CAC 40 : Le CAC 40 prend un bon départ pour le deuxième trimestre

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(BFM Bourse) – Avant une pause de quatre jours en Bourse, l’indice parisien a inauguré le nouveau trimestre par un gain de 0,59%, soutenu par le nouveau stimulus budgétaire aux Etats-Unis et, dans une certaine mesure, l’espoir de voir l’économie rouvrir pour de bon à la fin du printemps.

Après s’être écroulé au début du premier confinement national en mars 2020, puis avoir brièvement cédé en octobre 2020 face aux craintes de reconfinement (avant d’entamer un spectaculaire rebond début novembre, avec les essais réussis des premiers vaccines), le marché parisien fait mieux que résister au troisième, annoncé mercredi soir par Emmanuel Macron. Il faut dire qu’il s’agit, dans les faits, d’un simple renforcement des mesures qui étaient déjà en vigueur dans de nombreux départements, assorti d’une fermeture des écoles pour trois à quatre semaines. Surtout, par-delà les prochaines semaines, l’exécutif a enfin donné un horizon -évidemment indicatif- pour une réouverture plus complète des commerces et des transports.

La perspective d’un nouveau plan de relance américain, dévoilé simultanément par Joe Biden, a en outre apporté de nouvelles munitions aux acheteurs. L’un dans l’autre, le CAC 40 a démarré le deuxième trimestre sur une progression de 0,59% à 6.102,96 points, au sortir d’un gain de 9,29% à l’échelle du premier trimestre.

À 10 points d’un sommet depuis… 2007

Le prochain objectif, correspondant au plus haut niveau de 2020, se situe tout près désormais (6.111,41 points). En dépassant ce plafond, l’indice phare atteindrait des niveaux plus vus depuis l’été… 2007. Et il n’aurait pas à aller beaucoup plus haut, soit à partir de 6.168,15 points, pour explorer cette fois des territoires inconnus depuis la fin de l’année… 2000 !

Rappelons que dans l’immédiat les opérateurs du marché parisien s’apprêtent à savourer un week-end de quatre jours, la Bourse de Paris étant fermée demain, Vendredi saint, ainsi que le lundi de Pâques.

Aux Etats-Unis les principaux indices prenaient également la pente ascendante, soit au moment de la clôture européenne environ 0,35% pour le Dow, +0,85 pour le S&P 500 et près de 1,5 pour le Nasdaq. Comme attendu, le président des Etats-Unis a proposé mercredi depuis Pittsburgh d’investir quelque 2.300 milliards de dollars dans les infrastructures, de transport principalement, ainsi que sur l’élargissement de l’accès à l’Internet, avec l’objectif affiché de créer des “millions d’emplois”, tenir tête à la Chine et lutter contre le réchauffement climatique. Pour financer ce programme ambitieux, Joe Biden entend toutefois durcir la fiscalité des entreprises qui profitent à ses yeux d’un taux particulièrement bas et parviennent parfois, comme Amazon a-t-il dit, à échapper totalement à certains impôts. Il compte notamment faire grimper le taux d’impôt sur les sociétés de 21% à 28%, alors que prédécesseur l’avait diminué de 35% à 21%.

Début mars, Joe Biden avait déjà signé un plan de relance à 1.900 milliards de dollars. Le nouveau, de 2.300 milliards de dollars, est ici consacré aux infrastructures et s’ajoute aux précédents plans.

Des indicateurs d’activité convaincants en Europe

Le marché parisien a également été porté ce jeudi par les chiffres très encourageants publiés dans la matinée par le cabinet IHS Markit sur l’activité manufacturière en Allemagne et en France au mois de mars. La croissance de l’activité a de fait atteint un niveau sans précédent le mois dernier outre-Rhin (à 66,6, contre 60,7 en février) grâce à la vigueur de la demande en Chine et aux Etats-Unis “C’est un mois record de beaucoup de points de vue, parmi lesquels les nouvelles commandes à l’export (…), et on observe qu’un nombre sans précédent d’entreprises industrielles font état d’une croissance de l’activité”, souligne Phil Smith, économise d’IHS.

La croissance de l’activité manufacturière en France a pour sa part touché un sommet depuis plus de 20 ans, à 59,3 dans sa version définitive, dépassant nettement les attentes (58,8 en estimation initiale) et en nette hausse par rapport à février (à 56,1). “Les dernières données indiquent une très bonne performance du secteur en mars, confirmant que la demande s’améliore en vue de la réouverture de l’économie mondiale plus tard dans l’année”, commente un autre économiste du bureau d’études Eliot Kerr.

Atos s’effondre

Du côté des valeurs, le cours du spécialiste tricolore des services informatiques Atos a plongé de 12,4% après que des commissaires ont émis des réserves sur la comptabilité de deux entités américains du groupe – fait rarissime pour un grand groupe coté. Atos, qui affichait déjà la plus faible valorisation boursière parmi les groupes de l’indice vedette avant cette séance, voit sa place au sein du CAC se fragiliser encore davantage, sa capitalisation s’établissant désormais à (seulement) 6,2 milliards d’euros.

Parmi les fleurons de la cote justement, le palmarès a été dominé par le secteur aéronautique, soutenues par les politiques budgétaires expansionnistes. Airbus a regagné 4%, Safran 3,1% et Thales 3%. Concessionnaire de nombreux aéroports, Vinci a pris 2,9%. Le groupe a en outre annoncé le rachat des activités d’énergie de l’espagnol ACS afin de se renforcer dans les renouvelables, pour un montant avoisinant les 5 milliards d’euros.

Le compartiment technologique était également bien orienté (+2,6% pour Dassault Systèmes, +2% pour Capgemini et +1,8% pour STMicro.

Sur le reste de la cote, Solutions 30 s’est envolé de 27,6% alors que l’audit indépendant commandé par le groupe a conclu “au caractère infondé et erroné des accusations portées contre l’entreprise”, selon un communiqué du groupe, alors que le fonds activiste américain Muddy Waters l’accusait de blanchiment d’argent.

Le titre SMTCP (Société Marseillaise du Tunnel Prado Carenage) a bondi de 28% à l’annonce d’un projet d’OPA de la part de Vinci et Eiffage, qui détiennent ensemble déjà plus de 65% du capital. Le cours de Claranova a grimpé de plus de 14% après la publication d’un chiffre d’affaires trimestriel à nouveau en forte croissance. Le spécialiste des véhicules autonomes Navya a pour sa part pris 3,7% après avoir réduit sa perte nette en 2020.

Le pétrole grimpe en attendant l’Opep+

Alors que les membres de l’Opep et leurs alliés se seraient sont mis d’accord sur un relèvement progressif de la production, les principales références de brut réduisaient leurs gains en fin de journée. Le baril de Brent reprenait 0,65% à 63,21 dollars, quand le baril de WTI s’adjugeait 1,17% à 59,85 dollars. Sur le marché des changes, le billet vert progressait de 0,36% à 1,1773 dollar, proche d’un plus haut de près de cinq mois.

Guillaume Bayre – ©2021 BFM Bourse

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