Pétrole Brent : Après un tweet de Trump, la chute des cours du pétrole s'accélère

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(BFM Bourse) – Nouvelles (fortes) secousses sur le marché de l’or noir. Les cours des barils de Brent européen et de WTI américain cèdent chacun plus de 4% vers 17h30. Si le premier retombe à son niveau de début avril 2018, la référence américaine revient, elle, à son niveau de décembre 2017.

Alors que les principaux pays producteurs de pétrole -à l’exception notable des États-Unis- avaient annoncé, hier, réfléchir à « de nouvelles stratégies » pour mettre un terme à la baisse quasi-continue des cours de l’or noir depuis début octobre, un tweet du président américain n’a pas aidé le marché pétrolier à se redresser. « On peut espérer que l’Arabie saoudite et l’Opep ne réduiront pas leur production de pétrole. Les prix du pétrole devraient être nettement plus bas si on se base sur (le niveau de) l’offre », a écrit Donald Trump, aux alentours de 19h hier soir sur son compte Twitter.

A la suite de ce message, les cours du pétrole ont évolué en très forte baisse toute la journée de mardi, sur fond de craintes d’une offre excédentaire dans les mois à venir. Vers 17h35, le contrat à échéance janvier sur le baril de Brent de la mer du Nord recule de 4,48% à 66,98 dollars, ce qui représente sa plus forte baisse journalière depuis le 16 juillet dernier. Cette dégringolade fait chuter le cours à son plus bas depuis le 9 avril dernier et porte son repli depuis le 3 octobre dernier (le baril cotait alors à 86,74 dollars) à plus de 22%.

Quant au contrat décembre sur le baril de brut léger américain dit WTI, il recule également très nettement, à 57,25 dollars (-4,47%) vers 17h45. Jeudi dernier, le WTI avait signé 10 séances consécutives de baisse, sa plus longue phase baissière depuis 1984 (!) selon les données de Refinitiv Data citées par CNBC, avant de légèrement se reprendre vendredi. Avec cette nouvelle chute, le WTI retrouve son plus bas niveau depuis décembre 2017. Sur un peu plus d’un mois, les pertes s’élèvent à plus de 25% pour la référence américaine.

Vers une offre trop abondante en 2019 ?

« Le marché semble de plus en plus inquiet de la perspective d’une offre excédentaire », indique à Reuters Norbert Rücker, responsable de la recherche sur la macroéconomie et les matières premières chez Julius Baer. « Ce tweet (de Donald Trump) n’aide certainement pas les cours », pointe Warren Patterson, stratège sur les matières premières chez ING.

Dans son rapport mensuel publié mardi, l’Opep dit s’attendre, pour 2019, à une hausse de la demande mondiale de 1,29 million de barils par jour (bpj), soit 70.000 de moins que sa prévision du mois dernier. Dans le même temps, l’offre non-Opep augmenterait de 2,23 millions de bpj, soit 120.000 de plus qu’estimé en octobre. Le cartel avertit ainsi que le marché pétrolier risque d’être surapprovisionné l’an prochain du fait du ralentissement de la croissance mondiale et d’une hausse plus forte que prévu de la production de pays en dehors de sa zone d’influence.

À noter que cette nouvelle dégringolade des cours de l’or noir pèse sur le secteur pétrolier en Bourse. L’indice Stoxx européen qui recense les 22 valeurs pétrolières et parapétrolières européennes cède 1,88% vers 18h00. Côté français, TechnipFMC (-2,84%) et Total (-1,41%) signent tout simplement les deux plus fortes baisses du jour sur le CAC. Les autres valeurs comme Vallourec (-2,28%), Schlumberger (-3,17%), Bourbon (-1,74%) ou encore CGG (-1,31%) bouclent aussi cette séance en net repli.

Quentin Soubranne – ©2018 BFM Bourse

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