VIVENDI : Mediaset et Vivendi seraient sur le point de solder leur interminable conflit

Mots-clefs : , , , , , , ,

(BFM Bourse) – Le conglomérat français Vivendi, deuxième actionnaire de Mediaset (contrôlé par la famille Berlusconi), serait proche de céder l’essentiel de sa participation, renonçant ainsi à poursuivre la guérilla juridique qui l’oppose à Fininvest.

En bisbille quasiment depuis 2016, Vivendi et Mediaset seraient proches d’un accord pour résoudre leur différend, via la cession par le groupe français de l’essentiel de sa participation (28,8% au total) qui laisserait les mains libres à l’italien pour se réorganiser à sa guise. Selon Reuters, Vivendi céderait à Mediaset, majoritairement contrôlé par la holding de la famille Berlusconi, Fininvest, le bloc de 20% du capital (qu’il avait précédemment logés au sein du trust Simon Fiduciaria à la demande du régulateur italien des télécoms) à environ 3 euros par action.

Vivendi avait conclu en avril 2016 un partenariat stratégique et industriel “à vocation internationale” avec Mediaset, mais les choses s’étaient aussitôt envenimées autour du projet de rachat du bouquet de télévision payante Mediaset Premium. En décembre de la même année, Vivendi était, nonobstant ce contentieux, monté au capital de Mediaset en affirmant compter poursuivre ses achats jusqu’à devenir deuxième actionnaire. Par la suite le groupe français est monté jusqu’à 28,8% (dont 8,8% en direct et 20% via la fiducie), à comparer à 44,18% pour Fininvest, mais les dirigeants de Vivendi et ceux de Mediaset (Pier Silvio Berlusconi, fils aîné de l’ancien premier ministre italien) n’ont jamais véritablement réussi à s’accorder.

Une semaine pour s’entendre

Depuis quelques mois, Vivendi s’opposait au projet de fusionner Mediaset et sa filiale espagnole Mediaset Espana dans une société basée aux Pays-Bas, baptisée MediaForEurope (MFE), jugeant que l’opération ne visait qu’à renforcer l’influence de Fininvest. L’opération “entraînerait la suppression totale et immédiate des droits des actionnaires minoritaires, sans leur payer de prime”, et sans véritablement créer de la valeur pour l’entreprise, déplorait le groupe français, qui a lancé plusieurs procédures pour l’empêcher.

Reuters rapporte que deux sources proches des discussions ont affirmé que les deux groupes seraient “quasiment” parvenues à un accord, alors qu’un tribunal milanais leur a donné vendredi dernier une semaine supplémentaire pour s’entendre.

Près de 165 millions d’euros de moins-value

Selon ces sources, poursuit l’agence, Vivendi revendrait le bloc de 20% du capital à un prix proche de 3 euros par action (incluant le versement d’intérêts et un dividende exceptionnel). Soit un montant total de l’ordre de 708,8 millions d’euros selon un calcul de BFM Bourse (le capital de Mediaset étant composé de 1.181.227.564 actions). Vivendi aurait préalablement accepté le principe d’une moins-value.

Mais de combien ? Le coût moyen d’achat par action Mediaset par Vivendi était de 3,7 euros fin 2018, selon le document de référence 2018 de Vivendi, pour au total 340.246 actions détenues (représentant 28,8% du capital, toujours au 31 décembre dernier). Soit un coût global pour acheter ces actions estimé alors à 1,259 milliard d’euros à l’époque (frais et taxes d’acquisition compris). Pour le lot de 20% d’actions en passe d’être revendu, on peut donc estimer un coût global d’achat de 874,3 millions d’euros. Et donc cela correspondrait, toujours avec ces hypothèses, à une moins-value de l’ordre de 165 millions d’euros sur l’opération.

Guillaume Bayre – ©2019 BFM Bourse

Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur VIVENDI en temps réel :


Votre avis

Actu et Conseils – BFM Bourse

Partager cet article