Entre flash krach et croissance en berne, le CAC 40 commence difficilement la semaine

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Le CAC 40 a perdu 1,66% lundi (non sans avoir glissé de -3,4% en matinée sous l’effet d’un étrange flash krach pour les places européennes ouvertes ce 2 mai), à l’orée d’une semaine qui devrait voir la Réserve fédérale des Etats-Unis opérer un nouveau tour de vis.

Tout au long de la séance, la morosité a régné lundi en Bourse de Paris, “pimentée” en outre par un krach éclair (et à vrai dire inexpliqué) ressenti à l’échelon européen vers 10h00. Dans un contexte toujours marqué par le resserrement des politiques monétaires face à l’inflation, le ralentissement de la croissance mondiale, le conflit en Ukraine et la persistance d’importantes flambées épidémiques en Chine faisant craindre un calage de la deuxième économie mondiale, l’indice phare tricolore a lâché 1,66% à 6.425,61 points.

Vendredi, le CAC 40 avait enregistré un rebond limité, ne changeant pas le sens de la performance hebdomadaire (une baisse de 0,72%). Après la clôtures des places européennes, la séance a viré à la correction pour les indices américains consécutivement à des résultats inférieurs aux attentes de la part de géants technologiques et à la publication d’un indice d’inflation PCE encore en accélération. L’indice Dow Jones a cédé 2,77%, le S&P 500 a flanché de 3,63% et le Nasdaq Composite a carrément plongé de 4,17% – des performances inédites depuis 2020.

Une déculottée qui clôturait un quadrimestre particulièrement défavorable aux actions. Le S&P 500 accuse en effet un repli de 13,3% depuis le début de l’année, soit tout simplement la plus forte baisse de son histoire sur cette période de quatre mois. Ou la troisième plus forte baisse, si on commence à compter à partir de la création du S&P 90 en 1928, ce prédécesseur du S&P 500 ayant en effet chuté de 16,8% lors des quatre premiers mois de 1939 et de 28,2% sur la même période de 1932. Pour le Nasdaq Composite -créé en 1971 avec la première Bourse électronique américaine- pas d’ambiguïté possible, c’est bien le plus mauvais début d’année jamais observé, soit -21% à fin avril. Curieusement, le vénérable Dow Jones s’en tire mieux, son repli n’atteignant même pas -10% sur quatre mois.

Ce lundi, l’heure n’était pas encore au rebond pour la Bourse de New York, S&P et Dow cédant encore 0,25% au moment de la clôture européenne, alors que le Nasdaq s’affichait quasiment stable.

Une production sous pression

Si les marchés chinois (ainsi que la Bourse indienne ou celle de Londres) sont fermés ce lundi, “bank holiday” oblige, les nouvelles en provenance de Chine ont également inquiété, les indices PMI officiels chinois témoignant d’une aggravation de la contraction de l’activité dans le secteur manufacturier comme dans les services en avril, sur fond de sévères mises en quarantaine.

En Europe, la croissance a de nouveau ralenti dans le secteur manufacturier de la zone euro tandis que les prix de vente ont enregistré une hausse record, selon les indices PMI de S&P Global (qui a finalisé le rachat d’IHS Markit en début d’année). Pour le troisième mois d’affilée l’indice PMI Global pour l’industrie manufacturière de la zone euro s’est replié, de 56,5 en mars à 55,5 (un plus bas de quinze mois) le mois dernier.

Surtout, l’indice final de la production manufacturière a chuté à 50,7 (mars : 53,1), un plus bas de 22 mois et surtout très proche de la barre de 50 en deçà de laquelle la production se contracte. “L’activité des fabricants de la zone euro a quasiment stagné en avril, la production ayant enregistré sa plus faible expansion depuis juin 2020. Les entreprises interrogées ont non seulement signalé une aggravation des tensions d’approvisionnement, exacerbées par la guerre en Ukraine et les nouvelles restrictions sanitaires imposées en Chine, mais ont également souligné l’impact des hausses de prix et de la montée des incertitudes concernant les perspectives économiques sur le niveau de la demande”, a mentionné Chris Williamson, qui ne voit pas les choses s’arranger de sitôt, au contraire.

“La tendance baissière de la production risque de s’accentuer. L’indice des perspectives d’activité continue en effet d’afficher un niveau nettement inférieur à sa moyenne de long terme tandis que le ralentissement de la croissance des nouvelles de commandes et le ratio carnets de commandes-stocks de produits finis suggèrent un recul de la production au cours des prochains mois”, ajoute-t-il.

Les valeurs du CAC dans le rouge à l’exception de Carrefour

La semaine sera par ailleurs marquée par la réunion du comité de politique monétaire (le FOMC) de la banque centrale des Etats-Unis. Passe encore qu’on assiste mercredi à une hausse archi-téléphonée de 0,5 point des taux directeurs, mais les opérateurs craignent d’assister à l’annonce d’une hausse en juin au moins égale à celle-ci. Sinon supérieure, certains observateurs attendant désormais un durcissement supplémentaire de +0,75 point le 15 juin, ce qui serait du jamais-vu depuis 1994.

Aucune actualité notable n’est par ailleurs venue animer la cote parisienne, où au sein du CAC seule l’action Carrefour (+1,1%) a réussi à ne pas finir dans le rouge, en raison du caractère jugé défensif de son activité. Ainsi 98% de l’échantillon de l’indice vedette a fini dans le rouge, sans distinction de secteur ou de style : ArcelorMittal (-4%) a subi la plus forte baisse, suivi de Safran et Schneider (-3,5%), et Teleperformance (-3,3%) ou encore Stellantis (-3%) et Veolia (-2,9%).

La perspective d’une moindre demande d’énergie plombait les cours pétroliers, le Brent refluant de 2,03% à 104,96 dollars (-2,24% à 102,35 dollars pour le WTI).

L’euro tentait de préserver le seuil de 1,05 dollar malgré un repli de 0,38% en fin de journée à 1,010, au terme d’une journée très volatile également pour le marché des changes.

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