Quand le Mexique s’éveillera  … une menace pour la Chine ?

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Exit la Chine ! Bienvenue le Mexique ! ?
Selon un rapport du Boston Consulting Group, d’ici à 2015 – soit quasiment demain – le Mexique bénéficiera d’un avantage en termes de coût du travail de l’ordre de 30 % par rapport à la Chine.
Car toutes les « bonnes » chose semblent avoir une fin … et si l’Empire du Milieu s’est éveillé, ses employés aussi, lesquels réclament désormais leur part du gâteau dans le fruit de la croissance. Provoquant une hausse des salaires bien compréhensibles.
Tant et si bien … qu’il faut désormais chercher le Pérou ailleurs … quitte à le trouver au Mexique.
Car, si il y a dix ans encore, l’écart entre la Chine et le Mexique en terme de de salaires horaires s’élevait à 318 %, à l’avantage du secteur industriel chinois, d’ici 2015, le rapport devrait s’inverser au bénéfice du Mexique, ce dernier pouvant même dépasser l’Empire du Milieu, avec un écart positif de 19 %.

Au bénéfice du Mexique … mais pas forcément des Mexicains  … puisque le salaire mexicain devrait alors plafonner à un peu moins de 4 dollars de l’heure (taxes comprises).

En ce qui concerne la productivité, les indicateurs relatifs aux ouvriers mexicains démontrent une progression sans faille. Si, en 2003, l’écart au profit de la Chine se chiffrait à 165 %, il ne devrait plus être que de 14 % en 2015.  Un mélange – que certains pourraient qualifier de « heureux »  – de salaire unitaire peu élevé et d’indice de productivité quelque peu « alléchant » qui permet au Mexique d’espérer au final dépasser son concurrent asiatique de 30 % d’ici …. quelques mois.

Autre avantage non négligeable du côté mexicain : la part du coût du travail dans les exportations de produits manufacturés (7%) y est plus faible qu’en Chine (15 %). Rappelons à titre de comparaison, qu’elle est de 30 % pour la France et de 19 % aux Etats-Unis. Une aubaine, au final, pour les USA, dont le marché absorbe 77 % des exportations de produits manufacturés mexicains. Faisant du Mexique le troisième partenaire commercial des Etats-Unis et la 14e puissance économique mondiale.
En cas de maintien de la tendance actuelle, les exportations mexicaines devraient progresser chaque année de 20 à 60 milliards de dollars d’ici à 2017, ce qui devrait permettre la création de 1,5 à 3,5 millions d’emplois supplémentaires (emplois directs et indirects inclus).

Au delà du niveau attractif des salaires mexicains (pour les employeurs), les nombreux accords de libre-échange conclus par le Mexique avec ses partenaires mondiaux ainsi que le coût de l’énergie pourraient faire la différence.
Mettant en avant ce que nous suspections déjà depuis quelques semaines : au delà de la guerre énergétique à laquelle se livrent depuis déjà de nombreuses année les grands de ce monde, la prochaine bataille mondiale sera  celle des accords commerciaux. Tels le Système de Préférences généralisées qui doit être revu prochainement, et qui pourrait être le fin mot de l’histoire des déboires sociaux et industriels du Bangladesh, les discussions autour de l’entrée de la Russie dans l’OMC, les dessous du conflit entre panneaux salaires chinois et vins européens.
Or, au cours des dernières années, le Mexique a multiplié les accords de libre-échange … sa « palette » offrant un choix d’une quarantaine de traités tels que l’ALENA (Accord de libre-échange Nord Américain), signé en 1994, l’Alliance du Pacifique (Chili, Colombie, Mexique, Pérou) conclus en 2012. La Chine n’en disposant « timidement » que de 18…

S’agissant de la facture énergétique, précisons qu’en 2012, le prix du baril était de 3,24 dollars au Mexique contre 4,89 dollars du côté chinois.  Quant au gaz, côté mexicain, le million de BTU (British Thermal Unit) s’échange à 5 dollars contre 13, 6 dollars en Chine.  L’électricité est également moins onéreuse au Mexique à 11,5 dollars/kWh, contre 12 dollars dans l’Empire du Milieu. L’avenir y est prometteur, le sous-sol mexicain étant doté de nombreuses réserves de gaz de schiste.
Reste que la médaille a son revers : une corruption accrue, assortie d’une montée de la violence au cours des cinq dernières années, éléments de nature à refroidir quelque peu les investisseurs étrangers. Lesquels s’interrogent également sur les capacités du Mexique à offrir une main-d’oeuvre qualifiée et à proposer une industrie d’un niveau technologique permettant de répondre aux nouvelles exigences mondiales. Tout en se plaignant de la lenteur bureaucratique. Mais jusqu’à quand ?

Quant aux conditions de travail des salariés … C’est une autre histoire …

Sources : Boston Consulting Group

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 08 juillet 2013


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