapportés par le Wall Street Journal : plus de 50 millions de dollars à Citizens for Sanity en 2022 et 10 millions à Faithful & Strong Policies en 2023. Le New York Times indique aussi que Musk a donné à d’autres groupes qui ne divulguent pas leurs donateurs. Aucun observateur ne dispose aujourd’hui d’un total exhaustif et vérifié pour l’un ou l’autre.

Trois autres éléments nuancent la comparaison. Musk n’est pas le plus gros dépensier politique de l’histoire américaine : Michael Bloomberg a consacré plus de 1,3 milliard de dollars à ses campagnes et à ses dons, selon les décomptes cités par NewsBusters. Ensuite, la part du patrimoine engagée diffère du tout au tout : les quelque 760 millions de Musk représentent moins de 0,1 % d’une fortune estimée à plus de 900 milliards de dollars, alors que Soros a déjà transféré l’essentiel de la sienne à ses fondations, auxquelles il a donné plus de 32 milliards de dollars au fil des ans. Enfin, l’opération politique de la famille Soros est désormais dirigée par son fils Alex, si bien que les dons récents attribués à George Soros reflètent aussi les choix de ce dernier.

Où va l’argent de Musk en 2026

La répartition éclaire la stratégie. Sur les dons effectués depuis juillet, 158 millions de dollars sont allés au Senate Leadership Fund, le super PAC chargé de conserver la majorité républicaine au Sénat, l’un des plus gros dons politiques jamais enregistrés selon Time. America PAC a reçu près de 216 millions et mène des opérations de porte-à-porte rémunéré dans sept États disputés pour le Sénat et une trentaine de circonscriptions à la Chambre. Le Texas concentre l’effort : le super PAC a dépensé 33,1 millions de dollars dans la course sénatoriale entre le républicain Ken Paxton et le démocrate James Talarico, d’après Bloomberg cité par Mediaite. Musk a aussi donné 20 millions à un super PAC républicain pour la Chambre, 10 millions à l’Association des gouverneurs républicains et 2 millions à celle des procureurs généraux républicains, selon The Hill.

Cette mobilisation contredit ses propos de mai 2025 : après avoir quitté le département de l’Efficacité gouvernementale, il avait annoncé qu’il dépenserait « beaucoup moins » en politique. CNBC relève que plusieurs des courses financées pourraient influer sur le contrôle parlementaire de contrats publics et de réglementations qui concernent SpaceX et Tesla.

Pourquoi ce scénario est impossible en France

Le modèle américain repose sur une décision de la Cour suprême de 2010, Citizens United, qui a ouvert la voie aux super PAC : ces structures peuvent recevoir et dépenser des sommes illimitées tant qu’elles ne coordonnent pas leur action avec les candidats. Rien de comparable n’existe en France, où le financement politique est encadré depuis les lois de 1988 et 1995.

  • Des dons plafonnés. Une personne physique ne peut pas donner plus de 4 600 euros à un candidat pour une même élection, ni plus de 7 500 euros par an à l’ensemble des partis politiques.
  • Pas d’argent d’entreprise. Les dons des personnes morales, entreprises comme associations, sont interdits depuis 1995. Un équivalent de Tesla ou de SpaceX ne pourrait rien verser.
  • Pas d’argent étranger. Un candidat ne peut recevoir aucune aide d’un État étranger ou d’une personne morale de droit étranger. Depuis 2017, seules les personnes de nationalité française ou résidant en France peuvent donner à un parti. Ni Elon Musk ni George Soros ne peuvent donc financer légalement une formation politique française.
  • Des dépenses plafonnées. Lors de la présidentielle de 2022, un candidat ne pouvait pas dépenser plus d’environ 16,9 millions d’euros au premier tour et 22,5 millions pour les finalistes. Les 446 millions de dollars donnés par Musk pour les seules élections de mi-mandat représentent plus de vingt fois le plafond de premier tour.
  • Pas de publicité politique payante. Le code électoral interdit la publicité commerciale à des fins de propagande électorale dans la presse et l’audiovisuel pendant les six mois précédant un scrutin. Une dépense engagée par un tiers au profit d’un candidat peut être réintégrée dans son compte de campagne, voire traitée comme un don interdit.

À l’échelle de l’Union, le règlement européen sur la transparence et le ciblage de la publicité politique, entré en application le 10 octobre 2025, interdit en outre à la plupart des entités non européennes de financer des publicités politiques dans les trois mois précédant une élection ou un référendum. Plutôt que de s’y conformer, Google puis Meta ont cessé de diffuser toute publicité politique dans l’Union. La conséquence est paradoxale : la voie la plus classique d’un financement étranger, l’achat d’espace, est presque fermée, ce qui reporte l’influence vers la visibilité gratuite des contenus, celle que décident les algorithmes.

