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Revolut lance une assurance de crédit en France avec l’assureur MetLife

Par La rédaction · 6 min de lecture

Revolut et MetLife ont annoncé un partenariat portant sur la distribution d’une assurance de protection de crédit destinée aux clients souscrivant un prêt personnel via l’application de la fintech. Le produit est déployé sur quatre marchés dans un premier temps, la France, la Roumanie, l’Espagne et le Portugal, avec une extension annoncée à d’autres pays où Revolut commercialise des crédits à la consommation. L’annonce intervient un mois après l’obtention par la fintech de sa licence bancaire française et deux mois avant l’entrée en vigueur d’une réforme qui modifie les conditions de commercialisation de ce type de couverture.

Deux formules distribuées directement dans l’application

L’Assurance Protection Crédit est présentée comme une option facultative, proposée lors de la souscription d’un nouveau prêt ou accessible aux détenteurs d’un crédit en cours souhaitant couvrir leur engagement existant. Deux niveaux de garantie sont commercialisés. La formule Essentielle couvre le décès, l’invalidité temporaire ou permanente et l’hospitalisation. La formule Complète reprend l’ensemble de ces garanties et y ajoute une couverture en cas de perte involontaire d’emploi.

Dans le communiqué commun, David Tirado, directeur commercial de Revolut, indique que le partenariat s’inscrit dans la volonté du groupe de renforcer la sécurité financière de ses clients en ajoutant une protection complémentaire aux prêts personnels. Nuria Garcia, présidente régionale EMEA de MetLife, relie pour sa part l’accord à une demande croissante de solutions d’assurance intégrées au parcours d’achat, en associant la base de clients de Revolut à la capacité assurantielle de son groupe. Revolut revendique plus de 80 millions de clients dans le monde et plus d’un milliard de transactions mensuelles.

Un lancement adossé à la nouvelle licence bancaire française

L’opération s’inscrit dans le prolongement direct du changement de statut réglementaire de la fintech en France. Le 10 août 2026, Revolut Bank S.A. a obtenu un agrément bancaire de plein exercice délivré par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et la Banque centrale européenne, au terme d’une évaluation conjointe. Cette licence met fin à l’exploitation du marché français sous passeport européen adossé à la licence lituanienne et ouvre l’accès à des produits jusqu’alors hors de portée, notamment le crédit immobilier et les livrets réglementés.

Revolut revendique environ 8 millions de clients particuliers et plus de 55 000 entreprises en France, ce qui en fait l’un de ses principaux marchés européens. Le groupe s’est engagé à investir un milliard d’euros, à recruter environ 600 personnes en Europe de l’Ouest et à installer son siège pour cette région à Paris. Son fondateur et directeur général Nik Storonsky a évoqué au moment de l’agrément la place financière française et son cadre réglementaire comme des éléments d’accélération de la prochaine phase de croissance du groupe. Le Financial Times avait rapporté que la Banque centrale européenne avait imposé l’an dernier à Revolut des restrictions de croissance portant sur les modalités de lancement de ses produits, en pointant des mises sur le marché jugées trop rapides au regard des contrôles de risque.

Un marché français de 218 milliards d’euros d’encours

Le segment visé par le partenariat représente un volume significatif en France. L’encours de crédits à la consommation atteignait 218 milliards d’euros fin janvier 2026, en progression de 3,2 % sur un an selon la Banque de France, à comparer aux 1 283 milliards d’euros d’encours de crédit immobilier. La production mensuelle de crédits à la consommation, hors découverts et crédits renouvelables, s’établissait à 5,5 milliards d’euros en juin 2026, pour un taux moyen de 6,27 %, en baisse par rapport aux 6,54 % du mois précédent. La part de ménages détenteurs d’un crédit à la consommation est passée de 20,9 % en 2023 à 18,1 % en 2025, la progression de l’encours global reposant donc sur des montants unitaires plus élevés.

L’assurance adossée à ces crédits constitue un marché en expansion continue. Le chiffre d’affaires du segment est passé d’environ 1,8 milliard d’euros en 2014 à près de 3 milliards d’euros en 2024, soit une progression de 57 % des cotisations entre 2010 et 2024 selon les données reprises par L’Argus de l’assurance. Bien que facultative pour les crédits à la consommation, contrairement à la pratique observée en crédit immobilier, cette couverture concerne aujourd’hui environ sept contrats sur dix. Le taux de pénétration varie fortement selon le canal de distribution, nettement plus élevé sur le canal bancaire que lorsque le crédit est proposé sur le lieu de vente du bien financé.

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Un segment sous surveillance renforcée du superviseur

Ce marché fait l’objet d’une attention particulière de l’ACPR. Lors de sa matinée consacrée à la protection des clientèles des banques et des assurances, le 31 mars 2026, le superviseur a détaillé plusieurs points d’alerte relatifs à l’assurance adossée aux crédits à la consommation. Les ratios sinistres sur primes relevés se situent entre 15 % et 24 % selon la typologie de crédit, un niveau très inférieur à celui observé sur la plupart des branches d’assurance de personnes. Les commissions de distribution s’établissent pour leur part entre 50 % et 76 % en moyenne.

Le cadre réglementaire évolue par ailleurs à court terme. La réforme du crédit à la consommation issue de l’ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025 entre en vigueur le 20 novembre 2026. Au-delà de l’élargissement du périmètre réglementaire aux mini-crédits, aux paiements fractionnés et aux découverts, la nouvelle rédaction de l’article L. 312-29 du Code de la consommation impose aux prêteurs de laisser à l’emprunteur un délai de trois jours pour comparer les offres d’assurance, un droit dont les souscripteurs de crédits à la consommation ne disposaient pas jusqu’à présent. Le même texte encadre le traitement des données relatives aux diagnostics oncologiques dans les demandes d’assurance emprunteur.

MetLife France, un positionnement sur l’assurance affinitaire

Du côté de l’assureur, l’accord prolonge une stratégie déjà engagée sur le marché français. MetLife, société fondée en 1868 et cotée au NYSE sous le code MET, est présente dans plus de 40 pays. Sa filiale française est implantée depuis plus de cinquante ans sur le seul segment de la prévoyance individuelle, sans activité d’épargne ni de prévoyance collective, selon les indications de sa directrice générale Agnès Bruhat. L’assureur a remporté ces dernières années plusieurs appels d’offres d’envergure en assurance affinitaire, adossés à des bases de clients de grande taille, dont un partenariat avec Veolia lancé en juin 2022 et un accord avec TotalEnergies mis en service en avril 2024.

Le partenariat avec Revolut relève de la catégorie de l’assurance embarquée, dans laquelle la couverture est intégrée au parcours numérique de souscription du produit financier auquel elle se rattache. Les acteurs historiques de ce segment en France comprennent notamment Kereis et Axa Partners, présents sur la distribution d’assurance emprunteur adossée au crédit à la consommation.

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