Les opportunités émergentes dans un Moyen-Orient en ébullition

Les analystes prévoient des bénéfices potentiels dans les investissements liés à l’énergie et à la défense au cours des 12 à 18 prochains mois.

Trois semaines après le début du conflit entre Israël et le Hamas, l’impact sur les marchés semble s’estomper malgré les inquiétudes humanitaires à Gaza. L’instabilité au Moyen-Orient peut avoir des répercussions majeures sur l’économie mondiale, suscitant ainsi des préoccupations parmi les investisseurs. La question pressante qui se pose est : quels investissements offrent une option sûre face à l’éventualité d’une escalade des conflits dans la région ?

Selon BCA Research, une société de stratégie d’investissement, la clé réside dans les investissements liés au pétrole et à la défense. Leur recherche indique que le conflit pourrait déborder des frontières de Gaza au cours des 12 prochains mois, entraînant ainsi un choc pétrolier significatif. Cette prévision gagne en crédibilité suite à des rapports affirmant que l’armée américaine a frappé des milices soutenues par l’Iran en Syrie, se proclamant agir en légitime défense.

BCA Research estime à 45 % la probabilité que ce conflit entraîne le Hezbollah et d’autres groupes militants au Liban et en Syrie.

Les États-Unis augmentent leurs dépenses de défense pour protéger leurs alliés, tandis que l’Europe alloue également davantage de fonds à la défense, ce qui présage des profits accrus pour les investisseurs.

D’après l’analyste financier Gertken, l’évaluation des actions dans les secteurs de la défense et de l’énergie doit être comparative avec d’autres actions cycliques. En 2023, les perspectives économiques mondiales, telles que prévues par le FMI avec une croissance du PIB plus faible, entraînent une performance moins solide pour les actions cycliques. Néanmoins, Gertken est d’avis que parmi ces actions, celles associées à l’énergie et à la défense devraient se démarquer.

Concernant le marché, les investisseurs se tournent vers des actifs refuge tels que l’or et les bons du Trésor américain en raison des nouvelles en provenance d’Israël et de Gaza. Jusqu’à présent, l’impact de la guerre sur les marchés financiers mondiaux et les prix du pétrole a été modéré. Cette stabilité relative s’explique par deux tendances opposées sur le marché pétrolier : d’une part, le ralentissement de l’économie mondiale réduisant la demande de pétrole, et d’autre part, les investisseurs spéculant sur une escalade du conflit au Moyen-Orient, ce qui limiterait l’offre et ferait augmenter les prix.

Pour l’avenir, les experts estiment que si la guerre reste confinée dans ses frontières actuelles, les prix du pétrole Brent ne devraient pas augmenter de plus de 3 à 4 dollars. Cependant, en cas d’implication de l’Iran et de coupure de l’accès à ses 700 000 barils de pétrole annuels, une augmentation de 10 dollars est probable, a déclaré l’analyste Rizvi.

La différence majeure de cette crise au Moyen-Orient par rapport aux précédentes réside dans la capacité nucléaire de l’Iran, selon Gertken. Cette situation pose des questions stratégiques essentielles sur la possession d’armes nucléaires par l’Iran et le Hezbollah, créant ainsi une conjoncture critique et dangereuse.

Même si un conflit potentiel avec l’Iran est contenu, BCA Research prévoit la possibilité imminente d’une récession aux États-Unis au cours des 12 à 18 prochains mois. L’inflation énergétique trop élevée empêcherait la Réserve fédérale américaine de réduire les taux d’intérêt, mettant ainsi une pression sur la demande et pesant sur l’économie. Un indicateur clé de cette récession serait l’augmentation du taux de chômage aux États-Unis, ce qui aurait des répercussions sur la stabilité mondiale, notamment sur les résultats des élections américaines.

Dans ce contexte, les investisseurs se tournent vers des actifs tels que l’or, le dollar, le yen japonais et le franc suisse, ainsi que les rendements des bons du Trésor américain, considérés comme des refuges sûrs. Les matières premières telles que l’argent et le cuivre pourraient également offrir de bons rendements à long terme, selon Rizvi, en raison de la croissance économique limitée actuelle, qui devra se dénouer lorsque la Fed commencera à ajuster sa politique monétaire d’ici 2024 ou 2025.

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