Immobilier: la barre des 10.000 euros le m2 à Paris sera franchie en 2018

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Ceux qui se plaignent des prix trop élevés dans la capitale n’ont pas fini de maudire le marché parisien. Au cours des cinq premiers mois de l’année, les biens vendus à Paris dans le réseau Guy Hoquet ont vu leur prix moyen progresser de 6,8% par rapport à la même période de 2017. Le mètre carré se négocie désormais à 9.510 euros.

Certes la hausse ralentit mais « les 10.000 euros seront vraisemblablement dépassés avant la fin de l’année à Paris », prévoit Fabrice Abraham, directeur général du réseau d’agences immobilières. Des chiffres qui viennent confirmer la tendance observée par le dernier baromètre LPI-Se Loger, qui annonce que sur les trois derniers mois, la barre symbolique des 10.000 euros le m2 aurait déjà été dépassée dans la ville lumière.

Selon les données de Guy Hoquet, le budget moyen des Parisiens progresse de 5% sur un an pour atteindre 473.598 euros, soit plus du double du budget moyen des Français (220.000 euros). Avec cette somme, les acquéreurs ne peuvent pourtant acquérir qu’un modeste appartement de 49,8 m2. Le marché parisien est donc toujours aussi compliqué côté acheteurs. Les délais de vente ont même encore baissé de 3 jours pour atteindre 61 jours. « Et encore, c’est une moyenne qui prend tous les biens, y compris ceux qui ont le plus de mal à se vendre comme les rez-de-chaussée exposés plein nord et surestimé de 30%. Lorsqu’un appartement est à son prix et qu’il correspond à la demande, il se vend en moins de 7 jours à Paris », détaille Fabrice Abraham.

« Je n’ai jamais vu ça en 30 ans »

En revanche, le nombre de compromis de vente est en repli de près de 10% sur un an de janvier à mai, toujours selon le réseau. Pire, le volume des annonces pour des biens à vendre dans la capitale chute de 19% sur un an. « Je n’ai jamais vu ça en 30 ans », confie Fabrice Abraham.

Face à une demande qui ne faiblit pas, l’offre se raréfie. Le réseau Guy Hoquet avance deux raisons. Premièrement, des milliers d’appartements sont sortis du marché : ils ont été rachetés par la mairie au cours des dernières années pour en faire des HLM. De 2001 à 2016, près de 76.000 logements sont ainsi venus rejoindre les rangs du parc social, selon les données de l’Agence départementale d’information sur le Logement (Adil) de Paris. Les constructions neuves étant particulièrement rares, une écrasante majorité d’entre eux étaient avant dans le parc privé, et donc potentiellement à vendre.

Deuxièmement, « Paris est un marché de secundo-accédants qui préfèrent souvent acheter avant de vendre leur appartement. Ce qui limite encore les offres dans le temps », explique Fabrice Abraham. Deux éléments qui pèsent sur ce marché de niche. Rappelons qu’en 2017, une excellente année en termes de transactions, il y avait eu seulement 38.900 ventes dans l’ancien à Paris selon les notaires. Rapportées aux 1,36 million de logements, cela signifie que chaque année, moins de 3% des biens changent de mains à Paris.

Plus largement, l’Ile-de-France est tirée par le marché parisien, avec des prix en hausse de 2,2% et un m2 qui vaut désormais en moyenne 3.501 euros. Le marché est cependant un peu moins tendu, avec des délais de vente qui s’allongent à 74 jours en moyenne. Le budget moyen s’affiche à 277.804 euros, ce qui permet d’acquérir une maison ou un appartement de 79,4 m2.

En province, le marché est beaucoup plus raisonnable, avec un m2 à 1.923 euros en moyenne (+0,7% sur un an), un budget moyen de 186.531 euros permettant de s’offrir 97 m2 et des délais de vente de 97 jours.

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