En Europe, l’influence de Musk passe par X

C’est sur ce terrain que Musk intervient en Europe. Avant les législatives allemandes de février 2025, il avait soutenu publiquement l’AfD et organisé une discussion en direct sur X avec sa dirigeante, Alice Weidel. Au Royaume-Uni, il avait multiplié les attaques contre le Premier ministre Keir Starmer et discuté d’un don au parti Reform UK de Nigel Farage. Le chiffre de 100 millions de dollars, évoqué dans la presse, n’a jamais été confirmé et Musk l’a démenti. En janvier 2025, Emmanuel Macron l’avait accusé d’intervenir directement dans des élections, notamment en Allemagne, et le Premier ministre d’alors, François Bayrou, avait estimé qu’il représentait une menace pour les démocraties.

Le cas britannique montre que les règles nationales comptent. Outre-Manche, un étranger non inscrit sur les listes électorales ne peut pas donner, mais une société enregistrée au Royaume-Uni le peut, sans plafond. C’est cette faille, qui aurait pu permettre un don par l’intermédiaire d’une filiale de X, que le gouvernement travailliste veut combler. Son projet de loi sur la représentation du peuple prévoit qu’une société ne pourra donner que si elle a des propriétaires britanniques ou réalise suffisamment de chiffre d’affaires au Royaume-Uni.

En France, Musk n’a financé aucun parti, ce que la loi lui interdirait. Il s’est en revanche invité dans la campagne présidentielle : le 15 juillet 2026, il a qualifié Marine Le Pen de « dernier espoir de la France » sur X, une semaine après la décision de la cour d’appel de Paris qui l’a rendue éligible tout en la condamnant dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Le député LFI Antoine Léaument a dénoncé une ingérence étrangère et demandé à l’Arcom d’agir. Comme le relevait LCP, ce soutien n’est pas illégal en l’état : le débat porte moins sur l’opinion exprimée que sur le fait que son auteur contrôle la plateforme qui la diffuse.

La bataille judiciaire franco-européenne autour de X

Ce soupçon est au cœur d’une procédure pénale ouverte à Paris. Elle trouve son origine dans deux signalements reçus en janvier 2025, dont celui du député Éric Bothorel (apparenté EPR), qui faisaient état de l’utilisation supposée de l’algorithme de X à des fins d’ingérence étrangère. L’enquête a été élargie aux contenus négationnistes et aux montages sexuels générés par Grok, l’intelligence artificielle de xAI. Les locaux parisiens de X ont été perquisitionnés le 3 février 2026 avec l’appui d’Europol. Convoqués pour une audition libre le 20 avril, Elon Musk et l’ancienne directrice générale Linda Yaccarino ne se sont pas présentés. Le 6 mai, le parquet a ouvert une information judiciaire, confiant le dossier à des juges d’instruction.

X dénonce une enquête politique et a refusé d’ouvrir son algorithme à la justice française. Musk a insulté les magistrats français et accusé la procureure de Paris d’être manipulée par des ONG de gauche. En avril, selon CNBC, le département américain de la Justice a fait savoir qu’il n’apporterait pas son aide aux enquêteurs français, reprochant à Paris d’interférer avec une entreprise américaine.

Bruxelles mène un front parallèle. Le 5 décembre 2025, la Commission européenne a infligé à X la toute première amende prononcée au titre du règlement sur les services numériques (DSA) : 120 millions d’euros, pour une coche bleue payante jugée trompeuse, un registre publicitaire insuffisamment transparent et des obstacles à l’accès des chercheurs aux données. X a fait appel en février 2026. Le 26 janvier 2026, la Commission a aussi ouvert une enquête formelle sur Grok et sur les systèmes de recommandation de la plateforme. En septembre, le gouvernement américain a demandé à intervenir aux côtés de X devant le Tribunal de l’Union européenne, estimant que Bruxelles cherchait à étendre son autorité à des entreprises américaines.

DateÉtape
12 janvier 2025Signalements au parquet de Paris sur l’algorithme de X
Juillet 2025Enquête confiée à la gendarmerie ; le parquet demande l’accès à l’algorithme
5 décembre 2025Amende de 120 millions d’euros de la Commission européenne au titre du DSA
26 janvier 2026Enquête formelle européenne sur Grok et les recommandations de X
3 février 2026Perquisition des locaux parisiens de X
20 février 2026Recours de X devant le Tribunal de l’Union européenne
20 avril 2026Elon Musk et Linda Yaccarino ne se présentent pas à leur audition libre
6 mai 2026Ouverture d’une information judiciaire à Paris
15 juillet 2026Musk qualifie Marine Le Pen de « dernier espoir de la France »
Septembre 2026Washington demande à intervenir aux côtés de X contre la Commission
Sources : parquet de Paris via franceinfo et AFP, Commission européenne via Eucrim et La Presse, Siècle Digital, Génération NT, LCP. L’information judiciaire ne préjuge pas de la culpabilité des personnes visées.

