CAC 40 : La prudence revient sur le CAC 40, qui perd 0,35%

Mots-clefs : , , ,

(BFM Bourse) – Après un début de séance en hausse, la Bourse de Paris a finalement subi un nouveau léger repli mardi, en préservant toutefois le seuil symbolique de 5.900 points, les doutes sur l’avenir des relations commerciales sino-américaines amenant les opérateurs à un peu plus de prudence après les records atteints ces derniers jours.

Après avoir grimpé en matinée jusqu’à un nouveau sommet annuel (passant à 0,56% de la barre des 6.000 points, à 5.967 points), la Bourse de Paris a basculé dans le rouge dans l’après-midi, pénalisée par l’ouverture négative de Wall Street. L’indice CAC 40 s’est finalement replié de 0,35%, finissant à 5.909,05 points, dans un volume d’échanges de moins de 2,8 milliards d’euros.

“Les doutes concernant les relations commerciales entre Washington et Pékin ainsi que la volonté de prendre un peu de profit sont cependant bien présents” anticipait dès avant l’ouverture John Plassard, chez Mirabaud Securities.

Outre-Atlantique, le chef économiste et responsable de la stratégie d’investissement du géant Vanguard a dit ne pas anticiper de désescalade significative des tensions commerciales. “Et avec la persistance des incertitudes géopolitiques et l’imprévisibilité des politiques devenant la nouvelle norme, nous nous attendons à ce que ces influences pèsent négativement sur la demande en 2020, et sur l’offre à long terme”, redoute le spécialiste, qui s’attend à voir le rythme de croissance de l’économie américaine fondre jusqu’à 1% l’an prochain. Dans ce contexte, Vanguard prône une approche prudente, “la probabilité d’un important repli sur les actions et autres actifs à bêta élevé restant élevée, sensiblement plus élevée que dans un environnement de marché normal”.

En raison de doutes croissants sur la capacité de la Chine et des États-Unis de parvenir rapidement à un accord commercial, ne serait-ce que partiel, les indices américains ont de fait connu lors de la première heure de cotations des prises des bénéfices appuyées par rapport aux nouveaux plus hauts historiques atteints lundi. Au moment de la clôture européenne, le Dow Jones cédait 0,4%, pénalisé par Home Depot (-5%) qui a fait état de ventes inférieures aux attentes, mais le S&P 500 limitait son recul à 0,06% et le Nasdaq remontait même de 0,2%. En dehors du Dow Jones, un autre détaillant, Kohl’s, chutait carrément de 17,6% également à la suite de ventes décevantes.

La politique dominait par ailleurs l’actualité du jour, avec des auditions devant le Congrès américain dans le cadre de la procédure de destitution qui vise Donald Trump, ainsi qu’un grand débat télévisé outre-Manche entre le Premier ministre Boris Johnson et le leader du parti travailliste Jeremy Corbyn, en plein campagne pour les législatives.

Accor avance, SES plonge

Le groupe hôtelier Accor a pris la tête du CAC 40, avançant de 2,2% après l’annonce de la vente d’un bloc de 5,2% d’AccorInvest, l’entité propriétaire des murs d’un millier des hôtels du groupe. L’opération démontre que la valeur du patrimoine s’est sensiblement accrue depuis sa filialisation en 2018.

Enfin, le marché automobile européen ayant enregistré son meilleur mois d’octobre depuis dix ans, en progression de 8,7% sur un an, le secteur a été globalement recherché avec des hausses de 1,2% pour Renault et +0,4% pour Michelin, ou hors de l’indice phare +2% pour Faurecia ou +1,75% pour Akwel, l’ex-MGI Coutier. Toutefois Peugeot qui avait déjà perdu 3,3% lundi a encore cédé 1,35%, sans actualité notable.

Airbus a pris 0,7% dans le sillage de l’annonce de deux contrats majeurs totalisant 30 milliards de dollars (27 milliards d’euros) au Dubai Airshow ainsi que d’un partenariat sur un avion hybride avec EasyJet qui affirme son intention d’être la première compagnie au monde à atteindre la neutralité carbone pour ses vols.

Dans l’autre sens, l’opérateur de satellite SES a flanché de 23,3%, au plus bas depuis avril 2018, alors que le président du régulateur américain des télécommunications s’est prononcé en faveur d’un appel d’offres public pour libérer les fréquences de la bande C destinées à la 5G et exploitées par SES, qui privilégiait une vente de gré à gré.

Dans le sillage du repli de la veille, les prix du pétrole accentuaient leur recul étant donné l’extrême lenteur des progrès -si tant est qu’il y ait réellement progrès- des négociations sino-américaines. En outre, en dépit des interrogations récurrentes sur la pérennité du phénomène, la production du pétrole de schiste américain devrait battre de nouveaux records,en grimpant le mois prochain jusqu’à l’équivalent de 9,133 millions de baril par jour en moyenne, selon les projections de l’Energy Information Administration des Etats-Unis. En fin de journée en Europe, le baril de Brent de mer du Nord reculait de 1,71% à 61,37 dollars et le baril de WTI perdait 2,28% à 55,75 dollars.

Du côté des devises, l’euro avançait légèrement à 1,1079 dollars (+0,07%).

Guillaume Bayre – ©2019 BFM Bourse

Votre avis

Actu et Conseils – BFM Bourse

Partager cet article