CAC 40 : Comment le luxe a pris le pouvoir parmi les principales capitalisations françaises depuis la crise

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(BFM Bourse) – Le secteur du luxe, fer de lance de l’économie française, a encore accru son emprise sur le palmarès du marché parisien, Hermès étant désormais le troisième groupe le mieux valorisé de la place parisienne. D’autres secteurs (aéronautique et pétrole en particulier) ne se sont au contraire toujours pas remis de la crise.

Dès la fin d’année 2020, le CAC 40 avait effacé la majeure partie de sa lourde chute subie entre mi-février et mi-mars de la même année à la suite des annonces des premiers confinements en Europe. Il a achevé début mars 2021 de combler cet énorme gap, en conservant le biais clairement haussier induit par les résultats des premiers vaccins début novembre. Toujours porté par le soutien indéfectible des autorités monétaires et des gouvernements qui ont dévoilé des plans de relance inédits en termes d’enveloppe budgétaire, le marché parisien a également pu compter sur l’optimisme à toute épreuve des investisseurs vis-à-vis de la reprise économique.

Cette conjonction d’éléments, auxquels il faut encore ajouter des premiers résultats trimestriels rassurants dans l’ensemble, a permis au CAC de renouer avec un niveau inexploré depuis la bulle Internet de l’an 2000 – sa version dividendes réinvestis évolue même à un niveau record, à l’instar de nombreux autres indices mondiaux de référence (Dow, S&P, Dax, etc.). Mais parmi les fleurons de la cote tricolore, quelles sont les locomotives de cette reprise ?

Le luxe explose les compteurs

Aidé par une demande vite repartie en Asie, moteur de leur croissance depuis des années, les géants français du luxe ont traversé la crise sans encombre ou presque. Preuve en est, les 4 poids lourd –si on inclut L’Oréal- du secteur ont vu leur capitalisation boursière progresser sur la période.

De 513,7 milliards d’euros au 31 décembre 2019, la valorisation combinée des “KOHL” (Kering, L’Oréal, Hermès, LVMH) a bondi à 711 milliards à la clôture du 22 avril. Celle-ci a même connu un creux à 380,2 milliards d’euros, au plus fort de la crise sanitaire -du moins pour les marchés- le 18 mars dernier, ce qui correspond à un rebond de 87% en à peine plus d’un an.

Parmi les autres gagnants, on retrouve des sociétés liées à la numérisation des industries, à l’instar de Schneider Electric et Dassault Systèmes, respectivement passé du 14e au 8e rang et du 17e au 14e rang. En termes de pourcentage, Schneider Electric enregistre d’ailleurs la 3e meilleure performance de l’indice phare sur les 15 derniers mois (+42%), juste derrière LVMH (+45%) et Hermès (+44%).

Airbus et Total parmi les grands perdants

Dans l’autre sens, certains groupes dont la croissance est intrinsèquement liée à la bonne santé de l’économie mondiale ont subi de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire. En première ligne, le secteur aéronautique a été particulièrement affecté, Airbus ayant vu sa valorisation fondre de 107,8 à 39,2 milliards d’euros entre le 20 janvier et le 18 mars 2020, glissant du 11e au 5e rang des valorisations tricolores. Sur la même période, Safran a été relégué du 12e au 19e rang, sa capitation boursière s’étant effondrée de 60,6 à 22,6 milliards sur la période (-62%). À la clôture du jeudi 22 avril 2021, le constructeur aéronautique est encore très loin de sa valorisation d’avant-crise (-37%), tandis que le motoriste est revenu à moins de 15% de son niveau de janvier 2020.

Également tributaire de la conjoncture économique, le compartiment pétrolier a également souffert, comme en témoigne le recul du “supermajor” Total, éjecté du podium des plus grandes capitalisations tricolores (5e au 22 avril 2021, contre 3e en janvier 2020). S’il reprend 68% depuis le creux (de près de vingt ans) touché mi-mars dernier, peu avant que les cours pétroliers ne s’effondrent à des niveaux historiques face à une demande complètement à l’arrêt, le titre Total reste près de 18% en-deçà de son niveau d’il y a 15 mois à la clôture de ce jeudi.

Plus de baisses que de hausses parmi les 20 plus grosses capitalisations

Si l’on “dézoome”, on se rend compte que malgré la légère progression du CAC 40 entre le 20 janvier 2020 et le 22 avril 2021 (+3,1%), davantage de fleurons de la cote ont vu leur valorisation diminuer qu’augmenter sur la période. De fait, 8 des 20 plus grosses capitalisations (Airbus, Total, Sanofi, Safran, Danone, Engie, Safran et Vinci) de l’indice vedette affichaient, à la clôture de ce jeudi, une capitalisation inférieure à celle d’il y a 15 mois, quand seulement 7 (LVMH, L’Oréal, Hermès, Kering, Schneider Electric, Dassault Systèmes et Air Liquide) sont mieux valorisées aujourd’hui. Les cinq autres (BNP Paribas, EssilorLuxottica, Orange, Pernod Ricard et Credit Agricole étant restées stables sur la période. Ce qui témoigne, encore, du poids pris par le compartiment du luxe, qui tire presque à lui seul la progression du baromètre du marché parisien depuis plus d’un an.

Point méthodologie : Les données utilisées ont été compilées par BFM Bourse. Les évolutions des capitalisations boursières sont par ailleurs lissées entre deux dates -alors qu’en réalité celles-ci ont évidemment fluctué au cours de chaque séance- car, pour la majorité des mois, seule une “photographie” (à un instant t) du CAC a été réalisée.

Quentin Soubranne – ©2021 BFM Bourse

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