CAC 40 : Le marché parisien ignore Donald Trump et efface l'intégralité de ses pertes subies lundi

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(BFM Bourse) – Faisant fi des menaces de Donald Trump de ne pas signer le plan de relance adopté par le Congrès, le CAC 40 enchaîne une deuxième séance consécutive de nette progression et revient au-dessus des 5.500 points, comblant ainsi le gap de lundi, alors qu’un accord se profile sur le Brexit.

À 28 jours de la prise de pouvoir effective de Joe Biden et à la veille du réveillon de Noël, les investisseurs font la sourde oreille aux saillies verbales de Donald Trump, refusant de se départir de l’optimisme qui règne sur les marchés depuis l’adoption du plan de relance par le Congrès mardi. Les menaces de l’actuel locataire de la Maison Blanche de ne pas signer ce plan à 900 milliards ont donc été ignorée par les investisseurs. Et au lendemain d’un rebond de 1,36%, le CAC 40 ajoute 1,11% supplémentaires et boucle la séance à 5.527 points, soit précisément son niveau de vendredi dernier en clôture.

Jochen Stanzl, analyste pour CMC Market, estime que les marchés sont “optimistes car les investisseurs voient la lumière au bout du tunnel”. Ils sont de fait stimulés par le lancement imminent des campagnes de vaccination contre le Covid-19 en Europe, qui porte l’espoir d’une reprise économique prochaine, après l’autorisation de mise sur le marché du vaccin Pfizer/BioNTech dans l’UE lundi.

Accord sur le Brexit en vue

Le marché parisien a également accru ses gains dans le sillage des déclarations d’un haut diplomate européen, qui a jugé imminente la conclusion d’un accord sur les futures relations commerciales entre l’Union européenne et le Royaume-Uni après le Brexit. S’il était confirmé, cet accord, qui pourrait intervenir dans la soirée d’après cette même source, permettrait une rupture ordonnée entre les deux parties, à huit jours du départ effectif des Britanniques de l’UE. “Dans l’ensemble, il y a un grand élan d’optimisme quant à la possibilité que le drame sur le Brexit aboutisse enfin à un accord commercial qui permettra de remettre l’accent sur l’économie”, a déclaré Edward Moya, analyste de marché senior chez Oanda.

Et si le président américain a donné un peu de grain à moudre aux marchés à l’approche des fêtes, qualifiant de “honteux” l’accord obtenu sur le plan de soutien longtemps attendu par les investisseurs -jugeant notamment “ridiculement basses” les aides aux particuliers qu’il prévoit- l’influence de Donald Trump sur les marchés apparaît désormais limitée. “Nous pensons personnellement qu’il signera au dernier moment”, commente Andrew Brenner, responsable de la gestion obligataire chez NatAlliance, en sachant que les marchés américains fermeront jeudi pour la trêve de Noël au terme d’une séance écourtée.

La Bourse de Paris fermera également ses portes à compter de 14h05 ce jeudi, et ce jusqu’à lundi. D’ici là, les (rares) investisseurs encore présents sur les marchés en cette trêve des confiseurs s’appliquent à effectuer de derniers arbitrages, à l’issue d’un mois où le CAC 40 a été quasi-stable. Le volume de transactions particulièrement restreint (2,3 milliards d’euros) témoigne de l’absence de nombreux opérateurs.

Wall Street reste bien orienté

En dépit des dernières déclarations de Donald Trump, la Bourse de New York évolue également dans le vert mercredi. “Le marché n’a pas été perturbé par le dernier rebondissement politique”, note Patrick O’Hare de Briefing.com. Les investisseurs étaient “heureux (toutes proportions gardées) avec l’accord de compromis. Si les chèques de soutien sont finalement augmentés à 2.000 dollars, cela rendrait simplement le marché plus heureux (toutes proportions gardées)”, a-t-il ajouté. Peu après 18h10, le Dow et le Nasdaq avancent donc respectivement de 0,7% et 0,5%, quand le Nasdaq est à l’équilibre. À noter que le Russell 2000 des petites capitalisations de la cote new-yorkaise a franchi pour la première fois le seuil des… 2.000 points ce mercredi matin.

Les valeurs cycliques encore recherchés à Paris

En l’absence d’actualité parmi les poids lourds de la cote, les valeurs “cycliques” poursuivent leur rebond entamé la veille avec des gains de 4,6% pour Airbus (meilleure performance du jour au sein de l’indice phare), de 4,4% pour URW ou encore de 3,3% pour Safran. Les banques restent également bien orientées (+4,2% pour Société Générale, +3,2% pour BNP Paribas, +3,1% pour Crédit Agricole), tandis que le géant mondial des cosmétiques L’Oréal grappille de son côté 0,6% en réaction à l’annonce d’un accord signé en vue de l’acquisition de Takami, une société japonaise de cosmétiques, spécialisée dans les soins pour la peau. Le montant de l’opération n’a pas été précisé.

Total reprend aussi 2,8%, profitant du vif rebond des cours pétroliers (+2,38% à 51,27 dollars pour le Brent, +2,49% à 48,19 dollars pour le WTI) à l’annonce, par l’EIA, d’une diminution des stocks de brut aux Etats-Unis, ravivant l’espoir d’une reprise progressive de la demande d’hydrocarbures.

Le traitement d’Abivax “priorité nationale de recherche”

Sur le reste de la cote, les compartiments sanitaire et biotechnologique sont à l’honneur ce mercredi, avec notamment un bond de 25% du titre Abivax dans le sillage de l’obtention du statut de “priorité nationale de recherche” pour son traitement anti-Covid. Carmat a de son côté annoncé que son cœur artificiel a obtenu le marquage CE, ce qui ouvre la voie à une commercialisation en Europe à compter de mi-2021. La cotation du titre, suspendue ce jour, reprendra demain. D’autres sociétés biotechnologiques sont recherchées, à l’image de Safe Orthopaedics (+50%, après une envolée de 124% mardi), AB Science (+14,5%), Pixium Vision (+14%) ou encore Gensight Biologics (+11,3%).

Le spécialiste franco-autrichien des vaccins Valneva (-0,5%), qui travaille sur un remède contre le Covid-19, a annoncé mardi l’approbation par ses actionnaires, lors d’une assemblée générale extraordinaire, d’une résolution permettant une introduction en Bourse aux Etats-Unis. La biotech, dont le siège est à Nantes, est déjà cotée à la Bourse de Paris.

Le groupe français d’analyses Eurofins Scientific a pour sa part annoncé mercredi le lancement en Europe de kits permettant d’effectuer soi-même et chez soi un prélèvement en vue d’effectuer un test PCR et de détecter le Covid-19, et grappille 1,2%.

Enfin, sur le Forex, la monnaie unique repart de l’avant et reprend 0,26% à 1,2196 dollar après avoir lâché 0,6% mardi.

Quentin Soubranne – ©2020 BFM Bourse

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