Reconfinement: un coup au moral historique

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Rien à voir avec le premier confinement ! Même allégé, l’impact de cette nouvelle mesure administrative sur “la confiance des Français en l’avenir de la situation économique”, telle qu’elle est mesurée chaque mois par le baromètre Odoxa-Aviva pour Challenges et BFM Business, a atteint un plancher jamais atteint depuis… 2014. Que s’était-il passé cette année-là pour provoquer une telle défiance ? Le chômage avait crevé pour la première fois depuis vingt ans le plafond des 10 %, et la popularité de François Hollande avait enfoncé le plancher des 15 %, minée par les défaites de la gauche aux élections municipales et européennes, et moquée par l’ex-compagne du président Valérie Trierweiler avec son Merci pour ce moment.

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L’inquiétude pour l’emploi est revenue au premier rang, avec une force comparable à celle de la deuxième vague de la pandémie : 60 % des Français craignent désormais de perdre leur job. Par contre, la cote d’Emmanuel Macron tient, autour de 38 %. Pour consolider cette image, il appartient aussi au président de la République de ne pas effaroucher les troupes. Et l’emploi du chiffre hypothétique de “400.000 morts pour atteindre l’immunité collective” dans son allocution du 28 octobre est aussi déplacé que le “nous sommes en guerre” de mars 2020 pour justifier le premier confinement. Non seulement le chef de l’Etat a

choisi de mentionner le haut de la fourchette évoquée par l’Institut Pasteur sans mentionner l’hypothèse base (100.000 morts), mais il aurait été moins anxiogène de reprendre les estimations de l’Imperial College de Londres, qui estime que le confinement a permis d’éviter une surmortalité de 30.000 personnes par mois.

Crise “majeure et durable, comme celle de 2008”

Dans ce chemin de crête si dangereux entre la santé et l’économie, il manque une source d’information fondamentale : où les nouveaux cas testés positifs ont-ils été contaminés ? Chez eux, en visitant un proche, sur leur lieu de travail, dans une rame de métro, attablé au restaurant, dans des librairies… ? Cet aspect essentiel permettrait de mieux justifier les décisions administratives, où la théorie du « one size fits all » (une taille pour tout le monde) est de moins en moins bien supportée, parce que de moins en moins explicable. Sans parler de la fermeture des rayons de jouets et de livres dans les grandes surfaces au nom de l’équité qui s’apparente plus aux trous du Sapeur Camembert qu’à la gestion d’un Premier ministre, dont nous savons tous qu’il n’a pas la tâche facile.

Car les Français ont cette fois intégré la gravité de l’impact de la pandémie : 40 points de plus en sept mois pour ceux qui estiment cette deuxième vague comme l’indice d’une  crise “majeure et durable, comme celle de 2008”. Et même cette année-là, le baromètre de confiance en la situation économique n’avait pas été aussi catastrophique !

Challenges en temps réel : Économie

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