Soros, une cible plus qu’un acteur en Europe

George Soros occupe une place différente dans le débat européen. Ses fondations Open Society financent des ONG, des médias et des universités, mais ne donnent pas aux partis, ce que la plupart des législations européennes interdiraient à un donateur étranger. Il est surtout devenu une figure de repoussoir : en Hongrie, Viktor Orbán a fait de lui l’adversaire de plusieurs campagnes, et ses fondations comme l’Université d’Europe centrale ont quitté Budapest après l’adoption de lois qui les visaient.

L’élection hongroise du 12 avril 2026 a pourtant montré les limites de l’influence venue de l’extérieur, quel qu’en soit le camp. Malgré le soutien de Donald Trump et la visite du vice-président J. D. Vance à Budapest quelques jours avant le vote, Viktor Orbán a été battu par Péter Magyar, dont le parti Tisza a obtenu une majorité des deux tiers, avec une participation record. L’épisode a rappelé que les accusations d’ingérence visent aussi les gouvernements : Orbán reprochait à Bruxelles et à Kiev de vouloir peser sur le scrutin, quand ses opposants dénonçaient l’implication de Washington.

Ce que cela change pour la France

Trois conséquences se dessinent pour la présidentielle d’avril 2027.

La visibilité compte davantage que l’argent. Les plafonds de dons et de dépenses rendent presque inopérante la puissance financière d’un milliardaire étranger. Une plateforme qui décide quels contenus remontent dans les fils d’actualité peut en revanche peser sans dépenser un euro de campagne. C’est ce qui explique que la riposte française vise l’algorithme de X plutôt que des flux financiers, et qu’elle s’appuie sur le droit pénal et le DSA plutôt que sur le contrôle des comptes de campagne.

Le calendrier judiciaire croise le calendrier électoral. L’information judiciaire de Paris et le recours de X devant le Tribunal de l’Union se poursuivront pendant la campagne. Une mise en examen d’Elon Musk, demandée par le parquet selon plusieurs médias, ou une nouvelle décision de Bruxelles sur les systèmes de recommandation de X tomberait en pleine période électorale. Musk et ses soutiens y verraient une preuve de persécution politique ; ses adversaires, la démonstration que les règles s’appliquent à tous.

Les élections américaines ont des effets européens. L’essentiel des dons de Musk vise le Sénat, qui ratifie les traités, confirme les ambassadeurs et pèse sur la politique commerciale. La position de Washington sur la régulation européenne du numérique, déjà hostile au DSA, dépendra en partie de la majorité issue du 3 novembre.

Les arguments des deux camps

Pour ceux qui reprennent la comparaison, elle repose sur la mesure la plus transparente et la plus comparable, l’argent déclaré, celle qu’utilisent la plupart des observatoires. Ils soulignent qu’Elon Musk dénonce régulièrement l’influence de George Soros, jusqu’à l’invoquer contre la justice française, tout en dépensant davantage que lui en vingt-sept mois, et environ dix fois plus lors de l’élection du Wisconsin. En Europe, ils estiment que la maîtrise d’une plateforme utilisée par des dizaines de millions d’électeurs constitue une forme d’influence que les règles de financement ne savaient pas saisir.

Pour leurs contradicteurs, la comparaison est sélective. George Soros a bâti depuis des décennies un réseau d’organisations militantes dont l’influence dépasse les dons déclarés, et une fois cet argent compté, l’écart se réduit ou s’inverse. Ils rappellent aussi que Michael Bloomberg a dépensé davantage que Musk sans susciter la même indignation. Sur le volet européen, X, le gouvernement américain et plusieurs responsables de droite jugent que les enquêtes de Paris et de Bruxelles relèvent de la censure et visent un propriétaire de plateforme pour ses opinions. Selon eux, un soutien public à une candidate relève de la liberté d’expression, comme les prises de position de n’importe quelle personnalité étrangère.

Les prochaines échéances

ÉchéanceEnjeu
3 novembre 2026Élections de mi-mandat aux États-Unis : contrôle du Sénat et de la Chambre
Début décembre 2026Rapports financiers post-électoraux à la FEC, qui préciseront le total définitif des dons de Musk et de Soros
2026-2027Recours de X contre l’amende européenne devant le Tribunal de l’Union ; enquête européenne sur Grok
En coursInformation judiciaire à Paris visant X et ses dirigeants ; pourvoi en cassation de Marine Le Pen
Avril et mai 2027Élection présidentielle française
Sources : FEC, Commission européenne, parquet de Paris, LCP.

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