Les banques qui interdisent à leurs clients d’acheter les cryptomonnaies.. et les plus ouvertes

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Le Crédit Agricole est la banque la plus frileuse à l’égard des investisseurs en cryptomonnaies. La néo-banque N26 est, quant à elle, la plus “Bitcoin friendly”.

Nombreux sont les usagers des cryptomonnaies qui découvrent a posteriori que leur banque ne veut pas entendre parler du Bitcoin. Pour les plus chanceux, les virements vers ou depuis les plateformes d’échange sont annulés… mais certains s’exposent à la clôture de leur compte sous 60 jours. Au printemps 2019, le Crédit agricole Atlantique Vendée avait fait parler de lui en refusant un virement de 15.000 euros vers la plateforme Kraken pour “préserver les intérêts” de son client. Ce dernier, échaudé de ne pas pouvoir disposer librement de son argent, avait transféré ses fonds sur N26, laquelle n’avait pas posé de problème. Un choix qui fait sens, car la néobanque allemande est l’établissements bancaire le plus ouvert sur le sujet, alors que le Crédit agricole est celui qui présente le plus de difficultés.

L’AssoCryptoFr, dont la mission est de défendre les usagers en cryptomonnaies, a publié les résultats d’un sondage réalisé au premier semestre 2019 recensant les problèmes auprès des différentes banques françaises. Les questions portaient sur les éventuelles difficultés rencontrées en amont (virement vers une plateforme d’échange, paiements CB, etc.) et en aval (virement depuis une plateforme, fermeture de compte, etc.). Sur l’ensemble des banques dites “problématiques”, Crédit agricole pèse 27% du total, suivi par le réseau Crédit Mutuel (15%). Viennent ensuite La Banque Postale, la Caisse d’Epargne, BNP Paribas, CIC et LCL. La difficulté citée majoritairement est celle des virements bancaires vers les plateformes d’échange, soit la toute première étape avant d’acquérir des cryptomonnaies.

La plupart du temps, les banques ne souhaitent pas se mouiller en raison de la réputation sulfureuse du Bitcoin. Dans certains cas, il est possible de signer une décharge de responsabilité. “Mais leurs dossiers peuvent souvent attendre des semaines avant de se débloquer… et parfois ils ne le sont jamais”, explique Quentin de Beauchesne, président de l’AssoCryptoFR.

Le sujet peut se révéler compliqué au sein des agences locales : en cas d’activité illicite, le directeur est pénalement responsable. Cela peut expliquer la frilosité de certains établissements. “L’AssoCryptoFR souhaite que le droit des usagers à disposer de leur argent soit respecté : nous recommandons que les banques débloquent les IBANs des plateformes d’échange connues et sûres, puis forment leurs agents afin qu’ils puissent identifier le sujet et faire des choix mesurés”, insiste Quentin de Beauchesne.

En France, Coinhouse ou Paymium font figure de plateformes de référence et devraient prochainement bénéficier de l’agrément de prestataire de services sur actifs numériques (PSAN) que l’Autorité des marchés financiers (AMF) commence à délivrer. Une manière pour les banques d’y voir un peu plus clair.

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