La BCE pourrait relever ses taux dans environ un an

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La Banque centrale européenne (BCE) pourrait relever ses taux d’intérêt dès la fin de l’année prochaine et l’arrêt des achats d’obligations de l’institution serait un signal fort en ce sens, a déclaré mercredi Robert Holzmann, l’un des membres de son conseil des gouverneurs.

La BCE a décidé ce mois-ci de mettre fin en mars aux achats d’obligations sur les marchés dans le cadre du Plan d’urgence face la pandémie (PEPP) mais elle va doubler temporairement les achats du dispositif APP, plus ancien, afin d’assurer une transition en douceur.

“Nous pouvons réduire ou suspendre les achats d’APP qui sont encore en cours, et si cela se produit, il s’agira d’un signal pour les marchés car nous avons établi que ce n’est qu’après la suspension ou la cessation des achats que les taux d’intérêt seront relevés”, a déclaré Robert Holzmann au cours d’une conférence de presse.

“Dans un cas extrême, il serait possible (..) de suspendre les achats sur la base des données cette année et même pour ainsi dire que la hausse des taux d’intérêt ait lieu à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine, à peu près en même temps que la troisième hausse des taux d’intérêt prévue aux Etats-Unis”, a-t-il poursuivi.

“Nous sommes toujours un peu légèrement en retard”, a-t-il ajouté, utilisant apparemment le terme “cette année” pour évoquer en fait 2022.

Robert Holzmann est le gouverneur de la banque centrale autrichienne.

Les décisions annoncées le 16 décembre par la BCE ont été soutenues par une majorité des membres du conseil des gouverneurs mais les gouverneurs des banques centrales allemande, autrichienne et belge ont exprimé leur opposition.

La Banque centrale européenne a revu à la hausse sa prévision d’inflation pour 2022, qui est désormais de 3,2% contre un objectif de 2%, avant un ralentissement à 1,8% en 2023 et 2024.

Plusieurs responsables de la BCE expriment cependant des doutes sur ces prévisions, qui pourraient selon eux sous-estimer le risque d’un maintien de la hausse des prix à plus de 2% par an.

“Normalement, si nous disons que nous n’avons plus besoin d’achats (d’obligations) parce que notre anticipation d’inflation est proche ou supérieure à 2% en 2023 et 2024, alors ce serait certainement un signal fort que les taux d’intérêt seraient augmentés dans les années suivantes ou les deux trimestres suivants”, a indiqué Robert Holzmann. (Reportage François Murphy; version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)

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